L’impact direct du pâturage tournant dynamique sur la production

Renaud. Saint-André

L’association de producteurs organise une journée sur le pâturage tournant dynamique, ouverte à tous et en partenariat avec Innov-éco2.

Le principe : une rotation rapide des parcelles. Et selon Gilles Malvesin, directeur d’Elvea 15 - 63 - 43, le pâturage tournant dynamique favorise l’engraissement. Voilà pourquoi l’association d’éleveurs a choisi de communiquer sur le thème, à travers une journée technique qui se déroulera sur deux exploitations qui ont mis en place la pratique, au Gaec Champeix dans le Puy-de-Dôme et au Gaec Delouvrier à Lafeuillade, dans le canton de Montsalvy (voir ci-dessous). Ils ne sont naturellement pas les seuls à opérer une rotation rapide des prairies. À Lacan de Mourjou, dans le canton de Maurs, Benoît Espeysse l’expérimente avec bonheur, en tirant les premiers bénéfices. Il a constitué des lots et mis en place les paddocks fin février, suite à une formation organisée l’hiver dernier(1). 

Rapidement, il s’enthousiasme pour le pâturage dynamique tournant : “J’avais envie d’optimiser mes parcelles et ma production tout en diminuant mes charges et mon temps de travail. Le principe répond à l’ensemble de ces critères”, estime l’éleveur.  Avant de faire entrer 27 vaches et 27 veaux de 6 mois, un premier lot de génisses a permis de caler les paddocks en fonction du rythme de pousse de l’herbe choisi. “Le stade de rentrée est de trois feuilles, environ 14 centimètres”, témoigne Benoît Espeysse. “Le temps de présence est de deux jours maximum par paddock, sinon l’herbe trop pâturée pénalise la repousse. Soit une rotation complète sur 22 jours, avec un chargement idéal de 4,5 UBG(2) par hectare, et toujours de l’herbe appétante, sans refus, et le rumex(3) n’a pas le temps de se développer.”

La qualité de la prairie

L’éleveur de Mourjou constate davantage de légumineuses, des plantes qui repartent plus vite et une moindre consommation de sel et minéraux. Il voit en la méthode un avantage économique important : sous condition d’une gestion rigoureuse du pâturage, les mères produisent un lait suffisamment riche qui permet de se dispenser de la complémentation des veaux. Un atout particulièrement important pour lui qui élève en bio et pour lequel le coût de l’aliment s’avère particulièrement élevé.  Parallèlement, les animaux repus s’avèrent plus calmes et plus lourds. Des éleveurs qui ont expérimenté le pâturage tournant dynamique ont par exemple constaté un gain de poids de l’ordre de 60 à 70 kg sur des génisses de 18 mois, par rapport à la même période avant l’expérimentation. Quant au gain de temps, il se mesure au moment de passer d’un paddock à l’autre, simplement en ouvrant une clé, refermée derrière le passage des lots, sans avoir à déplacer ni fil ni piquet...

Tirer les enseignements

Autant d’avantages qui seront développés lors de la journée technique programmée par Elvea, ouverte à tous (adhérents ou non) et au cours de laquelle Mathieu Bessières apportera tous les éléments théoriques, en s’appuyant sur Innov-éco2 spécialiste en conseil sur les innovations agro-écologiques.  En outre, une nouvelle session de formation sera proposée avant la fin de l’année, avec Stéphane Four pour référent, qui s’engage à suivre les exploitations qui adopteront à leur tour le pâturage tournant dynamique, mesurant notamment la pousse de l’herbe sans intrants et le gain moyen quotidien des broutards.

(1) Sur les huit éleveurs qui y avaient participé, cinq l’ont mis en place.  (2) Unité de gros bétail. (3) Mauvaise herbe vivace, redoutée.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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