« La FCO est la principale barrière aux exportations » (Deltagro Export)

Lise Monteillet

« La FCO est la principale barrière aux exportations » (Deltagro Export)

Rencontre avec Benoît Albinet, directeur commercial de Deltagro Export, l’un des principaux exportateurs français de bovins vers l’Europe du Sud, le Moyen-Orient et le Maghreb.

Pour quelles raisons exporter des animaux vifs plutôt que de la viande ?

Benoît Albinet : Cela dépend de quelles bêtes on parle. Pour un animal fini, l’intérêt principal est l’abattage rituel. Ce dernier est toujours mieux valorisé si l’animal est abattu sur place plutôt que si la viande arrive avec des certificats. D’autres pays sont équipés de structures d’engraissement et achètent des animaux pour les engraisser et les abattre ensuite rituellement.

Vers quels pays exporte Deltagro Export?

B.A : L’année dernière, nous avons exporté 205 000 animaux, dont 15 000 sur pays tiers. La grande majorité des animaux partent vers l’Espagne et l’Italie.

Quelles sont les contraintes d'exportation vers pays tiers ?

B.A : La FCO est la principale barrière aux exportations, cela freine énormément de débouchés. La seule solution, qui sera longue à mettre en oeuvre, sera de changer les règles à l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) concernant la circulation des animaux en zone FCO.

Ensuite, certains pays imposent de laisser les animaux en quarantaine avant exportation. Pour nous, cela engendre une prise de risque au moment de la préparation des animaux, car des évènements politiques, économiques ou sanitaires peuvent finalement empêcher les animaux de partir.   

Qu’en est-il des coûts logistiques liés à l’export ?

B.A : En transfrontalier, ce n’est pas un frein à la vente des animaux, le coût est modéré. Le souci apparaît quand nous voulons aller loin, à l’Est du bassin méditerranéen ou en Iran par exemple. Pour amortir le coût d’un navire, il faut pouvoir charger de grosses quantités, 10.000 têtes par exemple, ce que font les Australiens, les Uruguayens ou les Brésiliens. Or, aujourd’hui en France, notre potentiel de production n’est pas suffisant pour remplir de tels navires.

Compte tenu de tous ces éléments, quelle est la stratégie de Deltagro Export ?

B.A : Notre stratégie est d’être présent là où les marchés sont, aujourd’hui les marchés bougent très vite donc nous essayons d’être le plus réactif possible. Et de pouvoir profiter des flux dès qu’ils s’ouvrent. La diversité des marchés amène, à la fin, de la valeur ajoutée chez les éleveurs, car il faut rappeler que nous sommes une filiale de coopératives. L’équilibre de la filière bovine allaitante est basé sur l’exportation. Un million de têtes partent à l’export tous les ans !

Israël ou Iran : que pensez-vous de ces marchés qui s’ouvrent ?

B.A : Nous avons poussé pour que le marché israélien s’ouvre car le potentiel est important. C’est un marché dans lequel nous croyons beaucoup. Vers l’Iran, nous avons du mal à maîtriser la contrainte logistique et à obtenir des devises. Pour des reproducteurs, il y a un débouché vers ce pays. Pour des animaux d’engraissement, vue la distance, je ne sais pas si nous serons compétitifs.

Et l’Égypte ?

B.A : Un frein important pèse sur ce marché : le poids est limité à 250 kg. Ce n’est pas adapté à la production française de broutards. Les espagnols profitent davantage de ce débouché en vendant des veaux laitiers sevrés. 

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Commentaires 2

1584

pour la dernière question de l'Egypte alors là on est en plein rêve les espagnols nous achète des veaux une misère et nous prennent des parts de marchés. Ah oui , j'oubliais , ce sont nos gentilles coop qui se graissent au passage de la France à l'Espagne

1584

un million de bêtes partent à l'export et on n'arrive pas à faire un bateau de 10000; faut vite qu'il change de métier ce clown

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