Herd book charolais : Les sélectionneurs subissent le contre-coup de la crise

François d'Alteroche

Les éleveurs charolais ont accueilli la dernière assemblée générale du herd-book dans un contexte « en demi-teinte » compte tenu de l'actualité.

Pour les responsables du herd-book charolais (HBC), 2009 aura été une année « en demi teinte ». Le nombre d'élevages adhérents est en léger recul (2208 contre 2266 en 2008) mais cette évolution s'accompagne de la progression de 1315 têtes du nombre de vaches cotisantes, traduisant la hausse de la dimension du troupeau moyen.
Michel Baudot, son président, explique le recul du nombre d'adhérents par les départs en retraite, malheureusement accompagnées de « quelques démissions pudiques pour raisons économiques. »

Atonie du marché des reproducteurs

Entre 2005 et 2009, la progression du nombre de vaches cotisantes a été particulièrement plus sensible dans la moitié Nord de la France et tout particulièrement en Bourgogne, Pays de la Loire et Centre. Le nombre d'animaux inscrit est en recul dans le Sud-Ouest et le Sud du Massif central. Le herd-book continue à déplorer l'utilisation comme reproducteurs, de taureaux issus d'élevage inscrits mais vendus sans être accompagnés de leur certification d'origine. Malgré ces indélicatesses, le nombre de jeunes mâles certifiés par le HBC progresse de 4,3 % par rapport à 2008 avec 10 683 animaux.
Conséquence évidente de la crise, le nombre de femelles certifiées est en recul pour la seconde année consécutive, mais totalise malgré tout un peu plus de 37 000 têtes pour le seul livre A. Bien des éleveurs participants ont déploré l'atonie du marché des reproducteurs. Une conséquence directe des difficultés du moment, mais aussi d'un troupeau allaitant français dont les effectifs s'érodent et de débouchés trop limités à l'export. Les mâles sont moins touchés, mais la demande est quasi inexistante en génisses d'élevage.
Pour mieux juger du taux d'utilisation de taureaux inscrits, les données du SIG ont été analysées sur une campagne pour tous les veaux nés de femelles de code race 38. Ces statistiques ont montré que 63 % des taureaux utilisés (taureaux d'IA compris) pour féconder ces vaches étaient issus d'élevages adhérents au HBC. De plus, ces taureaux nés dans des élevages inscrits étaient à l'origine de 72 % des veaux nés de père Charolais.

Station du Marault

La bonne implication des éleveurs dans la réussite du programme « vêlage facile » est un motif de satisfaction. « Véritable travail collectif, il repose sur des accouplements préférentiels entre taureaux favorablement évalués sur le critère de facilité de naissance et vaches qualifiées qui présentent, elles aussi, des niveaux génétiques favorables sur les facilités de naissance et aptitudes au vêlage », a rappelé Jérôme Sagne, directeur du herd-book.
Ainsi, 14 353 vaches ont été pré-repérées pour ce programme. Leurs propriétaires restent, bien entendu, libres de décider du choix du taureau, mais la demande croissante pour des animaux susceptibles d'extérioriser ces qualités incite bien des adhérents à regarder ce programme avec attention. De plus, le choix de spécialiser la station d'évaluation du Marault, dans la Nièvre, sur des animaux ayant ces prédispositions a été favorablement accueilli et va donc être poursuivi.

Source Réussir Bovins Viande Juillet-Août 2010

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