Interbev s’engage sur l’environnement, la protection animale, la santé et le social

Lise Monteillet

Interbev s’engage sur l’environnement, la protection animale, la santé et le social

Les éleveurs et les professionnels des métiers de la viande ont dévoilé le 28 juin un nouveau « pacte » visant à engager toute la filière dans une démarche de « responsabilité sociétale sur le long terme ».

« C’est par le dialogue que notre filière peut progresser », a tenu à rappeler Dominique Langlois, le président d’Interbev, en ouverture de la convention annuelle réunissant toutes les organisations membres de l’interprofession. Celui-ci invite tous les métiers de sa filière à s’engager sur l’environnement, la protection animale, la nutrition humaine et le social. Objectif : « arriver à une sorte de contrat social ».

Ce nouveau pacte n’est-il qu’une énième opération marketing ? « Notre méthode est encadrée, ce n’est pas du greenwashing », répond Bernard Collin, membre d’Interbev et directeur qualité chez Charal. Pour formaliser sa stratégie, l’interprofession s’appuie sur la norme internationale ISO 26000. « On assume complètement le fait qu’il puisse y avoir des choses à améliorer, ajoute-t-il. Ce pacte n’est pas un aboutissement, c’est un lancement ».

Un état des lieux fin 2016 

La démarche a consisté à réaliser un état des lieux des pratiques existantes, fin 2016. La filière est ainsi déjà engagée dans un programme volontaire de réduction des émissions de gaz à effet de serre, à travers le projet Life Beef Carbon, qui fixe un objectif de diminution de 15 % en 10 ans. En matière de protection animale, des guides de bonnes pratiques existent, les opérateurs dans les abattoirs suivent des formations.

Ces initiatives ne sont pas toujours suffisantes pour rassurer le consommateur qui veut des garanties sur les conditions d’élevage, de transport et d’abattage. La réglementation doit-elle évoluer plus rapidement sur ces questions ? « Il faut être vigilant à ne pas prendre de décisions arbitraires à partir d’idées préconçues » met en garde Fabienne Niger, docteur vétérinaire. Pour cette experte, il faut avant tout « se baser sur des données scientifiques », qui font parfois défaut à l’heure actuelle. Des études sont en cours, par exemple, pour une meilleure identification des signes de perte de conscience à l’abattoir.

« Traiter de la condition animale, cela ne revient pas à interdire au consommateur de manger de la viande », note aussi la vétérinaire. D’ailleurs, pour la diététicienne Patricia Poignet, «on ne consomme pas trop de viande en France en moyenne ». Plus des 2/3 des Français mangent moins de viande que le seuil recommandé de 500g par semaine (hors volaille).

Une filière ouverte à la concertation

Face aux attaques, la filière mise sur la médiation pour renouer le contact avec la société. Une concertation a ainsi vu le jour entre Interbev et quatre ONG de protection de l’environnement. Celle-ci a abouti sur des leviers reconnus par tous pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’élevage allaitant. « Le fait d’aller ensemble sur le terrain a permis de faire sauter les clichés qu’on pouvait avoir les uns sur les autres », raconte Dominique Fayet, éleveur dans le Cantal. « Avant, on se parlait par média interposé. Cette concertation a permis de dialoguer sur des choses concrètes et d’avancer », estime Amandine Lebreton, représentant la Fondation pour la nature et l’homme créée par Nicolas Hulot.

Interbev est prêt à reproduire une telle démarche de concertation sur d’autres sujets, comme sur l’épineuse question du bien-être animal. « Nous avons fait le choix de ne pas aller vers des associations comme L214 qui réclament la disparition pure et simple de l’élevage. Mais nous sommes ouverts aux autres associations welfaristes », souligne Bruno Dufayet.

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