Contention en Camargue : composer avec un tempérament fougueux

Reportage de Dominique Carmouët - Réussir Bovins Viande Janvier 2013

Contention en Camargue : composer avec  un tempérament fougueux
Début des réjouissances au village organisateur. © D. Carmouët

Les conditions d’approche, de contention et de transport des bovins de race Camargue sont étroitement dépendantes de leur tempérament semi-sauvage.

Contention en Camargue : composer avec  un tempérament fougueux

Les bovins de race Camargue sont sélectionnés sur des critères de sportivité, d’endurance et d’équilibre mental. Il est avant tout demandé aux adultes d’être des athlètes capables de faire carrière dans les arènes. Leurs manipulations nécessitent par conséquent une bonne connaissance de la psychologie de ces animaux. De plus, elles font appel à des équipements spécifiques ainsi qu’à un savoir-faire qui ne doit jamais écarter la vigilance. Les objectifs du tri et du transport sont de trois ordres : travail de rue, travail aux arènes ou « aller simple » pour l’abattoir. Au préalable, ces animaux doivent donc être triés, transportés et guidés jusqu’en piste à l’heure de l’épreuve. Par ailleurs, le manadier (l’éleveur) est soumis aux obligations légales du détenteur de bovins et, si nécessaire, il pratique des interventions ponctuelles.

Voici une approche de ce métier singulier au travers de quelques clichés.

Rassembler

Rassembler. Le cheptel d’une manade est divisé en lots caractérisés par l’âge et le sexe. Le rassemblement est la première étape du travail à cheval avant de diriger les animaux vers un emplacement favorable au tri en milieu ouvert, ou vers le clos de tri. Ce dernier a la forme d’une spire (escargot) simplifiée dont le centre occupe la plus grande surface et dont le prolongement est un couloir qui débouche sur un embarcadère, un box d’attente (toril), un couloir de contention et une petite arène. Le centre du clos de tri est dédié au repérage puis au tri des animaux. Donner de la voix est indispensable pour s’imposer.

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Trier

Trier au champ ou au clos de tri d’une surface plus restreinte consiste à séparer du lot les animaux qui figurent sur la liste établie en fonction
de leur spécialisation et de leur tâche du jour. Les cavaliers « à poste » jouent le rôle de barrière et s’investiront à tour de rôle dans le tri afin
de soulager les chevaux qui viennent de conduire un animal à destination.

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Embarquer, attacher

Embarquer. Le clos de tri débouche sur un embarcadère. Les animaux y sont conduits par lots restreints, poussés au petit galop. Deux gardians ouvrent et referment les portes du camion, puis attachent les dominants.

Attacher. Intervention délicate, elle s’effectue sur le camion dépourvu de toit et équipé de deux ou trois sentiers planchers. Il importe de dominer les animaux en se positionnant sur leur longueur, sans jamais leur faire face, au risque d’être considéré comme un intrus. Le nœud coulissant de la corde est passé autour des cornes, l’autre extrémité aux barreaux supports du plancher.

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Identifier, soigner

Identifier. L’identification des veaux Camargue bénéficie d’une dérogation de 6 mois. Cette identification tardive permet de limiter le risque de rupture du lien maternel et restreint les accidents corporels encourus par le veau. Celui-ci est toujours contenu par les oreilles afin de conserver l’intégrité des cornes encore fragiles.

Soigner. L’efficacité des interventions et le confort des animaux dépendent de la conception du couloir de contention. Impérativement très solide, ses 63 centimètres de large permettent d’éviter que les animaux se doublent ou se chevauchent. Couvert par un sentier plancher, il est doté de tubulaires pour permettre d’attacher en toutes circonstances.

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Abrivado

Reconduire. Une brèche, un pont à franchir peuvent s’avérer accidentogènes si l’on ne prend pas des dispositions afin de protéger les veaux les plus jeunes. Étirer le troupeau en une longue file et favoriser une meneuse qui en prendra la tête sont gages de tranquillité d’esprit pour le gardian.

Travail de rue. La plupart des courses camarguaises sont précédées par une arrivée (en provençal, abrivado) simulée des taureaux cocardiers jusqu’aux arènes. Autrefois, le manadier ne disposait pas de moyen de transport. Les animaux étaient conduits encadrés par des cavaliers. Ce savoir-faire ancestral est perpétué et marque le début des réjouissances au village organisateur.

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