Ferme aux 4.000 bovins : avis défavorable du commissaire enquêteur

AFP

Troupeau de vaches charolaises en Bourgogne.
Image d'illustration.

Un projet de ferme en Saône-et-Loire, qui pourrait accueillir plus de 4.000 bovins destinés notamment à l'export, a reçu un avis défavorable du commissaire enquêteur, a-t-on appris mardi auprès de la préfecture, alors que plusieurs centaines de personnes manifestaient le même jour à proximité du site.

Le commissaire enquêteur a relevé des "manquements au dossier qui nécessitent de nombreuses reprises", une "absence d'étude économique fiable pour l'activité de préparation à l'export" ainsi qu'une "impossibilité d'accéder au site pour les poids lourds", a indiqué une porte-parole de la préfecture de Saône-et-Loire. Après une enquête publique d'un mois, l'avis a été remis au préfet lundi, qui devra se prononcer sur le projet "dans les trois mois (...) soit jusqu'au 6 février 2018", délai qui peut être prolongé de deux mois si nécessaire, a ajouté la même source.

Entre 300 et 400 personnes s'étaient rassemblées mardi à l'appel de la Confédération paysanne à Digoin, la commune où ce projet pourrait voir le jour. "Ferme usine ni ici, ni ailleurs", "non à l'élevage concentrationnaire" ou encore "trois petites fermes valent mieux qu'une grande", pouvait-on lire sur les pancartes.

De jeunes bovins pour l’export

Le projet "contribue à enfermer les éleveurs bovins dans un modèle qui a déjà conduit nombre d'entre eux au désastre", a dénoncé la Confédération paysanne dans un communiqué. "Ce centre d'allotement géant, suite logique à l'industrialisation des élevages et des abattoirs, n'est que de la poudre aux yeux des éleveurs." Selon la demande d'autorisation adressée à la préfecture par l'éleveur, le projet consiste à "accueillir des bandes de jeunes bovins, pour mise en quarantaine sanitaire durant cinq semaines avant d'être exportés vers des centres d'engraissement en France ou à l'étranger", notamment vers les "pays du Maghreb (plus particulièrement Algérie, Maroc) et la Turquie". "Au terme du projet de développement, l'effectif instantané pourra atteindre un maximum de 3.910 bovins en préparation à l'exportation", en plus du troupeau existant de 320 vaches allaitantes et 240 bovins à l'engraissement, précise le document. L'éleveur n'avait pu être joint mardi.

Ce projet est aussi dénoncé par les riverains, qui s'inquiètent des nuisances et ont monté une association, et par la fondation Brigitte Bardot, qui faisait fin août un parallèle avec la ferme des "1.000 vaches" qui fait polémique dans la Somme. Une pétition de l'association Agir pour l'environnement s'y oppose également et a recueilli plus de 67.000 signatures. Le préfet de Saône-et-Loire avait en revanche reçu en juillet un avis favorable de la direction régionale de l'environnement (DREAL).

Sur le même sujet

Commentaires 2

eleveur61

c'est un regroupement d'animaux destiné a l'exportation la dimension de l'exploitation peut impressionner mais cela est plus rationnel pour les acheteurs et pour l'administration sanitaire et les exportateurs .Alors les personnes ou associations qui font pression pour interdire le projet ont probablement des connaissances réduite en matière d'élevage et des réglementation en vigueur .Il faut savoir que bon nombre de petites exploitations d'élevages moins de 100 UGB doivent abandonné leur exploitation faute de rentabilité lorsqu'elles sont contrainte de se mettre aux normes ?

eric

avec de petit troupeau la dreal nous fait c... pour le plan d'épandage alors q'avec 4000 bovins c'est bien plus facile encore les gms ,coop qui vont tuer nos petite exploitations j'espère que se sera sans antibiotiques lol... on va bouffer de la m... encore et encore

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires