L’élevage allemand impacté par le développement des méthaniseurs

François d'Alteroche - Réussir Bovins Viande Novembre 2012

L’élevage allemand impacté par  le développement des méthaniseurs
Les digesteurs sont plus particulièrement installés dans les zones d’élevage bovin, au Nord-Ouest et au Sud-Est du pays. © L. Vimond

En Allemagne, le développement de la production de biogaz a un impact sur l’utilisation des surfaces en maïs ensilage et a réduit la part des surfaces en herbe.

1050 installations pour produire du biogaz en 2000, 5 905 en 2010 et près de 7 500 cette année. En Allemagne, le développement des unités productrices de biogaz a été exponentiel ces dix dernières années.

Un revenu significatif et sécurisé

Ce phénomène est lié à la loi sur les énergies renouvelables qui vise à faire passer à 20 % la part de ces énergies dans l’approvisionnement des foyers allemands à l’horizon 2020. « Cette loi prévoit le rachat de l’électricité produite à un tarif garanti, pour une période de 20 ans et accorde des bonus sur le prix de rachat du kWh pour l’utilisation de maïs ensilage dans le substrat de digestion », explique l’Institut de l’élevage dans un récent document consacré à la filière laitière chez nos voisins d’outre-Rhin.
La multiplication de ces unités de production de biogaz se traduit par des besoins en ensilage de maïs nettement accrus. Cette diversification de l’activité des exploitations vers la production d’énergie permet d’apporter un complément de revenu significatif et surtout sécurisé, grâce au prix d’achat contractualisé de l’électricité qui en résulte.
Mais ce qui est un atout pour conforter l’indépendance énergétique du pays a  un impact croissant sur son agriculture. Utiliser une part croissante du maïs cultivé pour produire de l’électricité constitue évidemment un frein pour le développement des autres productions, qu’il s’agisse de lait ou de viande bovine.

Un impact sur le prix et l’utilisation du foncier

Actuellement en Allemagne, plus de 850 000 hectares de maïs ensilage partent directement dans les digesteurs, soit 40 % des surfaces utilisées pour cette culture, ce qui n’est pas non plus sans répercussion sur le prix du foncier. « En Basse Saxe, 30 % des fermes ont vu leur loyer augmenter d’un tiers, soit 100 euros en plus par hectare et par an. Dans certaines zones où le biogaz se développe très vite, on entend parfois parler de fermages de plus de 1 000 euros par hectare et de prix à l’achat dépassant les 30 000 euros par hectare. D’autres calculs ont montré que, selon les systèmes de production, le prix d’intérêt du lait pour être rentable par rapport au biogaz pouvait atteindre 370 euros la tonne », précise l’Institut.
De même, pour l’utilisation du foncier. Les surfaces en herbe ont été les premières victimes. Plus de 300 000 hectares de prairies ont été retournées au profit du maïs depuis 2004 avec les impacts en matière de pollution, d’émission de gaz à effet de serre et de banalisation du paysage rural.

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