La FNB dévoile 13 propositions pour gérer la crise

Lise Monteillet

La FNB dévoile 13 propositions pour gérer la crise

A l’occasion d’une visite en Vendée, mercredi 24 août, Jean Pierre Fleury, président de la FNB, a proposé une série de mesures consacrées à l’élevage allaitant, ce dernier subissant les effets collatéraux de la crise laitière. Il était accompagné par Xavier Beulin, président de la FNSEA.

Les 13 mesures en détail

  1. Les animaux en état d’engraissement 1 doivent être retirés de la consommation
  2. Mettre en place un dispositif de régulation par les éleveurs des sorties exploitations des femelles allaitantes (indemnisation
  3. Passer immédiatement à 100% de viande bovine française dans les établissements publics
  4. Mettre en place une politique d’export au plus haut niveau de l’Etat, basée sur un positionnement de valeur et non pas de compétitivité-prix
  5. Apporter une aide alimentaire ciblée aux populations en situation d’extrême nécessité
  6. Faciliter le financement ou le re-financement des exploitations (caution de la BPI à taux zéro) et protéger le patrimoine privé des éleveurs en difficulté
  7. Dispositif de soutien aux éleveurs souhaitant se reconvertir ou arrêter leur activité
  8. Soutenir la mise en place du cœur de gamme, en tant que norme de qualité et garantie d’une nouvelle relation commerciale
  9. Déployer un plan de communication et de marketing dédié exclusivement au cœur de gamme
  10. Mettre en place la traçabilité inverse pour garantir aux éleveurs la connaissance de la destination de leurs animaux et leur valorisation
  11. Améliorer l’identification consommateur et la segmentation des produits des race sà viande
  12. Ouvrir une réflexion pour une adéquation durable entre l’offre et le demande
  13. Former les éleveurs pour permettre l’établissement d’un lien nouveau entre producteurs et consommateurs (marketing produit, connaissance filière et compétences de négociations). 

Outre des mesures d’urgence, les représentants syndicaux réclament la création d’un « cœur de gamme » dans les rayons de toutes les grandes surfaces. L’idée : créer un nouveau segment de marché qui se situerait entre l’entrée de gamme et les labels de qualité.  La viande des races à viande serait ainsi payée au producteur 1 euro de plus le kilo. L’objectif affiché par la FNB est d’arriver à valoriser 50 % du troupeau allaitant en « cœur de gamme ».

Pour l’instant, seul Système U est entré dans la démarche. Leclerc, Intermarché, Carrefour n’ont pas encore accepté de franchir le pas. Jean-Pierre Fleury observe cependant « des failles, des craquements entre les discours nationaux et les directeurs de magasins », qui seraient prêts à jouer le jeu.

Durcissement de ton

« Au bout d’un an de discussion, ça suffit. On va passer par la conviction et l’action syndicale », prévient le président de la FNB, profitant d’une rencontre organisée avec la presse pour faire monter un peu plus la pression auprès de la grande distribution. Ainsi, les éleveurs pourraient prochainement réaliser des actions devant les supermarchés, notamment le weekend, pour dissuader les consommateurs de se rendre dans les enseignes qui n’acceptent pas le « cœur de gamme ».

Selon Jean-Pierre Fleury, les distributeurs réticents réfléchissent encore selon un modèle appartenant « au passé », celui de « la cotation avec plus-value ». Le président de la FNB souhaite sortir d’un système où « la définition du prix est réalisée en fonction de la qualité la plus basse ». Son objectif : la prise en compte des coûts de production.

Selon les représentants syndicaux, la mise en place du « cœur de gamme » ne conduirait pas à une augmentation du prix pour le consommateur. Ces produits seraient par contre clairement identifiés, donc facilement reconnaissables dans les rayons. La FNB a d’ailleurs demandé une aide financière à l’État pour construire une opération marketing d’envergure.

Un rassemblement national 

La filière viande n’est pas la seule à souffrir des cours bas à l’approche de la rentrée. Xavier Beulin, président de la FNSEA, a annoncé la préparation d’une manifestation d’envergure, début septembre, près de Chambord, à l’occasion de la rencontre des ministres européens de l’agriculture. Les élections présidentielles seront aussi le moment d’interpeller les candidats en campagne. La FNSEA et les JA préparent la rédaction d’un document comprenant entre 5 et 7 mesures pour sauver l’agriculture, face auquel les politiques devront se prononcer et s’engager.

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Commentaires 6

viandeAB

Enlever les états d'engraissement 1, pour faire quoi: des farines animales et quel prix pour l'éleveur; il faudra aussi enlever les états d'engraissement 4 et 5 car il ne correspondent pas à la demande du marché.
50% des races a viande dans le cœur de gamme avec 1 euro de plus par kg pour l'éleveur et sans incidence pour le consommateur; qui prend en charge la différence: sans doute les éleveurs qui ne sont pas dans les 50% cœur de gamme.
Former les éleveurs, ça ne sert à rien si, il n'y a pas de contact direct entre le consommateur et l'éleveur via le produit ; et là il y a du boulot afin que l'éleveur produise ce que le consommateur veux( viande tendre, pas grasse, petite portion...).
Nos "chers" responsables sont tellement dans la gestion de leurs divers organismes qu'ils se sont éloignés des besoins du consommateurs (et sans doute pas que pour la viande)et des besoins des agriculteurs et non de l'agriculture.

gg44

d"accord avec toi pédro71, un syndicat qui représente 25% des paysans conduit par un type soit disant syndicaliste céréalier éleveur et j'en passe ,qui gère aussi une multinationale aux bénéfices rutilants, comment la profession peut-elle apportée le soutient a ce type qui ressemble plus politico-financier, dans le monde moderne on dirait un gars du bisness qu
a un paysan

pedro71

Pauvre FNSEA,
IL est vrai que c'est à CHAMBORD, que l'on va résoudre le problème des éleveurs!!!
C'est comme si on voulait défendre la politique des céréales à COGNAC!!!

bioman 76

c est bien de dire plus de classe 1
mais ils font comment ceux qui sont obligés de vendre leurs animaux parce qu' ils n ont pas d autre solution !

viandeAB

plein de mesures blabla, la filière bovine s'est faite pour développer un maximum de commerce d'appro. coop et privé s

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