Filière bovine : plus d'anticipation, d'organisation et de sens du collectif

Ministère de l'Agriculture : Rapport de situation et de propositions sur la filière bovins viande

Filière bovine : plus d'anticipation, d'organisation et de sens du collectif

Un rapport du ministère de l'agriculture (en pièce jointe) sur la filière bovine française explique les difficultés de la filière et prêche, pour y remédier, pour plus d'anticipation, d'organisation et de sens du collectif. Nous vous présentons l'introduction de cette étude réalisée par Yves GEFFROY (Inspecteur général de la santé publique vétérinaire) et Michel REFFAYIngénieur général des ponts, des eaux et des forêts.

Les filières bovins à viande  sont souvent considérées comme un tout. Or elles se déclinent pourtant en des produits et des modes de productions variés, néanmoins techniquement imbriqués et servent un marché des viandes encore trop indifférencié. De la même manière, les exploitations qui mettent en oeuvre ces productions dégagent un revenu régulièrement le plus faible de l’agriculture française, impacté, dans un contexte de volatilité accrue des prix agricoles, par la plus ou moins grande spécialisation des exploitations (notamment par effet diluant favorable ou défavorable des grandes cultures).

Les cours bas des viandes, l’effritement régulier des exportations de broutards vers l’Italie, l’embargo russe, la baisse drastique du cours des céréales, des besoins de recherche de productivité, le renforcement des normes environnementales conduisent à des difficultés conjoncturelles des exploitations concernées d’autant plus fortement ressenties dans un contexte de revenus structurellement au plancher. Encours chez les fournisseurs, défauts de trésorerie, réétalement des cotisations MSA -et en dernier recours- dé-capitalisation par réduction des cheptels naisseurs, constituent des marqueurs de cette situation, sans qu’un profil type ne se détache.

Une morosité palpable

Les éleveurs manifestent également une morosité palpable. Le désarroi, est alimenté par l’échéance de la mise en oeuvre de la nouvelle PAC, dont les éléments concrets et définitifs ont tardé à être arrêtés. Outre la préoccupation de déclaration PAC à déposer pour début juin, cette
situation perturbe la prévision, l’emblavement, la mise en place des prêts de campagnes, etc.

Dans un contexte structurel de « massification » des viandes bovines, peu segmentées la viande issue du troupeau laitier fournit près de 40% des viandes bovines. Le coproduit qu’elle constitue, contribue fortement au prix des viandes.

La filière devrait s’engager, dans une forme d’anticipation, d’offensive et d’organisation beaucoup plus marquée. Avec l’appui des pouvoirs publics, et à condition de s’appuyer sur sa force collective, elle peut se donner des perspectives :

- reconquérir son marché intérieur (guide RHF / mention VBF / origine des viandes en plats préparés / communication générique) ;

- se montrer résolument offensive pour s’assurer -dans la durée- de nouveaux marchés de maigres de gras ou de viandes, notamment méditerranéens , y compris en y investissant pour réguler l’écoulement de broutards ;

- se doter d’outils modernes de mise en production et de mise en marché (contractualisation, regroupement de l’offre / dispositifs de décision experts / dispositifs d’anticipation des crises) ;

- mieux organiser son dialogue interne et notamment inclure un interlocuteur laitier plus attentif à
la question des viandes.

De l’anticipation, de l’organisation et le sens du collectif

Les pouvoirs publics sont attendus pour permettre l’étalement voire l’exonération taxes et des charges sociales des exploitations les plus en difficulté sur le secteur spécialisé des viandes (CGAAER n°14147 Page 5/26) bovines, communiquer sur les nouvelles dispositions de la PAC et finaliser les dispositions de mise aux normes en zone vulnérable.

Les filières « viande » s’interrogent enfin sur les liens susceptibles d’être établis entre le développement des GIEE, la rénovation des bâtiments d’élevage incluant notamment les questions de mise aux normes, le développement du photovoltaïque et de collectifs de méthanisation, dont la mise en oeuvre leur paraît engluée dans un cumul de dispositions complexes et démotivantes. Mais ces dispositions ne sauraient suffire à relever le défi d’organisation que la filière viande appelle : de l’anticipation, de l’organisation et le sens du collectif, qui font encore trop souvent
défaut.

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