“Elvea a sa place dans le commerce”

J.-M. authié

Denis Costerousse et Jean-Luc Lacombe, représentants des collèges éleveurs et acheteurs d’Elvea.
Denis Costerousse et Jean-Luc Lacombe, représentants des collèges éleveurs et acheteurs d’Elvea.

Elvea 15-63-43 a tenu son assemblée générale la semaine dernière à Polminhac.

 

Avec 860 adhérents chez les éleveurs (- 70 par rapport à 2010) et 116 côté acheteurs (+ 18), Elvea est une organisation de producteurs non commerciale reconnue. Bien que les effectifs soient à la baisse depuis quelques années, l’OPNC se bat pour faire valoir toute sa place dans les transactions d’animaux, notamment à l’export. C’était l’un des sujets abordés à l’occasion de l’assemblée générale qui s’est déroulée le 20 avril à Polminhac.

Des outils adaptés

 

Dans son rapport d’orientation, Denis Costerousse, président d’Elvea, rappelait que “les éleveurs et les acheteurs doivent être organisés. Il nous faut maintenir et développer les filières pour répondre aux marchés. C’est une plus-value pour nos exploitations. Mais il faut également savoir adapter la production en tenant compte des contraintes suivant les zones d’échanges.” Pour se faire, Elvea souhaite qu’éleveurs et acheteurs utilisent davantage les outils mis à leur disposition (site internet, Soreca, Oribase...). Voilà pour les orientations. Quant aux rapports moraux, ils avaient une toute autre saveur. Ainsi, Jean-Luc Lacombe (collège acheteurs) rappelait une année 2011 particulière avec “l’arrivée du marché turc dans le second semestre qui a permis la remontée des cours au moment où les éleveurs avaient des problèmes de trésorerie”. Et de poursuivre : “En France, le commerce privé représente 65 % des transactions. C’est un fait alors que la coopération tente de prouver le contraire. Il est donc essentiel de conforter ce système. La demande croissante de consommation de viande bovine des pays émergents doit conforter l’élevage français. La France est le premier pays au monde à exporter des animaux vivants. Elle doit le rester.”

“Pas de leçons à recevoir”

 

Côté éleveurs, Denis Costerousse n’en pensait pas moins. “Notre rôle, c’est d’être structuré mais de laisser la liberté de commercialisation aux éleveurs. Il faut éviter que l’on nous impose des lois. Elvea représente aujour­d’hui 60 à 70 % des marchés bovins, en dépit de ce qu’en pensent les autres. Je compte donc sur vous pour ne pas céder à la concurrence et conserver cette liberté de commercialisation. Il faut maîtriser la contractualisation. Nous n’avons de leçons à recevoir de quiconque”. Elvea, véritable acteur de l’animation offre/demande compte bien le rester “et faire face ainsi à une pensée unique de commercialisation”, poursuivait Denis Costerousse. Au-delà du marché turc, il y a aussi l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Libye, le Liban “qui sont des tendances commerciales durables”, insistait Patrick Bénézit pour la FNB avant d’attaquer aussitôt : “Je trouve déplorable de la part des industriels français d’avoir tenté une baisse sur le prix des jeunes bovins. Nous, on a intérêt à un prix du JB le plus haut possible. Il s’est bien tenu en Italie. Cette politique d’export s’est avérée bonne”. Mais Patrick Bénézit a aussi ajouté, concernant la Pac : “On a des choses à dire et il faut arrêter de se laisser polluer par des gens qui ne connaissent rien en agriculture. Il faut une Pac qui aille davantage vers les éleveurs”. Avant de prévenir : “Maintenant, il faut savoir que les organisations non commerciales n’ont pas le droit de négocier les prix. Il faut espérer que cela évolue. Cela peut être un nouveau souffle”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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