De l’utilité du confort pour mieux produire

C. FOURNIER

Les éleveurs passionnés par le témoignage très vivant de Philippe Deru.
Les éleveurs passionnés par le témoignage très vivant de Philippe Deru.

Le syndicat des éleveurs du Cantal s’est réuni en assemblée générale à Mazières de Chalinargues, avec un invité de marque, Philippe Deru.

 

Philippe Deru (photo ci- dessous), éleveur durant 20 ans, aujourd’hui gérant de société, était invité ce 28 juin, à faire une intervention sur le thème du bien-être animal et démonter, qu’en résumé, cette notion va de pair avec rendement économique : “Une vache qui est couchée est une vache qui travaille car elle rumine, d’où l’importance de favoriser ses temps de repos et son couchage pour éviter gros jarret et gros genou”. Des mala­dies directement liées au confort de l’animal et conséquences de “la culture du béton en France et de glissades, d’impacts sur sol agressif de ces animaux faits pour marcher sur l’herbe”. Et d’analyser les causes d’un mal-être animal souvent dû à des imperfections dans la conception des bâtiments d’élevage : “lésions, boiteries dont il est important d’en mesurer l’impact, sachant qu’un cheptel qui atteint les 10 % de boiteries traduit un problème de management du troupeau”.

Les vaches à la loupe

 

Mauvais réglage des cornadis, des logettes, mauvaise hauteur de l’auge par rapport au sol, emmarchement entre l’auge et l’animal… Tout un panel de causes peut ainsi engendrer des conséquences néfastes pour l’animal et la production, alors que l’observation par l’éleveur peut y remédier. L’animal consacre le tiers de son temps à la prise alimentaire. Celle-ci est conditionnée aux contraintes mécaniques, à sa santé, à son déplacement, à l’équilibre de la ration. Autant de paramètres desquels dépendent les performances en lait, le TP (taux protéique), etc. La prise d’eau est tout autant importante car, “pour produire 30 litres de lait, il faut que la vache en boive de 80 à 100 li­tres… et donc que l’abreuvoir soit accessible et propre”. Les vaches restent-elles debout dans leurs logettes ? Serait-ce le signe qu’elles sont mal réglées ? À l’éleveur d’observer, le confort étant là encore une garantie de bonne production. En conclusion, “si le bâtiment idéal n’existe pas, la réussite est faite de détails réussis et de solutions souvent simples, mais la correction doit être adaptée : du “sur-mesure” et non du “prêt-à-porter”…

L’importance des concours

 

Lors de cette assemblée générale, le président Jean-Marc Arnal a salué l’engagement des éleveurs aux différents concours et a souligné “l’importance des manifestations d’élevage, lieux privilégiés pour communiquer sur la qualité de nos animaux et faire connaître et commercialiser nos produits”. Des éleveurs cantaliens invités cette année à participer ainsi au Space de Rennes, au Sommet de l’élevage (une quinzaine de places), à l’Open show génisses de Saint-Étienne, au Salon de l’agriculture à Paris et à l’Aquitanima de Bordeaux. La journée s’est achevée par la visite de l’exploitation de Thierry Benoît, installé depuis 2003 sur la ferme familiale, 78 hectares de SAU (100 % de prairies naturelles pour un quota de 360 000 l (AOP), 40 laitières. L’éleveur, qui participe aux concours, insémine en outre lui-même ses animaux avec un objectif “mamelle et membre” et souhaite améliorer encore la morphologie de son élevage.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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