Etude en Moselle : Les besoins en potasse des prairies de fauche pas toujours bien couverts

Sophie Bourgeois

Les prairies permanentes exploitées en fauche multiple ou en fauche précoce suivie de pâture ont de forts besoins en phosphore et potasse. Leur fertilisation peut souvent être améliorée.

La chambre d'agriculture de Moselle a réalisé une enquête sur 56 parcelles de prairie permanente essentiellement destinées à la fauche, exploitées pour des troupeaux bovins viande. Il s'avère que près de 33 % des parcelles en fauche précoce ou en fauche multiple montrent une alimentation insuffisante en potasse (indice de nutrition inférieur à 80). Elles ne sont que 13 % dans ce cas pour l'alimentation en phosphore.
« Des pratiques de fertilisation plus cohérentes permettraient de mieux couvrir les besoins de ces prairies permanentes », estime Marc Lamy pour l'équipe des Réseaux d'élevage viande du Nord-Est.
« Pour des raisons pratiques et commerciales, les éleveurs ont l'habitude de fertiliser leurs prairies avec des engrais complets dont la formule ne permet pas toujours de bien couvrir les besoins des prairies », expliquent en effet les techniciens.
La formule est choisie parmi celles qui sont disponibles chez les fournisseurs et qui se placent au meilleur prix ramené à l'unité d'azote. Ou bien les éleveurs utilisent les mêmes formules que celles qu'ils achètent pour les céréales, de type 0-31-13 ou 21-17-0 ou encore 18-46-0. « Dans la plupart de ces cas, les besoins en P et K ne sont pas totalement couverts. » Les formules comme le 13-9-16 sont mieux adaptées aux besoins des prairies mais sont peu utilisées.
Dans cette étude, ce type d'engrais n'a été apporté que sur 20 % des parcelles. Il peut être plus économique à l'hectare de faire deux apports, un pour l'engrais de fond et un pour l'engrais azoté, tout en couvrant mieux les besoins de la prairie qu'avec un engrais ternaire mal équilibré.

Evolution de la flore et du rendement

Quand des engrais de ferme sont apportés sur ces parcelles de fauche, en l'absence de mesure de l'état de nutrition des plantes, il faudra apporter des engrais minéraux deux ans après si fumier ou lisier ne reviennent pas à ce moment-là sur la parcelle.
« Les enjeux sont multiples : évolution positive de la flore avec le développement du trèfle et de graminées plus intéressantes, meilleur étalement de la production, amélioration du rendement », rappellent les techniciens. Un excès de phosphore par rapport au potassium entraîne parfois un développement important de pâturins au détriment d'espèces comme le ray-grass anglais. Un bon niveau de potassium améliore la tolérance à la sécheresse du trèfle blanc. Dans le contexte économique actuel, le pilotage de la fertilisation phospho-potassique avec les indices de nutrition est particulièrement intéressant pour gérer les impasses sans dégrader le potentiel des prairies.

En savoir plus : revue Fourrages n° 204 (2010).

Source Réussir Bovins Viande Avril 2011

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