Coproduits de biocarburants : Des rations performantes pour jeunes bovins

Sophie Bourgeois

Arvalis Institut du végétal teste depuis un an, à la ferme expérimentale professionnelle lorraine de Saint-Hilaire-en-Woëvre, dans la Meuse, plusieurs rations contenant des coproduits de biocarburants.
Cinq régimes d'engraissement incorporant dans des proportions plus ou moins importantes des coproduits de biocarburants ont été testés sur des jeunes bovins charolais achetés à l'âge de dix mois (373 kilos vif de moyenne à l'arrivée). « Il s'agit d'animaux tout à fait conformes à ceux que l'on trouve couramment en Lorraine. Les 80 animaux de l'expérimentation proviennent de 44 naisseurs différents. Par contre, nous appliquons un protocole sanitaire à leur arrivée permettant de prévenir le développement de maladies respiratoires (voir ci-dessous) et qui participe certainement au faible taux de mortalité - 0,9 %, et au bon niveau des moyennes de croissance », explique Pascal Kardacz d'Arvalis Institut du végétal. On peut aussi évoquer la qualité du bâtiment tout neuf. Les rations ont quoi qu'il en soit toutes très bien fonctionné, avec des croissances moyennes allant de 1586 grammes par jour à 1871 grammes par jour.

Un suivi des températures à l'arrivée

Les températures de tous les animaux sont prises tous les jours durant les dix jours suivants leur arrivée, et ceux dont la température est supérieure à 39,5 °C sont traités par antibiotique et anti-inflammatoire. La prise de température des 100 broutards nécessite une heure et demie de travail par jour.
À leur arrivée, les animaux reçoivent d'autre part systématiquement dans l'eau de boisson de l'aspirine, du propylène glycol (précurseur du glucose) et de la vitamine C pour les soutenir pendant les dix jours de leur adaptation.

Tous les régimes donnent de bons résultats

Calculés à partir des consommations réelles des animaux, les apports alimentaires ont varié entre 1,01 et 1,12 UFV/kg MS et entre 96 et 115 g PDIN/kg MS. L'un des régimes (numéro 4 dans le tableau) était constitué à 68 % de coproduits de biocarburants. Il s'agit d'un mélange composé d'un tiers de pulpe de betterave et de deux tiers de drêche de blé issus de l'usine de Beinheim (groupe Roquette), dans laquelle est réincorporée du son de blé. Une ration bien adaptée à une distribution à volonté. Les autres régimes incorporaient de 10 à 20 % de coproduits.
Les ingénieurs ont testé un aliment complet semi-humide contenant des drêches issues de l'usine de Bazancourt, des pommes de terre, du corn gluten feed, maïs, issue de céréales, orge, tourteau de colza et tourteau de soja, bicarbonate, urée, minéraux et vitamines (régime 2). Cet aliment à 55 % de MS se stocke dans un silo. Il se conserve bien et est très simple à utiliser.

Ils ont aussi essayé un régime céréales et aliment complémentaire contenant 20 % de tourteau de colza et 20 % de drêches de blé (régime 3) et un régime céréales et tourteau de colza (régime 5). Celui-ci diffère du régime témoin seulement par l'économie des 0,5 kilo brut quotidien de pulpe de betterave, et a donné des résultats très intéressants. « Ce régime est désormais notre témoin. Nous pensons que ce bon résultat est lié au fait que la consommation des 1,5 à 2 kilos par jour de paille dans le bâtiment fonctionne bien. La sécurité apportée par les 0,5 kilo de pulpe déshydratée est une sécurité mais ne simplifie pas la distribution. »
Aucun problème métabolique n'a été détecté sur l'ensemble des lots.
Les animaux recevant le régime pulpe de betterave et drêche de blé (régime 4) ont eu un peu plus de mal à se finir, et se salissaient plus que les autres lots. La consommation de paille de litière a été plus importante.
Affaire à suivre, avec les résultats de la deuxième année d'expérimentation en cours.

Pièces jointes

Source Réussir Bovins Viande Novembre 2010

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires