La course des skippers éleveurs !

Jean-Philippe Bouin

Mickaël Trichet a revêtu le costume du capitaine du bateau des éleveurs des Pays de la Loire pour donner le cap à suivre au ministre de l’Agriculture.
Mickaël Trichet a revêtu le costume du capitaine du bateau des éleveurs des Pays de la Loire pour donner le cap à suivre au ministre de l’Agriculture.

Mercredi dernier, alors que le ministre s’installait dans la salle du centre des congrès des Atlantes aux Sables d'Olonne, Mickaël Trichet, intervenant au titre de la région Pays de la Loire, débutait son tour du monde de l’élevage viande bovine.

«Laissez-moi vous présentez notre bateau d’éleveurs ligériens », introduit l’éleveur de Ligné, Mickaël Trichet. Son bateau possède de nombreux atouts. Les Pays de la Loire sont en effet la première région française en tonnage de viande bovine produite et en abattage de viande bovine. « Les skippers tiennent la barre. Ils sont déterminés à conserver une longueur d’avance en conservant ici une terre d’élevage. L’élevage est la richesse des Pays de la Loire, grâce à sa production et grâce à ses entreprises d’abattage et de transformation. Ce sont des atouts pour notre course ». Mais voilà, après des vents porteurs début 2013, avec « une voile d’organisation dans la filière, une voile de restructuration de nos outils économiques, une grande voile d’export en plus », depuis, le ministre pilote un sous marin avec lequel il « prend plaisir à nous torpiller ». Pour le vice-président de la FNSEA 44, les armes du ministre sont identifiées. « D’abord un obus de contraintes environnementales et de normes en tout genre ! Touchés, nous essayons malgré tout de colmater les brèches autour du 5e programme de la directive nitrates. Nous sortons d’une grande manifestation régionale à Nantes pour dire Stop. Stop à ce sous marin de normes pour laisser notre bateau remporter des étapes ». Et puis sur le sujet de la PAC, pour Mickaël Trichet, le ministre sort un second obus. Sa déclinaison française de la PAC. « Nous avons alerté ! Nous avons calculé ! Nous avons démontré ! Nous avons même crié ! Et ce que nous avons toujours dit dans la région est en train de se vérifier. Contrairement à ce que le ministre a toujours affirmé, cette réforme de la PAC ne profite pas aux éleveurs ligériens. Notre monocoque est fortement touché. Le skipper engraissement est mal en point. Il est pourtant essentiel dans la course. Mais en lui enlevant une partie de son gilet de sauvetage de DPU pour le donner à d’autres restés à terre, il va couler ! » Et comme si cela ne suffisait pas, Le Foll, tel « un pirate sans vision et au milieu des 40e rugissant abandonne la course. Il attaque sur le statut et ne reconnaît pas les associés actifs. Pire, il plafonne l’aide à 40 vaches ne se souciant pas du montant au-delà des 40e. Nous allons sombrer si aucun mécanisme n’est trouvé pour limiter l’écart entre les 40 premières vaches et les suivantes, quitte à augmenter légèrement le seuil d’accès à cette aide. » Le ton est donné, mais le représentant de la région Pays de la Loire ne désarme pas. « La course du Vendée Globe se déroule en solitaire. Pour nous c’est une course en collectif. Nous ne gagnerons notre course qu’avec de la volonté et de la passion – nous les avons – des voiles de filières et interprofessionnelles parfaitement montées – nous l’espérons – l’absence de pirates des différentes administrations – nous les coulerons – et avec une coque solide faite d’un syndicalisme regroupé au sein de la FNB et de la FNSEA ».

Le ministre n’apprécie pas

La réponse ne s’est pas fait attendre. Et pourtant Pierre Chevalier, le président de la FNB, avait renchéri reprenant l’exemple de l’exploitation de Lionel Gréau rencontré la veille de l’ouverture du congrès. « Moi j’ai un périscope de sortie. Je ne suis ni un pirate, ni un magicien. » Stéphane Le Foll est en colère. Mais les réponses tardent. « Je ne suis pas là pour charger la barque, ni le monocoque des éleveurs ». Il sait que des éleveurs vont être pénalisés par la convergence. « Je suis là pour trouver des meilleurs compromis. Je sais que les difficultés existent dans cette filière ». À travers un discours ponctué de très nombreuses interpellations de la salle, le ministre avance l’outil export. Il veut renforcer une cellule export interministérielle et miser sur le réseau des conseillers agricoles dans les ambassades. « Cette cellule export sera mise en place et sera opérationnelle avant le salon de l’agriculture » explique-t-il. De plus, la semaine prochaine, un logo viande de France sera présenté pour donner une visibilité sur la production française ; logo accompagné de la phrase né, élevé et abattu en France. En matière de PAC, le ministre prévient « je m’inscris en faux avec les chiffres annoncés. Sur les 40 premières vaches c’est 200 €. Le reste, on en discutera ! Jamais il n’a été écrit 60 €. Au-delà la discussion va porter autour des spécialisés. 60 € c’est faux. Ce sera donc plus ». Dont acte, les congressistes attendent donc désormais les chiffres réels censés donner à cette PAC l’orientation élevage annoncé par le président de la République à Cournon.

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