L'avoine diploïde : Un couvert sud-américain qui se fait sa place en France en interculture ou récolte d'été

Sophie Bourgeois

Avena strigosa est une culture intermédiaire qui, par rapport à l'avoine classique, présente une exceptionnelle résistance à la rouille et une très grande rapidité d'implantation.

Avena strigosa, du point de vue botanique, ressemble davantage à une folle avoine qu'à une
avoine cultivée. Les variétés d'avoine classiques, Avena sativa, sont hexaploïdes, alors qu'elle
est diploïde. Cette plante est très couramment utilisée au Brésil et au Chili pour la couverture
du sol dans le cadre de techniques culturales simplifiées et est distribuée en France depuis
quelques années. Panam France importe Luxurial, d'origine chilienne, Agrileader distribue
Evergreen, d'origine brésilienne, et Jouffray-Drillaud propose Protec' sol.

Protec'sol est commercialisée par Jouffray-Drillaud en mélange, par exemple ici avec une vesce velue. ((Jouffray Drillaud)

Protec'sol est commercialisée par Jouffray-Drillaud en mélange, par exemple ici avec une vesce velue. ((Jouffray Drillaud)

Un effet allélopathique

« Nous avons travaillé à partir de populations brésiliennes qui peuvent présenter des
comportements assez variables. Notre travail a consisté à assurer une homogénéisation.
Protec'sol représente la première génération de cette sélection, qui se poursuit », explique
Denis David, directeur marketing chez Jouffray-Drillaud.
L'avoine diploïde, en culture pure, se sème à 30-35 kilos par hectare et se développe très
rapidement, assurant la formation d'une biomasse importante en six à huit semaines même
en conditions difficiles. « L'avoine diploïde a la réputation de limiter le développement des
nématodes, et d'avoir un effet allélopathique », explique Jean-Claude Neveu de Panam
France. C'est-à-dire qu'en sa présence, le développement d'autres plantes est inhibé et
qu'elle laisse des sols propres.
Une exploitation en fauche ou pâture est possible au bout de six semaines environ. Jérémy
Coulais, de la chambre d'agriculture de Vendée, a observé Evergreen chez des adhérents
du Geda de la région Est Colline Deux Lays. « Elle fournit un fourrage intéressant en
association avec du trèfle d'Alexandrie en semis de juin, par exemple juste derrière un
méteil. Elle peut fournir jusqu'à 4 à 6 tMS faciles à récolter ». Elle peut aussi être implantée
juste après une céréale.


Evergreen ici mélangée à un trèfle d'Alexandrie fin juin, deux à trois semaines après le semis. (CA Vendée)

Evergreen ici mélangée à un trèfle d'Alexandrie fin juin, deux à trois semaines après le semis. (CA Vendée)

 

Source Réussir Bovins Viande Juillet-Août 2008

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires