Coop de France Bétail et Viande « pour la contractualisation »

François d'Alteroche - Réussir Bovins Viande Janvier 2012

Alain Basquin, directeur d'Elivia.
« Le but de la contractualisation n’est pas de produire pour produire ! Il est de produire pour un client qui a besoin d’un produit qu’il veut consommer et qu’il peut acheter. » © F. d'Alteroche

Il est urgent de mettre un bon de commande en face de chaque agriculteur. Nous sommes pour la contractualisation. C’est l’essence même de la coopération », soulignait Philippe Mangin, président de Coop de France à l’occasion de la dernière assemblée générale de cet organisme. « Aujourd’hui, nous sommes dans un marché de cueillette. Il faut passer de ce modèle cueillette au modèle récolte. Actuellement, la production n’est pas suffisamment organisée », regrettait Alain Basquin, directeur d’Elivia, la filiale abattage du groupe coopératif Terrena. Pour cela, la nécessité de mettre en place une planification de l’offre en concordance avec la demande en y intégrant la notion de coût de production est incontournable.

Organiser ce type de démarche dans le cadre d’une contractualisation passée entre l’agriculteur et le premier acheteur semble relativement simple à mettre en place. Cela devient beaucoup plus complexe si l’on envisage d’y associer aussi le distributeur. Enfin, les discussions s’éternisent dès qu’il s’agit de s’entendre sur la façon dont sera défini le prix final de la marchandise puisque le distributeur, dernier maillon de la filière, rechigne à s’asseoir à la table des négociations.

Les discussions achoppent sur le prix final de la marchandise

Dans ces conditions, comment prendre en compte les inévitables aléas et saute d’humeur du marché puisqu’il est impossible de déterminer six mois à l’avance le prix précis de reprise des animaux. Alain Basquin a émis l’idée d’un dispositif qui pourrait reposer sur « un corridor de prix ». Il a aussi clairement plaidé pour une massification des volumes. « Il y a un poids de la grande distribution qui exige une adaptation de la production à son modèle. » Or les systèmes de production français mis en avant par l’interprofession au Salon de l’agriculture de Paris avec une vaste palette d’animaux et de races différentes ne vont pas dans le sens de cette massification de l’offre. Et de s’interroger sur le modèle qu’il faut choisir. Le modèle français tel qu’il est mis en avant à la Porte de Versailles ? « Ne faudrait-t-il pas à l’inverse lui privilégier un modèle plus « anglo-saxon », où cette notion de race et de terroir s’efface devant une demande et une offre infiniment plus standardisée avec seulement quelques grandes catégories d’animaux produits ? »

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires