La criée ragaillardit le marché au bétail de Sancoins

François d'Alteroche - Réussir Bovins Viande Février 2013

La criée ragaillardit le marché au bétail de Sancoins
Le marché à la criée bénéficie des belles installations du Parc des Grivelles. Inauguré en juillet 1974, ce marché a connu ses heures de gloire au début des années 80 avec alors, jusqu’à 600 000 têtes par an, toutes espèces et âges confondus. © F. d'Alteroche

La mise en place d’un marché à la criée au Parc des Grivelles apporte une nouvelle dynamique au marché de Sancoins et incite des éleveurs à revenir avec des animaux.

Aux confins du Cher, de l’Allier et de la Nièvre, la petite ville de Sancoins a longtemps vécu chaque mercredi au rythme de son marché aux bestiaux. Tant que les apports étaient conséquents, ils constituaient une source de revenus importante pour cette cité berrichonne, avec en plus de nombreuses retombées pour les commerces locaux. Mais après avoir été le théâtre de sévères impayés, le Parc des Grivelles a progressivement perdu de sa réputation tandis que les apports fondaient comme neige au soleil. Devenu ces dernières années lieu de transit pour des bovins de second ou troisième choix, il tendait à être déserté par les éleveurs locaux. Le Parc des Grivelles n’était pas encore mort, mais gravement malade.

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Sur le cadran, les éleveurs peuvent suivre l’évolution des enchères et analyser les tarifs selon les caractéristiques du lot mis en vente. © F. d'Alteroche

Mise en service le 9 novembre 2011 pour les bovins

Il devenait urgent de faire quelque chose pour éviter sa fermeture et la réaffectation de ses très belles et fonctionnelles installations à d’autres usages que le commerce du bétail.
« Nous avons créé en 2007 une association des utilisateurs du marché avec l’objectif de faire évoluer son mode de fonctionnement. Notre volonté était surtout d’y intégrer les deux volets sécurité et rapidité de paiement puisque ce sont eux qui ont d’évidence contribué à faire le succès des différents marchés au cadran mis en place ces dernières années », explique Clément Boubal, éleveur dans le Cher et désormais président de la SA des Grivelles, la société en charge de la gestion du marché.
Après différentes visites et de nombreuses concertations avec les négociants, cette idée de marché à la criée a progressivement vu le jour. Elle s’est concrétisée par un investissement de 355 000 € dont 150 000 € pour le volet informatique/ comptabilité, 109 000 € pour les barrières et 46 000 € pour les bascules. « On s’est inspiré des marchés au cadran, des marchés à la criée au poisson et également de certains aspects vus sur des marchés en Grande-Bretagne. » Le patient travail de mise en place du projet a été réalisé avec l’appui de la chambre d’agriculture et de son président Hubert de Ganay. La nouvelle formule a été mise en service le 9 novembre 2011 pour les bovins, puis le 18 septembre 2012 pour les ovins.
« Ce sont les acheteurs qui se déplacent le long des parcs où sont présentés les animaux et non les animaux qui sont déplacés vers un ring autour duquel ont pris place leurs futurs acquéreurs. Cela permet d’aller assez vite pour les ventes. Entre 25 et 30 secondes par lot », explique Olivier Combette, président du comité élevage à la chambre d’agriculture du Cher.

Les éleveurs reviennent et 57 000 animaux sont espérés en 2013

Ce fonctionnement satisfait les négociants. « On est au plus près des animaux pour apprécier leurs qualités et leurs éventuels défauts. On peut aussi facilement discuter entre nous quand la vente concerne des lots qui ne nous intéressent guère », confirme Gérard Poyer, président de la Fédération des commerçants.
« En ce début 2013, nous sommes sur la base de 550 bovins et 650 ovins par marché avec selon les évolutions de la conjoncture une moyenne de 15 % d’invendus », précise Clément Boubal.
L’objectif de faire revenir à Sancoins les éleveurs et de bons lots de broutards ou de vaches de réforme commence à être atteint. « Nous avons mi-janvier 310 adhérents. Pour 2013, nous tablons sur un total de 57 000 têtes réparties grosso modo entre 17 500 broutards, 12 500 gros bovins d’embouche, 12 500 gros bovins finis et 15 000 ovins », ajoute Sylvain Bleubar, responsable du service élevage à la chambre d’agriculture.
Venir sur le marché en apportant des animaux favorise les discussions entre éleveurs et négociants. Cela permet de mieux être au courant des évolutions de tendance pour la viande et le maigre. « Cela permet aussi de comparer notre lot avec ceux des parcs voisins en analysant quelles sont les catégories privilégiées par les acheteurs avec surtout un prix de vente affiché en toute transparence », apprécie Olivier Combette.

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