Fièvre catarrhale : Une « diffusion inexorable »

Dr Didier GURIN GDS Creuse

Au 11 février, 184 foyers étaient répertoriés. Sur les 2 dernières semaines, 3 départements ont été nouvellement identifiés avec des foyers (Dordogne, Lot et Haute-Vienne), ce qui a entraîné une extension de la zone réglementée. D’autre part, 6 départements remplissent les critères pour être déclarés zone saisonnièrement indemnes (inactivités vectorielle et virales).
DGAL

Du 11 septembre 2015, date officielle de la résurgence de la FCO sérotype 8 en France, au 11 février 2016, 184 foyers ont été identifiés avec une lente progression géographique pour l’instant. En cette période d’inactivité vectorielle (période où les insectes vecteurs de la maladie ne sont pas actifs) et de déclaration de zones saisonnièrement indemnes (zones avec inactivités vectorielle et virale), cet article fait un point sur différents éléments liés à cette problématique FCO.

Une indemnisation par rapport aux blocages de commercialisation en début

Le programme d’indemnisation du FMSE (Fonds national agricole de mutualisation sanitaire et environnementale) pour les élevages situés en périmètres interdits a été approuvé par le Ministère de l’Agriculture qui a renouvelé son engagement d’intervention sur les mêmes bases en zone règlementée hors périmètres interdits. L’indemnisation intégrera les coûts d’immobilisation des broutards et les surcoûts d’engraissement des veaux. Le nombre d’animaux immobilisés se calculera à partir de données BDNI avec un comparatif entre les sorties de septembre/octobre des années précédentes (moyenne triennale 2012-2014) et celles de septembre/octobre 2015. La durée d’immobilisation va de la date de rentrée de la commune en zone réglementée au 31 octobre. L’indemnisation s’appuie sur l’étude de l’Institut de l’Elevage : veau 0-2 mois, 100 € (forfait), broutard 2-6 mois : 1,30 € par jour de blocage, broutard 6-16 mois : 2,60 € par jour de blocage. La méthodologie d’instruction des dossiers ne nous est pas encore parvenue.

Selon l’Anses, une résurgence du virus dont la diffusion est inexorable

L’Anses a été saisie pour une « Evaluation du risque lié à la réapparition du sérotype 8 de la FCO en France continentale » ( saisine 2015-SA-0226). Vus les caractéristiques de l’infection, la longue durée de la virémie chez les bovins, les résultats de l’analyse de la surveillance programmée et les investigations sur les animaux séropositifs, les experts estiment que l’origine probable de cette résurgence est une persistance de la circulation virale de la FCO sérotype 8 à bas bruit, dans le cheptel français, en particulier dans le Massif Central. Considérant les expériences des récentes épizooties vectorielles à FCO sérotypes 8 et 1 et Schmallenberg et les données de la présente épizootie, les experts concluent qu’en l’absence de moyens de lutte suffisants (vaccination généralisée), la progression de l’infection au printemps par le biais des culicoïdes est inexorable au-delà de la zone réglementée, à la fois en France et dans les pays voisins et qu’il va falloir vivre avec cette maladie.

Fièvre catarrhale : Une « diffusion inexorable »

Une population fortement séronégative donc sensible au virus et à ses impacts

Un plan de surveillance programmée a été mis en place sur toute la France afin de déterminer la distribution géographique du virus, de suivre l’activité vectorielle et d’évaluer la prévalence nationale. Depuis le 5 janvier 2016, toute la zone réglementée (sauf l’Aude) est en période d’inactivité vectorielle. La surveillance sérologique en cours porte sur 27.615 jeunes bovins répartis dans 1.841 troupeaux et 8.700 adultes issus de 580 élevages. Dans la zone réglementée, 2 sérologies à 3 semaines d’intervalle sont effectuées sur les bovins séronégatifs au 1er contrôle pour vérifier la non-circulation virale et déclarer une zone « saisonnièrement indemne ». Les 1ers résultats montrent une population bovine fortement séronégative donc sensible au virus et à ses impacts.

Fièvre catarrhale : Une « diffusion inexorable »

Des échanges facilités lors de zones saisonnièrement indemnes

La FCO fait l’objet d’une réglementation internationale et européenne. Pour les zones ou pays acceptant des animaux en provenance de zone réglementée, le principe de base est de fournir des animaux valablement vaccinés ou des animaux issus de cheptels valablement vaccinés (cas des animaux de moins de 70 jours). Le statut de zone « saisonnièrement indemne » permet un allègement (cf. tableau). En matière d’échanges au sein de l’Union Européenne, le protocole spécifique avec l’Italie se poursuit avec une demande de bovins vaccinés depuis au moins 10 jours. Pour l’Espagne, depuis la période d’inactivité vectorielle, les veaux avec PCR négative sont acceptés. Lors du retour de la circulation virale, les veaux devront être issus d’un cheptel valablement vacciné.

Des vaccins progressivement disponibles

La période février/mars reste une période de pénurie de vaccins. Environ 250.000 doses du vaccin Merial et 90.000 doses du vaccin Callier sont encore à disposition des DD(CS)PP et continuent d'être mobilisées respectivement pour la commercialisation des bovins et des ovins. Une dotation du vaccin CZV (permettant la vaccination d’un million d’ovins ou de 500.000 bovins) a été livrée et 2,5 millions de doses de vaccin Merial seront disponibles à partir du 29 février. Les modalités d'utilisation de ces doses seront précisées par une nouvelle instruction après le CNOPSAV (Conseil national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale) du 18 février. Un marché public est en cours d’attribution pour vacciner 8 millions de bovins et 2,5 millions d’ovins. Une 1ère livraison est attendue en mars puis des livraisons suivront en cours d’année. Jusqu’à la fin du mois de mars, la priorité est donnée aux animaux de zone réglementée.

Des vaccins gratuits, une vaccination possible par l’éleveur

Une modification de la prise en charge de la vaccination FCO va intervenir. Jusqu’au 29 février, l’Etat prend en charge les vaccins et l’intervention vétérinaire (limitée à une primovaccination pour la vacation). A partir du 1er mars, seul le vaccin restera pris en charge par l’Etat. En cas de besoin de certification de la vaccination (besoin commercial), celle-ci devra être effectuée par votre vétérinaire. Lorsqu’il s’agira de protection sanitaire de votre cheptel, vous pourrez réaliser vous-même la vaccination. Les modalités restent à définir, nous vous en informerons dès que nous les connaîtrons.

Une innocuité globale des vaccins confirmée

Le précédent épisode FCO a vu l’utilisation de vaccins en période de pleine circulation virale entraînant une confusion persistante entre l’effet du virus (à l’origine de la très grande majorité des symptômes observés) et du vaccin. Les études rétrospectives confirment l’innocuité globale de la vaccination. Que ce soit en élevage laitier ou allaitant, elles concluent globalement que la vaccination FCO n’a pas eu d’effet négatif et elles confirment l’intérêt de la vaccination pour limiter les impacts de cette maladie (cf. Vaccination : impacts, pharmacovigilance dans l’onglet prévention du site www.fcoinfo.fr. Les vaccins CZV et Merial indiquent dans le résumé des caractéristiques de leur vaccin : « Peut être utilisé au cours de la gestation chez les brebis et les vaches ». Cette année, vous allez pouvoir intervenir avant la période d’activité vectorielle et virale.

Une étape de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! », rendez-vous le 12 mars

L’Anses nous indique une résurgence du virus FCO dont la diffusion est inexorable avec des impacts cliniques conséquents si le pouvoir pathogène du virus n’a pas changé. Dans ce contexte, la vaccination peut être considérée comme le seul outil de gestion efficace de la nouvelle épizootie à venir. Avoir le réflexe « Le sanitaire… j’adhère ! », pour ceux d’entre vous qui en ont besoin, c’est faire vacciner vos animaux pour pouvoir les commercialiser en prenant en compte le délai de 60 jours après la primovaccination lorsqu’il n’y a pas de protocole spécifique et, pour vous tous, dès que le vaccin sera disponible, de vacciner votre troupeau pour le protéger des impacts sanitaires. La vaccination est volontaire, vous allez donc pouvoir vous positionner individuellement. Le 12 mars, pour nos portes ouvertes, un stand sera consacré à la FCO avec notamment les enseignements que le précédent épisode nous a apportés. Venez échanger sur ce sujet et d’autres. De nombreuses informations sont encore à venir (FMSE, vaccins, évolution des zones, réglementation des échanges…), nous vous tiendrons informés.

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Commentaires 3

beberino

boycotter le sallon et arreter de courir comme des mouton a l appelle du berger beulin et tout vos responsables syndicale

moi

personne ne voie que la fco est partout pour que les éleveurs ne puisse pas arrêter l’élevage et tous labourer temps pis mes dernières vaches inscrites oust a l' abattoir au fait a tout les idiot syndiqqquer a quoi serve vos greves
moins 7 points de msa et report mais quant on gagne pas grand chose sa fait que dalllllle... boycotter le sa
salon
au revoir

acide

la poisse apres l'episode grippe aviaire qui n'a pas reussit a passer la frontiere espagnole pourtant proche...... voila qui commence pile au milieu de la france et mettra bien 6 mois encore a arriver en belgique ou en italie ( a moins que comme pour les volatiles ou tchernobyl il y ait une reelle protection magique au frontiere)donc dans six mois une fois les stocks de vaccins epuisé , on annoncera juste avant le premier cas en belgique que les mesures ont ete efficaces

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