Ecorner les veaux. Avec méthode pour le bien-être de tous

Aurélien LEGRAND et Dr Didier GUERIN

Ecorner les veaux. Avec méthode pour le bien-être de tous

Ecornage, sécurité et bien-être => Quel que soit l’âge de réalisation, l’écornage est une intervention douloureuse et stressante. Mais lorsqu’elle est réalisée avec méthode, seule une douleur passagère sera ressentie pour une sécurité et un bien-être à long terme.

Ecorner les veaux. Avec méthode pour le bien-être de tous

L’écornage est une pratique fréquente en élevage bovins, plus de 90 % en cheptels laitiers et plus de 2/3 en allaitants. Il est favorable, d’une part, au bien-être des animaux par rapport à eux-mêmes et à leurs congénères et, d’autre part, à votre sécurité et celle des autres intervenants. Vous pouvez le réaliser en limitant le stress et la douleur par l’emploi de techniques appropriées.

La stabulation, les râteliers d’affourragement… demandent des bovins sans cornes

Les bovins sont des animaux grégaires avec une hiérarchie sociale. Dans ce cadre, chaque bovin a besoin d’un « espace individuel ». La surface de cet espace individuel varie, notamment, en fonction de la zone du corps, il est plus important au niveau de la tête surtout lors de présence de cornes. Pour imposer ou respecter cette hiérarchie, pour l’accès à l’alimentation… des luttes peuvent exister avec l’utilisation très majoritaire de la tête. La présence de cornes peut alors avoir des conséquences pour le bovin lui-même (atteinte des cornes), pour ses congénères (présence de lésions plus ou moins profondes : déchirures du cuir, hématomes, points de péritonite avec des symptômes ressemblant à ceux de corps étranger), pour vous ou les autres intervenants. De plus, l’agressivité est diminuée chez les bovins écornés. La stabulation, les zones d’affouragement collectif (râteliers de foins)… demandent donc des bovins sans cornes.

L’anatomie et le développement de la corne, …

Si l’écornage est réalisé sur des veaux âgés de moins de 2 mois, le bourgeon cornual, non soudé à l’os (cf. illustration), va être détruit par une simple cautérisation qui va couper son irrigation et ainsi stopper le développement de la corne. Après l’âge de 2 mois, la corne s’est développée, le bourgeon s’est soudé à l’os du crâne, la zone est richement vascularisée et l’innervation développée, l’intervention est plus longue, plus traumatique et plus douloureuse avec de possibles risques infectieux (ouverture du sinus).

Ecorner les veaux. Avec méthode pour le bien-être de tous

… l’effet de l’âge sur la douleur…

Des expérimentations ont été menées pour comprendre comment les veaux ressentent et expriment la douleur, connaître les facteurs de variation (âge, technique d’intervention…), identifier les apports des molécules… Dans ces études, différents marqueurs sont suivis en tant qu’indicateurs de douleur : taux de cortisol et catécholamines, comportement, fréquences cardiaques et respiratoires, marqueurs de l’inflammation, cicatrisation des plaies, prise alimentaire et gain moyen quotidien… Il en ressort que les jeunes veaux ressentent moins la douleur, présentent moins d’inflammation et cicatrisent plus vite.

… imposent un écornage des veaux avant l’âge de 4 semaines

Il est recommandé de réaliser l’écornage des veaux avant l’âge de 4 semaines. Cela découle des éléments anatomiques et physiologiques indiqués ci-dessus. L’intervention peut intervenir dans les premiers jours de vie sans problématique particulière s’il est effectué avec méthode. L’écornage des veaux se réalise par voie chimique ou thermique. Il nécessite une bonne contention (cage de contention veau avec système anti-recul et anneau pour tenue de la tête) et une tonte de la zone (cf. illustration). L’écornage thermique est à privilégier par rapport à l’écornage chimique. Il est d’autant moins traumatisant que le veau est jeune et qu’il n’est pas nécessaire d’appliquer longtemps le fer sur le cornillon pour le cautériser avec une contention par conséquent plus facile. Certaines pratiques du passé, comme « faire sauter le cornillon », sont à proscrire. L’application locale de caustique, plus risquée en raison des coulures possibles, est perçue à tort comme moins douloureuse car l’action du produit donc la douleur est plus étalée dans le temps. La réglementation laisse à l’éleveur le choix de la méthode dès lors que le veau a moins de 4 semaines et impose l’écornage thermique et le recours à une analgésie pour les écornages effectués au-delà de 4 semaines.

Une réduction de l’inflammation quel que soit l’âge

L’arsenal analgésique met à votre disposition sédatif, anesthésique local et anti-inflammatoire. Chez le jeune, c’est l’inflammation qui présente le plus d’impact, elle est source de douleur dans les 36 heures. Pour la limiter, un anti-inflammatoire non stéroïdien est à administrer en début d’intervention quel que soit l’âge du bovin. Le coût de cette injection est largement compensé par la différence de GMQ entre animaux avec ou sans cette médication.

Une sédation ou une anesthésie locale après l’âge de 4 semaines et chez les adultes

La sédation ou l’anesthésie locale est physiologiquement et réglementairement nécessaire après l’âge de 4 semaines et chez les adultes. La sédation se réalise à l’aide de molécules type xylazine, elle tranquillise complètement l’animal. L’usage de ces molécules comporte des risques chez le jeune veau (sédation excessive, hypotension sévère) et n’abolit la douleur qu’avec des doses élevées. Ces molécules ne sont pas sans danger non plus pour le manipulateur qui peut accidentellement s’auto-injecter le médicament. Pour l’anesthésie locale, le lieu d’injection se situe dans la fosse temporale (à égale distance de l’angle externe de l’œil et de la base de la corne, à 1 cm au-dessous du bord arrondi du frontal et à 6-10 mm de profondeur). Que ce soit pour lutter contre l’inflammation, pour la tranquillisation ou l’anesthésie locale, votre vétérinaire intègre l’écornage des veaux dans le protocole de soins et prescrit ensuite les médicaments nécessaires. Rappelons que chaque utilisation de médicaments est à enregistrer dans le registre d’élevage.

Un appui technique de Farago Creuse mandaté dans le cadre de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! »

L’écornage des veaux est devenu incontournable. Les techniques ont évolué et permettent une adaptation à vos élevages en fonction de vos besoins et en respectant le bien-être animal et la gestion de la douleur. Une fiche « Ecornage des veaux » vous présente les 5 étapes avec les principes à respecter pour une bonne réalisation. Elle est disponible à Farago Creuse ou sur notre site www.faragocreuse.fr. Les techniciens qualifiés et expérimentés de Farago Creuse (environ 1.000 écornages veaux réalisés par an) sont à votre disposition pour vous informer et vous conseiller sur la pratique de l’écornage des veaux au sein de votre élevage. Ils peuvent vous proposer le service « écornage veaux » avec des passages programmés ou le « kit écornage » avec cage de contention veau, tondeuse, écorneur et bombe désinfectante. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter ou nous rencontrer au sein de notre magasin à Guéret et plus particulièrement lors de notre prochaine journée portes ouvertes du 11 mars 2017 où nous nous ferons un plaisir de vous recevoir.

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