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GDS 23

13/03/12
Creuse - Bovins viande

L’eau d’abreuvement : un impact sanitaire à investiguer

L’eau en élevage : un abreuvement correct de ses animaux, en respectant leurs besoins quantitatifs et qualitatifs afin d’optimiser les résultats zootechniques, représente une base de la gestion sanitaire de son troupeau.

L’eau constitue un élément essentiel pour la vie. C’est également un vecteur bien connu pour la transmission des maladies. Pasteur disait que “ nous buvons 90% de nos maladies ”. La gestion adéquate de son troupeau nécessite donc un suivi soigné de l’approvisionnement en eau de son troupeau tant en matière de quantité que de qualité.

De l’eau en quantité pour tous, sans oublier les veaux dès leur plus jeune âge !

Un bovin adulte consomme de 50 à 100 litres d’eau par jour en fonction du type d’alimentation, des conditions météorologiques, du niveau de production…, un veau entre 5 et 15 l. Le lait maternel ne suffit donc pas à ce dernier pour répondre à ses besoins. Un veau qui n’a pas d’eau à disposition dès la naissance voit son risque d’être atteint par une diarrhée néonatale multiplié par 5 ! Sa croissance est diminuée. Chez l’adulte, un sous-abreuvement aura des conséquences diverses : chute de la consommation alimentaire, diminution de la production, déshydratation, intolérance à la chaleur. Il sera donc vérifié que tous les animaux, même les plus jeunes, ont à disposition des points d’eau, en nombre suffisant, accessibles par tous et présentant un débit adéquat pour répondre aux besoins en volume.


Une eau de mauvaise qualité : un facteur de risque sanitaire

L’abreuvement des animaux d’élevage par une eau contaminée présente un risque pour leur santé et la valeur sanitaire de leurs produits. Cet élément est régulièrement sous-estimé et souvent difficile à apprécier. La qualité de l’eau se définit grâce à cinq paramètres : odeur et goût, propriétés physiques, contamination microbienne, teneur en composés chimiques et teneur en composés toxiques. Un certain nombre d’agents pathogènes (salmonelles, leptospires ou autres cryptosporidies) peut être véhiculé par l’eau d’abreuvement. Une eau de mauvaise qualité sera donc considérée comme un facteur de risque. Constater une anomalie de la qualité de l’eau n’implique pas systématiquement que les troubles observés soient liés à cette anomalie. Cependant, par exemple, une eau présentant en grande quantité des coliformes ou streptocoques fécaux implique un risque de présence de salmonelles ou de Listeria.

Un contrôle à effectuer lors d’épisode pathologique et pour toute eau d’origine « privée »

L’alimentation en eau des animaux peut se réaliser à partir du réseau public d’eau mais, aussi très souvent, par une ressource individuelle spécifique à l’élevage : source, puits, forage, mare, étang, rivière… Afin de prévenir les risques zootechniques et sanitaires et du fait des variations pouvant intervenir dans l’environnement, ces eaux nécessitent des analyses régulières (minimum tous les deux ans). Les analyses d’eau se feront préférentiellement en période hivernale. De même, des recherches seront pratiquées de manière ponctuelle lors de tout épisode pathologique survenant dans l’élevage si l’on ne dispose pas de résultats récents.


Un « kit analyse d’eau » fourni par le LDA avec le soutien du Conseil Général, un prélèvement à soigner

Un « kit analyse d’eau » (flacon stérile pour recherches bactériologique, flacon pour paramètres physicochimiques et fiche de renseignements) est fourni par le LDA d’Ajain avec le soutien du Conseil Général. Il est disponible au LDA, à GDS Creuse, chez votre vétérinaire. Le prélèvement se réalise à un robinet le plus distant de la source. Le robinet est d’abord nettoyé. Puis, on laisse s’écouler l’eau pendant plusieurs minutes afin de bien purger les canalisations. Après fermeture, le robinet est désinfecté avec un contact d’une minute minimum avec le désinfectant. Il est laissé couler de l’eau une nouvelle fois et le prélèvement dans le flacon stérile est alors effectué. Le flacon n’est pas totalement rempli, il est laissé un volume d’air d’environ 1/10ème du volume du flacon. Après identification, les échantillons ainsi prélevés sont acheminés rapidement au LDA (dans la journée). Le coût du pool d’analyses bactériologiques et de paramètres physicochimiques proposé est de 66,91 € HT.


Une interprétation des résultats par GDS Creuse

Des paramètres et des normes ont été édictés pour l’eau potable, puis transposés pour l’eau de boisson des bovins (voir tableau). Cependant, il est nécessaire de faire le lien entre limite dangereuse pour l’animal, signes cliniques et baisse de performances. Le rapport coliformes fécaux/streptocoques fécaux donne une indication sur l’origine humaine ou animale de la contamination, élevé (>5), on peut penser à une origine humaine, faible (<0,7), cela oriente vers une contamination animale.

Un inventaire des solutions possibles...

Si les analyses montrent une contamination bactériologique, dans un 1er temps, on cherchera à protéger la source d’approvisionnement. La contamination des puits par les eaux de ruissellement (eaux de surface) s’avère une situation souvent rencontrée. Pour limiter ce phénomène, il suffit de rehausser le puits de captage, s’assurer de l’étanchéité des joints sur plusieurs mètres (au moins trois mètres) et mettre un couvercle étanche pour empêcher la pénétration de corps étrangers. Dans le cas d’un puits, il sera ensuite vidangé, nettoyé et désinfecté.


… la chloration continue en dernier ressort avec l’appui de Farago Creuse

Si la contamination perdure, après mise en place des mesures sanitaires spécifiques à chaque situation, une chloration avec utilisation d’une pompe à chlore sera alors nécessaire. Farago Creuse, épaulée par des entreprises spécialisées, met à disposition des techniciens qualifiés afin de proposer un système adapté.

De l’eau en quantité et de qualité pour tous les animaux dès le plus jeune âge

L’eau, aliment indispensable, véhicule de nutriments et de bio-agresseurs doit être distribuée en quantité suffisante et de qualité adéquate à tous les animaux et, ce, dès le plus jeune âge. L’évolution des productions et des normes sanitaires requises nécessite une attention encore plus étroite.


Dr Didier GUERIN
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