Importations : Embargo sur le boeuf brésilien

Emilie Durand

Depuis novembre, des doutes planent quant à la traçabilité du boeuf brésilien et au contrôle des mouvements de cheptels. A la suite d'inquiétudes formulées notamment par l'Irlande et la Grande-Bretagne, sur le risque de transmission du virus de la fièvre aphteuse aux cheptels européens par de la viande importée, des experts vétérinaires européens se sont déplacés au Brésil pour en savoir plus. Selon la Commission européenne, ils auraient mis en évidence « plusieurs déficiences graves et répétées dans les systèmes de traçabilité et sanitaire ». Le 31 janvier, puisque définitivement, le Brésil ne répondait pas aux attentes sanitaires de l'Europe, malgré sa liste de 2861 fermes sélectionnées par son gouvernement, l'embargo a été appliqué.

Les exportations brésiliennes sont un enjeu économique considérable pour le Brésil qui a exporté vers l'Union européenne l'an dernier quelque 210 000 tonnes de boeuf frais et congelé. (F. d'Alteroche)

Les exportations brésiliennes sont un enjeu économique considérable pour le Brésil qui a exporté vers l'Union européenne l'an dernier quelque 210 000 tonnes de boeuf frais et congelé. (F. d'Alteroche)

Markos Kyprianou, commissaire européen à la Santé précise que selon « des attentes raisonnables » par rapport à l'amélioration de la traçabilité de la viande au Brésil et à l'identification des animaux menés à l'abattoir, il faudrait compter sur seulement 300 exploitations conformes en 2008. Quelques jours plus tard, le ministre brésilien de l'Agriculture, Reinhold Stephanes, reconnaissait certaines « petites failles et erreurs de détails » dans cette longue liste d'exploitations. Pour lui, « l'erreur du Brésil a été d'accepter les mêmes règles sanitaires que celles appliquées à l'Europe. Ces règles ont été créées à cause de la maladie de la vache folle, une maladie que nous n'avons pas ».

Selon Paulo Tavares, porte-parole du ministère de l'Agriculture brésilienne, une nouvelle liste et des rapports techniques sur 683 fermes est déjà prête, liste que Reinhold Stephanes pense ne pas pouvoir être rejetée. La reconnaissance des fermes exportatrices doit entre autres pouvoir s'effectuer grâce à un contrôle aléatoire de vétérinaires européens. « Vous voulez importer de la viande du Brésil ou vous vous cherchez des excuses pour ne pas importer du Brésil ? », a lancé ce dernier lors d'une réunion à la Fédération des industries de Sao Paulo (Fiesp). « Je crois que l'Union européenne veut importer de la viande, que les importateurs européens veulent importer de la viande, que les consommateurs européens veulent de la viande brésilienne, mais que le grand lobby des producteurs européens, fournissant près de 95 % du marché de la viande européenne, ne souhaitent pas voir cette viande, car cela fait baisser leurs prix, puisque leur prix de production est trois fois plus élevé ».

Source Réussir Bovins Viande Mars 2008

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