Japon : Les éleveurs de Fukushima en grande détresse

SC avec AFP

Dans la région de Fukushima, les agriculteurs japonais qui habitaient dans un rayon de vingt kilomètres autour de la centrale accidentée ont dû abandonner leurs bêtes. Pour les autres, la situation reste dramatique puisqu'ils ne peuvent plus vendre les produits de leur ferme.

Plus de 10.000 animaux, essentiellement des bovins, ont été abandonnés lorsque le gouvernement a ordonné l'évacuation des 80.000 personnes habitant dans un rayon de 20 km autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Des animaux qui se retrouvent privés d'eau et de nourriture.

Malgré les risques radioactifs, des fermiers retournent dans la zone interdite pour tenter de sauver leur bétail affamé. Hiruta, éleveur, possédait 130 vaches Holstein dans le village de Naraha, à 14 km de la centrale. « Lorsque je pénètre dans l'étable, les vaches se mettent à meugler. Ça ressemble à un appel désespéré à l'aide. Il faut les entendre pour comprendre », témoigne-t-il.

Les autorités font preuve de compréhension avec les fermiers désobéissants mais les préviennent des risques pour leur santé. Ikeda ainsi été exposé à un taux de radiation cinq fois supérieur à la normal lorsqu'il est retourné pour quelques heures dans sa ferme située à cinq kilomètres seulement des installations nucléaires.

« C'est à la Tepco de nous indemniser »

Autour de cette zone, les agriculteurs continuent de s'occuper de leurs bêtes, mais sans espoir puisque le lait et la viande sont interdits à la vente en raison des fuites radioactives provenant des centrales nucléaires.

Dans l'immédiat, les agriculteurs ne savent comment ils seront dédommagés par Tepco, l'exploitant de la centrale, qui n'a jusqu'à présent versé des « compensations de consolation » de 20 millions de yens (240.000 dollars) qu'à neuf communes de Fukushima. « L'incertitude pourrait durer encore des semaines, mais elle commence à devenir insupportable », prévient Ikeda. Au syndicat de l'industrie laitière de Fukushima, les dirigeants se battent pour la survie de la profession. « C'est à la Tepco de nous indemniser » estime aussi Tadanori Tadano, le président et producteur de lait.

Cette situation est un véritable drame dans cette région verdoyante de la préfecture de Fukushima, à environ 250 km au nord-est de Tokyo, réputée pour la qualité de sa viande de boeuf et de son lait.



Publié par SC avec AFP

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