Diagnostic « spécial pieds » : Les pieds des bovins. Préparer maintenant la mise à l'herbe

Aurélien LEGRAND / Dr Didier GUERIN

Déformation des onglons, modification des aplombs, inconfort dans les déplacements constituent des critères d'alerte qui doivent faire réagir rapidement, d'où l'importance d'une observation adaptée.

Le pied du bovin est fragile et sa santé peut se dégrader rapidement et de manière inéluctable une fois que les premières déformations sont initiées. Il convient donc d'intervenir rapidement pour guérir au plus vite la lésion qui s'annonce.

Une observation des onglons, des aplombs et de la courbure du dos

Au niveau du pied, toute déformation, toute lésion initiée va s'aggraver dans le temps et déboucher sur une boiterie. Le temps de récupération après le parage sera fonction de l'importance de cette déformation ou de cette lésion qui est en lien direct avec le délai d'intervention. De plus, avec le temps, des complications peuvent survenir et compromettre la pleine récupération fonctionnelle. C'est pourquoi l'éleveur doit repérer rapidement les vaches en inconfort avant qu'elles ne deviennent boiteuses. Cela implique de détecter quelques signes d'alerte en effectuant une observation de l'animal à l'arrêt mais aussi en mouvement, il sera ainsi éxaminé :
• Les onglons. Dès que des éléments de déformation apparaissent, une intervention est à programmer (voir ci-dessous pied « normal » et « anormal »).
• Les aplombs. Observez les aplombs et les changements de positionnement (vache qui piétine) est un outil d'alerte (voir ci-dessous aplombs « verticaux et parallèles »).
• La courbure du dos. La position du dos est en relation directe avec l'inconfort de l'animal. Une vache à l'aise sur ses pieds marche avec un dos plat. Toute concavité du dos constitue un signe d'alerte d'autant plus important que la concavité augmente et est accompagnée de boiterie.

Le pied à l'état « normal »

Sur un pied sain, l'appui se réalise sur la projection de la muraille et sur le talon. La sole s'avère concave. Le poids du corps tend à provoquer un resserrement des premières phalanges. L'onglon sain présente une forme régulière. Sa corne apparaît ferme et lisse et présente des sillons réguliers sur la muraille, parallèles au bord de la couronne. La muraille, que ce soit en pince ou latéralement, doit être rectiligne de la couronne au bord d'appui. L'angle entre la muraille et la sole se situe aux alentours des 50°. La longueur de la sole est d'environ 2 fois la hauteur de la muraille. Les onglons postérieurs sont plus longs et plus pointus que les onglons antérieurs. Les onglons externes sont plus larges que les internes. Pour plus d'informations, consultez l'article, page 29, de GDS Creuse mémo n°10 ou www.faragocreuse.fr, rubrique parage.

Le pied à l'état « anormal »

Même si tous les onglons peuvent être atteints, l'onglon externe postérieur s'avère être celui qui connaît, dans plus de 80% des cas, une déformation. La biomécanique du pied des bovins explique ce phénomène. L'onglon le plus atteint est celui qui subit les grandes variations de charge. A l'arrière, c'est l'onglon externe et à l'avant, l'interne avec une implication plus importante des postérieurs. Les caractéristiques anatomiques du pied des bovins font que la pression sur le pododerme de la sole s'exerce sur la partie axiale postérieure de l'os du pied. Cette irritation des tissus du pied va entraîner une croissance en longueur et en épaisseur de la corne et de la sole en avant de l'os du pied qui explique l'allongement en pince, l'enroulement de la paroi sous la sole et sa convexité. Cela survient lorsqu'il n'y a pas d'usure compensatrice en raison de problèmes de gestion de troupeau (alimentation acidogène ou carencée, bâtiment mal conçu, aire d'exercice dégradée, facteur héréditaire…) ou que d'autres pathologies (fourchet, dermatite…) viennent accentuer ce phénomène.

Des aplombs « verticaux et parallèles »

La modification des aplombs est un critère d'alerte majeure d'atteinte de l'appareil locomoteur où les affections des pieds sont de loin les plus importantes et les plus fréquentes (70 à 90%). Les aplombs peuvent être facilement observés aux cornadis. Vus de derrière, les membres postérieurs doivent être verticaux et parallèles. Plus les jarrets se resserrent et les onglons partent vers l'extérieur, plus les lésions risquent d'être sévères. Une vache qui se positionne en écartant systématiquement les pieds indique son inconfort.

Une intervention à réaliser dès les premiers signes avec un inventaire maintenant pour une intervention collective programmée

Le repérage d'un signe d'alerte sur un bovin doit faire réagir l'éleveur même si la vache ne boite pas encore. Un lever du pied sera impérativement à effectuer. Afin de ne pas se retrouver confronté à l'urgence avec les pertes de production correspondantes, un inventaire des animaux demandant une intervention est à réaliser. La période actuelle constitue une époque favorable pour élaborer cet inventaire et programmer une intervention collective de parage préventif. Un pareur de Farago Creuse peut aider à la sélection des animaux nécessitant une intervention.

Le parage préventif des bovins

Le parage permet de rectifier l'excès de corne sur un pied. La corne pousse régulièrement et devrait s'user normalement mais sous l'effet de certains facteurs (alimentation, bâtiment mal conçu, aire d'exercice dégradée, facteur héréditaire,…) la corne ne s'use pas et le pied du bovin se déforme. C'est à ce moment qu'il faut intervenir pour prévenir les boiteries. Le parage préventif a pour but de ramener le pied à des dimensions normales pour équilibrer le poids du corps sur tous les onglons. Le pareur coupe à la bonne longueur en pince (7 cm entre le bout des poils et la pointe de l'onglon), il aplanit la sole en mettant les deux onglons au même niveau. Il termine par le creux axial. Lors de découverte de lésions, un parage curatif est effectué, il se déroule de la même manière que le préventif. Il faut en plus dégager la partie malade en supprimant l'appui de cette partie. Lors du parage, les principaux problèmes rencontrés sont l'ulcère de la sole qui se complique par une « cerise », l'ouverture de la ligne blanche au talon, le fourchet, la limace, la seime interne ou en pince, la dermatite digitée ou maladie de Mortellaro…

Farago Creuse à votre disposition avec des pareurs formés et du matériel adapté

Le parage est un travail délicat. Il doit être fait avec précision et du matériel adapté. Farago Creuse met à votre disposition deux pareurs spécifiquement formés avec le matériel de contention adapté pour effectuer des parages préventifs et ainsi prévenir les boiteries des bovins. Farago Creuse dispose d'une cage de parage hydraulique afin de réaliser les interventions dans de bonnes conditions tout en veillant au respect du bien-être animal. Cette activité, répartie sur l'année, connait des pics, notamment en période de mise à l'herbe. Cela implique d'anticiper, dans la mesure du possible cette problématique en nous contactant de façon précoce. Cela aura deux conséquences bénéfiques, d'une part, un parage préventif réalisé dans les conditions et, d'autre part, une fluidité dans la réalisation avec de courts délais d'intervention. Pour toute information complémentaire, n'hésitez pas à nous contacter.

Source GDS Creuse

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