Export de viande bovine en Chine : la patience est de mise… 

Lise Monteillet (avec AFP)

Export de viande bovine en Chine : la patience est de mise… 

Avant de pouvoir exporter de la viande bovine française vers la Chine, il faudra attendre l’aboutissement d’une longue procédure, malgré la levée de l’embargo ESB. 

La France parviendra-t-elle à franchir la Grande muraille de Chine ?  Au début du mois de mars, la filière viande bovine française s’est réjouie de la levée de l’embargo chinois qui frappait la viande bovine française depuis 2001, suite à la maladie de la vache folle. Interbev a alors salué « une excellente nouvelle pour la filière viande bovine française qui pourra exporter à terme vers la Chine ».

À condition de patienter un peu… Cette décision chinoise n’a pas de « portée pratique immédiate », a précisé François Blanc, de FranceAgriMer, le 14 juin, lors d’une journée consacrée aux échanges mondiaux de viande organisée par l’Idele. Pour ce dernier, la levée de l’embargo constitue « une étape dans une longue procédure ». Celle-ci s’inscrit dans la politique actuelle « des petits pas ». Ainsi, plusieurs formalités, dont l’audit des établissements, doivent encore être remplies avant une reprise effective des exportations vers la Chine.

Des importations en forte hausse

La marché chinois est toujours tendu. D’autant que « le cheptel bovin chinois pourrait peut-être baisser en 2016 », note Jean-Marc Chaumet, de l’Idele. Or, « la viande bovine arrive sur la table des Chinois, dont le mode de vie est de plus en plus urbanisé », ajoute-t-il. Le bœuf est, depuis 2015, la viande la plus chère en Chine. Il est 12% plus cher que les ovins, 2 fois plus cher que le porc et 3 fois plus cher que la volaille.

Depuis 2013, une très forte hausse des importations de viande bovine est constatée. Ce qui fait du marché chinois le « deuxième importateur mondial de viande bovine avec près de 1,1 million de tonnes importées tous les ans », selon Interbev. Le marché chinois est divisé en plusieurs segments. L’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada fournissent plutôt la viande haut de gamme, l’Uruguay, l’Argentine, le Brésil exportent de la viande de moyenne gamme et l’Inde est positionné en bas de gamme.

Exporter de la viande de qualité

Dans ces conditions, la viande bovine française a-t-elle sa place en Chine ? « On sait que les Chinois aujourd'hui recherchent de plus en plus de sécurité sanitaire et alimentaire et savent que la France est un pays où l'on peut compter dessus, explique Guy Hermouet, président d'Interbev bovin. On peut avoir une carte à jouer, peut-être pas forcément sur des grandes quantités mais sur de la qualité qui nous permettra de tirer vers le haut l'ensemble de la filière mais aussi de vendre certains morceaux qui chez nous ne sont pas forcément consommés, à l'image des os ». 

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