France : un cas "isolé" de vache folle avéré dans les Ardennes

France : un cas "isolé" de vache folle avéré dans les Ardennes

Un cas "isolé" d'ESB, ou maladie de la vache folle, a été confirmé dans un élevage des Ardennes (nord), le premier en France depuis 2011, et sans "aucune conséquence pour le consommateur", a annoncé jeudi le ministère de l'Agriculture.

La maladie de la vache folle ou encéphalopathie spongiforme bovine

L'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dont un cas, le premier depuis cinq ans en France, a été confirmé jeudi dans les Ardennes, est apparue au Royaume-Uni en 1986.   L'ESB est connue sous le nom de maladie de la "vache folle", terme évocateur des symptômes présentés par l'animal en phase terminale de la maladie: perte d'équilibre, troubles du comportement (nervosité, agressivité), hyperexcitabilité (au bruit, au toucher, à la lumière), anomalies de locomotion (démarche vacillante). Sa durée d'incubation est de cinq ans en moyenne.   Après l'apparition de la maladie, l'ESB s'est propagée parmi les bovins vraisemblablement par le biais de leur alimentation comportant des farines de carcasses et d'abats d'animaux (bovins ou ovins) atteints d'encéphalopathie spongiforme. L'interdiction de ces farines a d'ailleurs considérablement ralenti la courbe de l'épidémie bovine britannique.   L'origine de la contamination des trois cas détectés en 2015 en Europe n'a pas été déterminée.   Lors de cette épidémie massive et sans précédent d'ESB ravageant le cheptel bovin britannique, le gouvernement britannique a reconnu, le 13 mars 1996, l'existence d'un "lien" possible entre la maladie bovine et l'apparition de cas d'une nouvelle forme d'une maladie humaine connue, la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), du nom des deux neurologues qui l'ont décrite presque simultanément en 1920 et 1921.   Maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), maladie de la vache folle, et son équivalent humain, le nouveau variant de la MCJ (nvMCJ), appartiennent à une famille de maladies neurodégénératives toutes mortelles, appelées encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST).   Toutes les encéphalopathies spongiformes donnent au cerveau une allure d'éponge (spongiose) et sont marquées par la présence d'une forme anormale d'une protéine dénommée prion.   Les spécialistes sont certains d'avoir affaire à une maladie qui a franchi les barrières séparant les espèces, avec la quasi-certitude que sa transmission s'est faite via la chaîne alimentaire.   Il n'existe ni vaccin ni traitement contre la forme humaine de l'ESB.

"La suspicion de cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) détecté chez une vache de 5 ans décédée prématurément dans un élevage des Ardennes a été confirmée le 23 mars par le laboratoire de référence de l'Union européenne (LRUE)", selon le communiqué du ministère.   Il s'agit du "troisième cas isolé d'ESB de ce type détecté en Europe depuis 2015" et celui-ci a été "notifié ce jour à la Commission européenne et à l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE)". Il affirme que "la détection de ce cas n'a aucune conséquence pour le consommateur". Le mode de contamination n'est sans doute pas le même que lors de l'épidémie de la fin des années 90 puisque les farines animales, alors en cause, ont été depuis interdites pour l'alimentation du bétail.

La FNB qui représente les professionnels de la filière bovine a refusé de commenter cette nouvelle alors que les éleveurs sont plongés dans une importante crise des prix depuis un an. Le ministère de l'Agriculture avait annoncé mardi qu'un cas suspect d'ESB avait été détecté mi-mars sur une vache Salers partie à l'équarrissage (un mode d'élimination réservé aux bêtes mortes dans les fermes, et donc non destinées à l'alimentation humaine). L'éleveur avait été prévenu et son troupeau de 400 animaux "mis sous surveillance" à titre préventif par arrêté préfectoral, ce qui interdit tout mouvement des animaux concernés en dehors de l'exploitation.  

 "comprendre l'origine"    

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll va "solliciter la Commission européenne afin qu'elle saisisse l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en lien avec l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pour mieux comprendre l'origine et la cause de ces cas isolés chez des bovins jeunes", poursuit le communiqué. Une réunion des membres du Conseil national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV) est prévue le 25 mars "afin de présenter les mesures de gestion à mettre en oeuvre". Des experts de la Direction générale de l'alimentation (DGAL, qui dépend du ministère de l'Agriculture), avaient expliqué mardi que tous les animaux ayant été en contact avec le sujet malade ou bien lié à lui par filiation - ascendants et descendants - devraient être abattus, qu'ils se trouvent dans le même élevage ou dans une autre exploitation. Ce qui ne revient pas forcément à abattre tout le troupeau, "tout dépend de l'organisation de l'élevage", selon la DGAL, qui insiste sur les cas "extrêmement rares d'ESB chez les animaux super-naïfs", c'est-à-dire nés après l'interdiction des farines animales".  

Le nombre de cas d'ESB en Europe a immédiatement chuté après l'interdiction des farines animales fin 2001.   Le dernier cas d'ESB en France avait été confirmé en 2011, selon le ministère. Resté inexpliqué, il était aussi resté isolé. Comme en Irlande en juin 2015, premier cas avéré dans ce pays depuis 2013, ainsi qu'au Royaume-Uni. Depuis mai 2015, la France était requalifiée parmi les pays à "risque négligeable" pour l'ESB par l'OIE mais avec la confirmation du cas des Ardennes, elle devrait repasser en "pays à risque maîtrisé". Depuis octobre 2014, seuls les bovins âgés de plus de 12 ans, susceptibles d'avoir ingéré des farines animales avant leur interdiction totale, étaient soumis au test de dépistage obligatoire imposé en 2001, ainsi que ceux morts hors abattoir, envoyés à l'équarrissage et âgés de plus de 4 ans. Ce qui était le cas du bovin suspect, né en 2011. Les professionnels et notamment la fédération nationale bovine (FNB) avaient beaucoup bataillé pour obtenir l'allègement des tests en 2014, estimant qu'ils continuaient à stigmatiser la viande française sur les marchés internationaux et d'entraver leurs ventes.    

La décision de requalifier l'Hexagone parmi les pays à "risque négligeable" avait notamment permis de rouvrir l'accès à des pays comme l'Arabie saoudite, le Canada, Singapour, le Vietnam ou l'Afrique du Sud. Apparue au Royaume-Uni dans les années 80, l'ESB s'était étendue à de nombreux pays en Europe et dans le monde à cause de l'utilisation de farines animales contaminées par les carcasses broyées. Suspectée d'être à l'origine du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l'homme, elle avait suscité l'inquiétude des consommateurs et entraîné une grave crise dans la filière bovine.

Source Ministère de l'Agriculture & AFP

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Commentaires 7

azor08

une fois de plus on salit l'elevage francais en le livrant aux chiens!!!
quand cela s'arretera t'il?

Sylvain

Du grand n'importe quoi quand tu vois comment sont fait les vaccin FCO (TOUT EST COMMERCIAL) et sa profite à qui tout ça au veto au laboratoire

ARION

mais a quoi servent toutes ces commissions avec ces abréviations barbare ...

Daniel COMTE

Ouais, encore un coup monté pour nous mettre un peu plus dans la merde et en achever encore quelques éleveurs

1584

D'accord avec toi Alex , on vit une fable De La Fontaine grandeur nature et en plus ça disculpe les toubibs avec leur hormone de croissance. Et puis quand on cherche .... on trouve!

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