Cemac-Cobevial : "Produire pour de nouveaux marchés"

Renaud Saint-André

Cemac-Cobevial : "Produire pour de nouveaux marchés"
Hervé Chapelle, directeur de la Cemac-Cobevial, a animé l’assemblée générale de section, à Jussac, la semaine dernière. 

L’Italie s’englue dans la crise. Le Cantal doit trouver de nouveaux marchés intérieurs ou d’export pour écouler sa production.

Ils n’étaient pas très nombreux, mais attentifs. Il faut dire qu’Hervé Chapelle, directeur général de la Cemac-Cobevial, a livré aux adhérents présents un exposé exhaustif des filières dans laquelle la coopérative s’est engagée. Un exposé, lors de l’assemblée générale de la section Auvergne, qui en s’appuyant sur les lois des marchés (y compris les nouveaux débouchés) s’est voulu prospectif, en fonction de la production livrée à la coop.

Exporter vers des pays tiers...
Sur l’activité bovine, ultra-majoritaire, bien peu de laitières. Deux races allaitantes bien présentes, avec une progression des salers, mais toujours les deux tiers en aubrac. Avec 70 % de la production, la prépondérance des jeunes maigres est marquée ; 18 % pour les animaux finis ; quelques reproducteurs... Naturellement, Hervé Chapelle n’a pas caché la crise très sévère qui touche l’Italie et son impact négatif sur le commerce de bétail. “Ce pays est en décroissance depuis 2008. Les Italiens consomment de moins en moins de viande, passant de 25,5 kg par habitant et par an, à moins de 20 kg. Et ça continue...”, analyse le directeur de la Cemac- Cobevial. Selon les catégories, les abattages accusent en effet une baisse de 10 à 14 %.  Dans ces conditions, trouver de nouveaux marchés est primordial. Une tâche pas forcément facile, en raison d’une demande qui peut fluctuer d’une année sur l’autre. Ainsi, la Turquie demandeuse en 2012, ne l’était plus en 2013. “La Tunisie perd également du pouvoir d’achat”, remarque l’intervenant. “Actuellement, c’est l’Algérie qui met du beurre dans les épinards, d’autant que c’est sans limitation de poids et que les prix s’avèrent plus intéressants que sur le marché italien.”

... et alimenter les filières identifiées
Sur le marché intérieur, la Cemac-Cobevial constate que “quand une filière identifiée crée du volume, les producteurs tirent bien leur épingle du jeu”. Et d’ajouter que les labels tirent les prix à la fois des produits conventionnels et des animaux de reproduction. Dans ces conditions, la coopérative ne peut que vivement souhaiter que les problèmes d’approvisionnement, souvent récurrents, soient résolus.  C’est également le cas du “salers primeur”, filière dans laquelle la Cemac-Cobevial est engagée depuis le début. Son directeur n’a que pu rappeler une nouvelle fois la démarche, la présentant aux éleveurs de la race comme une belle opportunité à saisir. “D’autant que ce n’est pas compliqué à produire, car le cahier des charges est simple”, a martelé Hervé Chapelle. Il s’avoue cependant inquiet. S’il a bien la certitude que le salers primeur sera reconduit encore un an, qu’en sera-t-il à l’avenir ? “Il faut doubler la production pour l’hiver prochain, sinon on peut émettre des doutes quant à sa pérennité”, lance-t-il, convaincu que la SVA Jean-Rozé n’attendra pas davantage les volumes promis.

Nouvel outil
Avant de clore l’assemblée générale de la section Auvergne, il était rappelé que malgré l’activité globale en baisse de 3 %, les comptes de la coopérative étaient équilibrés. Un projet d’envergure, de 3,4 millions d’euros, était révélé : la construction cette année d’un atelier de découpe de 1 500 m2, adossé à l’abattoir d’Antrenas (en Lozère), à proximité immédiate de l’autoroute A 75, qui traverse aussi le Cantal.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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