La filière bétail et viande s’interroge sur son avenir

S C

La filière bétail et viande s’interroge  sur son avenir
La consommation de viande baisse de plus de 2,5% chaque année (DR)

Pour résoudre ses difficultés et répondre aux nouveaux défis, notamment à l'export, Interbev, interprofession bétail et viande, lance ses premiers états généraux. Au menu : l’évolution de la PAC, le renouvellement des générations, la compétitivité des entreprises...

Les acteurs de la filière bétail et viande sont inquiets. En effet, d’après Dominique Langlois, président d’Interbev, les difficultés du secteur sont nombreuses et touchent tous les maillons de la filière. C’est le cas notamment de la consommation intérieure qui a baissé de plus de 2,5% par an ces deux dernières années, du fait, explique M. Langlois, « du facteur prix mais aussi des campagnes anti-viande ou du discours sur la viande halal » .

Plus en amont, les difficultés persistent pour les entreprises d’abattage confrontées à une baisse d’activité de 7% (pour les gros animaux) depuis le début de l’année,  mais aussi à des handicapes de compétitivité par rapport à la concurrence européenne et notamment allemande.  Du côté des producteurs,  la hausse du prix des matières premières vient, en partie, annuler l’effet positif de la remontée des cours et les installations de nouveaux éleveurs se font rares. Un déficit de vocations lié à l’importance des investissements dans le secteur de l’élevage mais aussi au nouvel attrait que représente le secteur des céréales, suite à la flambée des prix.

Le constat de M. Langlois n’est donc pas des plus optimistes même si dans ce paysage plutôt morose, il se réjouit de la hausse de la demande étrangère en viande. Une hausse dont devrait profiter pleinement la France et plus largement l’Europe puisque les exportations sud-américaines  se sont effondrées. « Le  spectre  de l’invasion de la viande sud-américaine, encore bien présent il y a moins de deux ans,  est passé », explique M. Langlois.

Pour trouver des solutions aux difficultés de la filière et pour qu’elle soit prête à répondre à cette nouvelle demande extérieure, Interbev lance ses premiers états généraux. Dès octobre, l'interprofession va  se pencher sur quatre sujets phares qui préoccupent la filière : la réforme de la PAC, le renouvellement des générations d'éleveurs et de bouchers, la compétitivité des industriels et la baisse de consommation de viande.

Objectif : répondre d’une même voix à ces problématiques pour être capable d’affronter les défis de demain. Les résultats de ces états-généraux seront diffusés lors d’une réunion publique en février 2013. « Nous n’allons pas résoudre tous les problèmes en trois mois mais nous allons élaborer une feuille de route pour fixer les grandes lignes de nos actions futures » conclut le président.

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires