Eradication IBR : Un assainissement à renforcer, des contaminations à éviter

Christian PETIT - Dr Didier GUERIN

Eradication IBR : Un assainissement à renforcer, des contaminations à éviter

En 2010/2011, l'assainissement IBR de la Creuse s'est poursuivi en nombre, a stagné en valeur relative et quelques contaminations sont intervenues.

Comme indiqué dans le précédent article, la situation IBR creusoise est très favorable avec près de 94% de cheptels négatifs. Le pourcentage de cheptels positifs est passé de plus de 11% en 2006 à moins de 5% en 2010. Cependant, l'objectif sanitaire et économique est de se situer en dessous de 1% de cheptels positifs.

Une diminution du nombre de cheptels et d'animaux contaminés, une stagnation du taux de cheptels positifs

Le nombre de cheptels IBR positifs est passé de 177 à la fin de la campagne 2009/2010 à 154 à la fin de la campagne 2010/2011. Parallèlement, le nombre de bovins IBR positifs est passé de 4.108 à 3.652. De plus, le nombre de positifs par élevage diminue (voir tableau « Prévalence bovins IBR positifs dans les cheptels ») et on observe une « spécialisation » des cheptels. La plupart des troupeaux avec plus de 100 bovins positifs sont des ateliers d'engraissement à l'herbe qui reçoivent des animaux IBR positifs destinés à la réforme. Dans ces cheptels en « convention vaccination IBR » avec GDS Creuse, tous les bovins sont vaccinés à l'introduction afin d'éviter toute pathologie IBR et conformément à la règlementation. Cependant, si le nombre de cheptels et de bovins contaminés diminue en nombre, on observe une stagnation en pourcentage, voire une légère dégradation puisque nous sommes passés de 4,7% à 4,8% de cheptels positifs.

 

Une sensibilisation par GDS Creuse et les vétérinaires pour la campagne passée…

Au cours de la campagne 2010-2011, les documents d'accompagnement de la vaccination ont été transmis en même temps que les documents d'accompagnement des prélèvements aux vétérinaires, parallèlement, l'éleveur recevait sa situation faisant apparaître les animaux positifs à vacciner lors des opérations de prophylaxie. En début de campagne, GDS Creuse a contacté téléphoniquement les 77 élevages détenant jusqu'à 5 bovins connus positifs afin de les sensibiliser à une élimination rapide. Sur ces élevages, 2 ont cessé leur activité, 12 ont éliminé leurs animaux positifs et les autres les ont conservés. Le tableau « Prévalence bovins IBR positifs dans les cheptels » montre que 23 élevages ont éliminé des bovins positifs en cours de campagne avec une forte tendance à la baisse dans la tranche 2 à 5 avec moins 18 élevages, dans la tranche 11 à 25 avec moins 12 élevages et dans la tranche 51 à 100 avec moins 7 élevages.

… qui se renforce pour la campagne à venir avec l'implication de GDS Creuse et du vétérinaire sanitaire

Face à cette situation, pour la campagne 2011/2012, le Conseil d'Administration de GDS Creuse du 05 juillet a décidé de renforcer la sensibilisation auprès des élevages détenant jusqu'à 10 bovins positifs, ils seront contactés individuellement par GDS Creuse, en collaboration avec le vétérinaire sanitaire de l'élevage, pour leur proposer l'élimination de ceux-ci. Rappelons que pour que des résultats négatifs en prophylaxie permettent la phase de pré-qualification d'un cheptel, les animaux positifs doivent être éliminés minimum 1 mois avant le début des prélèvements. Dans cette optique, cette sensibilisation sera renouvelée dans les 3 mois précédant la date prévisionnelle de la prochaine prophylaxie pour chaque élevage concerné.

Des contaminations qui auraient pu être évitées par le respect des mesures sanitaires de base

L'obtention de l'éradication passe d'abord par la limitation des nouvelles contaminations. Cela demande de respecter la maîtrise des risques sanitaire en matière de contamination IBR. Trois élevages, nouvellement infectés au cours de la campagne, illustrent parfaitement cette problématique. En effet, pour un élevage, nous avons à faire à une contamination suite à un mauvais isolement entre les bovins d'élevage et son atelier d'engraissement, pour le second, des bovins ayant participé à un rassemblement ne bénéficiant pas de garantie vis à vis de l'IBR sont revenus dans l'élevage et ont été mal isolés, enfin pour le troisième des bovins introduits (5) ont présenté des résultats positifs à l'IBR à l'introduction, l'éleveur a souhaité les conserver et ne les a pas vaccinés, ce qui a conduit à une situation catastrophique de la découverte de 105 bovins nouvellement positifs à la prophylaxie. Les mesures à mettre en place face au risque de contamination peuvent être listées de la manière suivante :
• N'introduire, si possible, que des bovins sous appellation IBR.
• Isoler tout bovin introduit ou revenant d'un rassemblement, surtout s'il est sans garantie IBR.
• Face à tout risque (transport, participation à un rassemblement sans garantie IBR, contact avec d'autres bovins à risque IBR…), contrôler les animaux minimum 15 jours après la survenue du risque et maintenir isoler les animaux jusqu'à l'obtention des résultats.

Un assainissement des cheptels efficace lors du respect des différentes mesures

Le tableau « Incidence bovins IBR positifs dans les cheptels » montre que 30 élevages (21%) dont 3 nouvellement découverts positifs ont eu de nouveaux bovins positifs en 2010/2011 contre 40 (23%) en 2009/2010. Au cours de cette campagne 14 élevages n'ont eu qu'un seul bovin nouvellement positif soit presque 50% des élevages contre 11 en 2009/2010 soit seulement 30%. Lors de nouveaux positifs, les comptes-rendus de vaccination sont transmis au fur et à mesure des résultats de prophylaxie. L'information est faite auprès des éleveurs et des vétérinaires dès réception des résultats du LDA. Le tableau « Assainissement conduite à tenir » montre l'adaptation des mesures à effectuer selon le contexte épidémiologique de l'élevage. La réussite du plan d'assainissement demande la stricte application de chaque mesure sous peine d'un allongement voire un échec du plan. Le virus IBR étant un herpès virus, il peut présenter une phase de réactivation, si le bovin contaminé ne présente pas une hyper-immunisation apportée par la vaccination entretenue, il peut contaminer 75 à 80% du lot en contact. C'est ce qui est arrivé cette campagne pour l'élevage ayant introduit des animaux IBR positifs.

 

Une vigilance individuelle avec l'implication de tous pour un retour collectif

Rappelons que l'IBR est une maladie virale qui peut provoquer une atteinte clinique conséquente avec des symptômes respiratoires (rhino-trachéite bovine infectieuse d'où le nom d'IBR) et des symptômes génitaux (avortement, vaginite, métrite). Aujourd'hui, la phase clinique est rencontrée de manière régulière dans les zones où la maladie est endémique (cas de la Belgique) mais aussi, de manière exceptionnelle lors de nouvelle infection (un élevage creusois a ainsi été concerné de manière catastrophique il y a trois ans). Il est donc d'abord de la responsabilité de chaque éleveur d'être vigilant pour éviter la contamination et de s'assainir pour ceux qui sont concernés. Mais, c'est déjà un retour collectif avec les atouts vis à vis de la commercialisation qui se renforcera lors de l'obtention du statut de zone épidémiologique favorable, nous bénéficierons alors de l'acquis sanitaire et nous aurons la possibilité d'entretenir les qualifications, dans les cheptels sous appellation « indemne IBR » sur la base de sérologies de mélange sur seulement 20% des bovins de plus de 24 mois (voir article précédent).

 

Source GDS Creuse

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