L’écornage des veaux. Une technique de plus en plus utilisée

Dr Didier GUERIN / Aurélien LEGRAND

L’écornage des veaux. Une technique de plus en plus utilisée

Pour différentes raisons d’ordre réglementaire ou de gestion du troupeau, l’écornage des veaux se développe. Il bénéficie d’améliorations permettant une pratique facile et fiable à condition d’intervenir précocement et avec méthode.

Les méthodes actuelles d’élevage liées à l’utilisation des cornadis, des stabulations libres, des râteliers en plein-air… conduisent à intégrer la pratique de l’écornage systématique dans la plupart des troupeaux. Le bien-être des animaux et une efficacité de l’écornage demandent une connaissance des bases physiologiques et de la méthodologie de l’écornage.

Un écornage des veaux à réaliser avant l’âge de 4 semaines

Un certain nombre de pratiques issues du passé sont aujourd’hui, à proscrire absolument. C’est tout particulièrement le cas de la volonté d’énucléation du cornillon. L’écornage doit être idéalement réalisé avant que le cornillon ne soit sorti, c’est-à-dire avant 6 semaines ou même 4 semaines pour des raisons réglementaires. Deux motifs essentiels sont à prendre en considération. D’une part, plus on attend, plus les cornes poussent et plus le veau devient difficile à contenir et le travail contraignant à effectuer. D’autre part, le stress est très limité avant l’âge d’un mois avec tous les impacts positifs que cela peut avoir en matière de bien-être de l’animal et par voie de conséquence, en matière de croissance. L’écornage peut intervenir dans les premiers jours de vie sans problématique particulière s’il est effectué avec méthode. L’écornage des veaux se réalise par voie chimique ou thermique. Il nécessite une bonne contention (cage de contention veau avec système anti-recul et anneau pour tenue de la tête) et une tonte de la zone.

Un écornage chimique douloureux qui demande attention et minutie

L’écornage chimique présente un réel danger pour l’opérateur et les animaux. De plus les démangeaisons provoquées par le produit incitent les veaux à se frotter les uns aux autres ou sur leur mère, ce qui peut provoquer des brûlures. Cela implique de réserver, cette méthode aux veaux en stabulation fermée, de séparer les animaux pour limiter le risque de léchage ou de tétée, de porter des gants et d’appliquer la pâte ou le crayon uniquement sur le cornillon. Sont disponibles le crayon caustique et la pâte à écorner, à base de soude. Elle s’applique en fine couche à l’aide du doigtier fourni, sur une surface de 3 centimètres autour de l’emplacement des cornes, zone où l’on aura préalablement coupé les poils pour des raisons d’efficacité et d’hygiène. Il se forme une pellicule très adhérente. L’escarre sèche qui fait suite tombe en 15 à 20 jours. La formation de cette escarre sèche de bonne qualité demande à ce que le veau se trouve dans un bâtiment bien ventilé. Dans le cas contraire (humidité persistante trop importante), il va se former une escarre humide avec tous les risques de complications infectieuses que cela engendre. Pour l’écornage chimique, quel que soit l’âge du veau, une administration d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) est nécessaire pour gérer la douleur engendrée. Contrairement à la perception que l’on peut en avoir, l’écornage chimique s’avère plus douloureux pour le veau que l’écornage thermique.

Une anesthésie au-delà de 4 semaines, après 6 semaines attendre l’écornage adulte

Au-delà de 4 semaines d'âge, afin de respecter le bien-être de l’animal et pour respecter la réglementation, une anesthésie locale ou une tranquillisation est nécessaire. Pour l'anesthésie locale, le lieu d'injection se situe dans la fosse temporale (à égale distance de l’angle externe de l'œil et de la base de la corne, à 1 cm au-dessous du bord arrondi du frontal et à 6-10 mm de profondeur). Au delà de 6 semaines, l’écornage sur le veau n’est plus réalisable car trop traumatique, il sera donc nécessaire d’attendre l’âge adulte pour écorner. L’écornage se pratique alors sur des animaux âgés de plus de 24 mois. Il faut en effet attendre que la corne ait réellement poussé. L’écornage se réalise avec une écorneuse hydraulique. Pour effectuer cette opération, une anesthésie locale est à pratiquer par l’éleveur. Un garrot permettant l’hémostase est à poser et à retirer entre 6 et 12 heures plus tard. L’anesthésique local est obtenu par l’éleveur auprès de son vétérinaire avec une délivrance sur ordonnance dans le cadre du protocole de soins. Son utilisation sera notée sur le carnet sanitaire.

Un appui technique, une large gamme de produits et de services proposée par Farago Creuse

L’écornage des veaux devient de plus en plus incontournable. Les techniques évoluent et permettent une adaptation aux élevages en fonction des nouveaux besoins. La fiche « Ecornage des veaux » vous présente les 5 étapes avec les principes à respecter pour une bonne réalisation. Cette fiche est disponible à Farago Creuse ou sur le site www.faragocreuse.fr. Les techniciens qualifiés et expérimentés de Farago Creuse (environ 900 écornages veaux réalisés par an) sont à votre disposition pour vous informer et vous conseiller sur la pratique de l’écornage des veaux au sein de votre élevage. Ils peuvent vous proposer le service « écornage veaux » avec des passages pouvant être programmés toutes les 3 semaines ou le « kit écornage » avec cage de contention veau, tondeuse, écorneur et bombe désinfectante. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter.

L’écornage des veaux. Une technique de plus en plus utilisée

Réussir l’écornage thermique des veaux Une opération en 5 étapes

Cage de contention, tondeuse, écorneur à gaz thermique ou électrique et bombe désinfectante sont les éléments nécessaires pour un écornage thermique réussi. Intervenir sur des veaux jeunes (avant 4 semaines) facilite la contention, limite le stress, et permet de ne pas mutiler la table osseuse profonde.

1- Immobiliser parfaitement le veau

L’écornage sera rapide et bien réalisé si la tête du veau est parfaitement immobilisée. Une contention adaptée demande une tête de contention autobloquante, une barre antirecul et un anneau pour la tenue de la tête. Les cages de contention veau ainsi équipées permettent à une personne seule de manipuler rapidement le veau et effectuer un écornage précis, rapide et fiable.

2- Tondre la zone

Une tonte préalable (avec une petite tondeuse) dégage la zone pour situer l’emplacement des bourgeons dont la localisation est plus ou moins aisée selon les races. La tonte de la zone va permettre de visualiser dans tous les cas et dès le 1er jour de vie le bourgeon cornual. Elle limite aussi la présence de poils provoquant parfois la contamination de la plaie engendrée par l’écornage.

3- Cautériser, et pas plus

L’écornage consiste à couper l’alimentation des veines périphériques qui alimentent le cornillon. Privé d’irrigation, ce dernier ne poussera plus. Pour un écornage rapide (moins de 10 secondes), la température de l’écorneur doit être élevée (plus de 650 °C). La calcination du bourgeon, voire son énucléation sont inutiles et très traumatisantes, donc à proscrire. Intervenir sur des veaux jeunes (de 1 jour à 1 mois) facilite la contention, l’écornage et limite le stress. Les veaux ainsi écornés le montrent eux-mêmes en allant parfois téter immédiatement après l’écornage.

4- Vérifier le cercle de cautérisation

Les repousses partielles de cornes sont souvent la conséquence d’un travail imparfait. Soit parce que l’écornage a été réalisé trop tard, le diamètre de l’embout du cautérisateur était insuffisant et n’a pas détruit tous les tissus périphériques ; soit parce que la cautérisation n’a pas concerné la totalité des veines. Il est donc impératif de vérifier que le cercle de cautérisation autour du cornillon est parfaitement continu. C’est le point essentiel d’un d’écornage thermique réussi.

5- Désinfecter sans faute

La pulvérisation d’un spray désinfectant présente deux objectifs : éviter les infections par l’action désinfectante et limiter l’inflammation locale par l’action refroidissante du spray. Pour une cicatrisation dans les meilleures conditions, le respect des mesures sanitaires de base : propreté, ventilation des bâtiments d’élevage… est indispensable.

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