L’enrubannage précoce permet d’engraisser des jeunes bovins

Sophie Bourgeois - Réussir Bovins Viande Mars 2013

L’enrubannage précoce permet d’engraisser  des jeunes bovins
Aucun effet de l’enrubannage n’a été constaté sur la couleur des carcasses. © Arvalis Institut du Végétal

À Arvalis Institut du Végétal, des rations à base d’enrubannage de fétuque ont permis aux jeunes bovins charolais de réaliser des croissances de 1 600 g, en produisant des carcasses répondant à la demande du marché.

À Jeu les Bois dans l’Indre, la commission technique engraissement de la ferme des Bordes, regroupant les partenaires de la ferme, Arvalis Institut du Végétal et quatre chambres d’agriculture (OIER des Bordes) a expérimenté deux types de rations à base d’enrubannage de fétuque. Cet essai a été mené pour apporter des réponses à des naisseurs localisés dans des zones intermédiaires et herbagères à faible potentiel céréalier, et n’ayant pas franchi le pas de l’engraissement.
« Dans le premier cas, l’enrubannage est distribué à volonté jusqu’à mi-engraissement (540 kg de poids vif), puis les jeunes bovins passent en ration sèche à base de blé et foin. Dans le second cas, l’enrubannage à volonté constitue la ration de base durant tout l’engraissement, mais la ration est enrichie en céréales sur sa seconde moitié », explique Matthieu Couffignal d’Arvalis Institut du Végétal (voir tableau). Le régime témoin est une ration sèche à base de blé à volonté. Il s’agissait ici de vérifier si l’enrubannage d’herbe permet de construire des rations simples suffisamment den-  ses en énergie, pour bien finir les animaux tout en sécurisant au maximum la ration. D’autre part, il s’agissait de répondre aux questions sur la couleur de la viande et du gras afin de s’adapter aux exigences du marché.

De l’enrubannage de fétuque élevée récoltée avant épiaison

Les essais ont été conduits pendant deux campagnes sur des broutards charolais de 340 à 380 kilos, vifs, issus de la ferme expérimentale ou d’autres élevages. Ils ont été abattus autour de 720 kilos vifs pour des carcasses de 420 kilos. L’enrubannage de fétuque élevée utilisé pour ces essais a été récolté le 5 ou le 15 mai. Le stade de récolte – autour de 750°Cj – est primordial afin de garantir une valeur énergétique optimale. Une matière sèche élevée, ici 60 % de MS, joue sur la digestibilité. « Il apportait 0,75 UFV/kg MS en moyenne, sachant que nous avons obtenu jusqu’à 0,80 UFV/kg MS. Le fourrage présente une très bonne ingestibilité », explique Matthieu Couffignal. L’enrubannage était distribué à volonté à l’auge, et le concentré, l’était pour moitié le matin et moitié le soir.

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Des performances similaires autour de 1600 g de GMQ

De bonnes performances ont été atteintes avec l’enrubannage dans les deux traitements étudiés ici. Aucune différence significative de performances zootechniques et d’abattage n’a été observée entre les différents régimes et les deux campagnes. Les GMQ ont varié de 1550 à 1620 g de GMQ. L’indice de consommation s’est révélé légèrement moins bon dans le cas du régime « enrubannage durant tout l’engraissement » que dans celui du régime « enrubannage puis ration sèche » (9,22 contre 8,61 kg MS ingérés par kilo de gain de poids vif). Les animaux n’ont présenté aucun problème sanitaire particulier.
D’autre part aucun effet n’a été constaté sur la couleur des carcasses qui s’est révélée conforme à la demande du marché.
« Ces régimes sont particulièrement adaptés à des naisseurs qui envisagent d’engraisser leurs mâles en valorisant des aliments disponibles sur leur exploitation. Utiliser de l’enrubannage d’herbe en engraissement permet d’économiser, par rapport à une ration sèche, environ 500 kilos de blé par jeune bovin et 50 kg de tourteaux. »

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