La lutte contre les taupes : l’automne, une période à valoriser

Aurélien LEGRAND & Dr Didier GUERIN

La lutte contre les taupes : l’automne, une période à valoriser

Fortement perturbatrice en zone herbagère, la taupe demande une continuité dans le suivi de ses impacts. L’automne constitue une période favorable sous-utilisée.

Contrôler les taupes à l’automne, un « réel facteur de rentabilité » nous indique Bernard Vialatoux, agriculteur à Royère de Vassivière

La lutte contre les taupes : l’automne, une période à valoriser

Dans la biologie de la taupe, deux éléments vont déterminerles périodes d’intervention.

En période humide,plus d’extériorisation des nuisances… et une lutte plus facile et plusefficace !

En période humide, les taupes se trouvent plus en surface,elles extériorisent ainsi leur présence et augmentent leurs nuisances(augmentation des taupinières). Cela permet une lutte plus facile avec unemeilleure activité du PH3, d’où une efficacité renforcée.

Une reproduction auprintemps… d’où l’intérêt d’une action à l’automne avant l’augmentation de lapopulation et de ses impacts !

Après l'hiver lorsque lestempératures redeviennent clémentes, les femelles se laissent féconder par lesmâles qu'elles repoussent aussitôt. La gestation dure 28 jours. Le nombre deportées est de une par an, exceptionnellement deux, avec un nombre de petitsqui varie entre 2 et 4 par portée. Elles préparent alors les galeries denidification qu'elles arpenteront. Cette période de reproduction s'étend demars à juin. Une luttecontre les taupes à l’automne avant la période de reproduction permet delimiter cette multiplication des individus et, parallèlement, leurs impacts.

« Depuis que je réalise des traitements réguliers… lecoût du traitement à l’hectare diminue d’année en année. En parallèle, nousrécoltons des fourrages de meilleure qualité »

Un suivi annuel avec des interventions à l’automne et auprintemps permet de réduire le temps passé et la quantité de produit utilisé et,ainsi, de diminuer significativement les coûts liés à cette lutte comme nous ledémontre Bernard Vialatoux, agriculteur à Royère deVassivière : « Depuis que jeréalise des traitements réguliers avec le technicien de Farago Creuse àl’automne et au printemps, la population de taupes a nettement diminué. Nousutilisons moins de produit et nous passons moins de temps lors del’intervention. Le coût du traitement à l’hectare diminue d’année en année. Enparallèle, nous récoltons des fourrages de meilleure qualité et l’usure dumatériel de fauche est moins importante. Le traitement des taupes estdevenu incontournable et est un réel facteur de rentabilité ».

Une gestion rationnelle des exploitations demande une prise en compte de tous les facteurs pouvant entraîner des pertes de production,en particulier pour les fourrages. Dans ce domaine, l’implication des taupinières,donc la gestion des taupes, représente un facteur conséquent dans nos régions particulièrement herbagères.

Des pertes de production, une qualité réduite des récoltes, des impacts sanitaires, des dégâts matériels

Une taupinière fait de 30 à 50 cm de diamètre, multiplié par le nombre, la perte en herbe devient conséquente. Le préjudice peut aller de 5 à 30% de la surface, voire 50% pour certains enclos à moutons. De plus,les récoltes de foin et d’ensilage sont de moins bonne qualité. La présence de terre dans les fourrages entraîne des moisissures et la présence de butyriques avec des conséquences sanitaires sur le troupeau. Les dégâts matériels peuventêtre eux aussi importants avec l’usure rapide des outils utiles aux différentes récoltes (fenaison, ensilages…) et le temps passé à écarter les taupinières. Il n’est pas aberrant de calculer une perte totale due à la présence de taupes pouvant atteindre 50€/Ha sur une exploitation.

Le choix d’une méthode adaptée à son système

Pour une lutte efficace, oublions les méthodes basées sur de fausses croyances comme l’hémophilie de la taupe ou sur l’emploi de matières actives interdites comme la strychnine et la chloralose. Investissons dans des systèmes efficaces,agréés et reconnus. Réalisée grâce à des pièges pince, des tubes ou autres systèmes mécaniques disponibles dans votre magasin Farago Creuse, le piégeage est employé depuis longtemps. Cette technique impose une connaissance du « terrain » pour un placement adéquat des pièges et une disponibilité de temps pour la pose et le suivi. Cela demande au moins un relevé quotidien et un changement d’emplacement si la taupe a repéré le poste de piégeage.

Le phosphure d’hydrogène (PH3) : produit homologué, reconnu et efficace

L'utilisation de générateurs de phosphure d'hydrogène (PH3) s’avère être très efficace lorsque les conditions favorables sont réunies : travailler dans un sol suffisamment humide, éviter les sols sableux, craquelés, prévoir une quantité de gaz en relation avec l'importance du réseau à traiter. La méthode consiste à introduire dans les galeries des générateurs de gaz sous forme de pastilles qui, réagissant avec l’humidité du sol, forment des bouchons de PH3allant jusqu’à 1 mètre. Celle-ci a été approuvée lors de recherches, il en ressort une efficacité de l’ordre de 80 à 90%. Malgré sa présence à l’état naturel, mais sans risque, car à concentration faible, l'emploi de spécialités génératrices du PH3 est réglementé par l'Arrêté Ministériel du 10 octobre 1988.Seuls les applicateurs certifiés au sein de structures agréées peuvent utiliser ces spécialités.

Dans le cadre de la lutte contre les taupes avec le PH3, en Creuse, un choix de formation des éleveurs et d’agrément des élevages a été effectué. Une action concertée entre la DRAAF Limousin, la Chambre d’Agriculture, les différents GDA impliqués dans les formations et GDS Creuse via sa filiale Farago Creuse s’est déroulée en Creuse de 2001 à 2003. Cela a permis la certification de plus de 300 personnes (essentiellement des éleveurs) et l’agrément de plus de 200 structures (élevages, CUMA).

Un accompagnement des certifiés et des structures agréées, de nouvelles formations dès cet automne

En 2004, la DGAl a interdit l’accès à ces formations aux agriculteurs. Avec la Chambre d’Agriculture, nous avons accompagné les structures agréées pour la reconduction de leur agrément annuel et les personnes certifiées pour le renouvellement de leur certificat tous les 5 ans. Nous avons œuvré auprès de l’administration pour que ces formations soient de nouveau proposées aux agriculteurs. Depuis cet automne, de nouvelles formations sont possibles. La première a eu lieu les 10 et 11 octobre, elle a connu un réel succès. Si vous êtes intéressés, rapprochez-vous du CFPPA du lycée agricole d’Ahun, en charge de l’organisation de ces formations, afin de vous inscrire pour les prochaines sessions.

Une implication de Farago Creuse dans l’amélioration du matériel utilisé

Dans ce schéma, il a été demandé à GDS Creuse via sa filiale Farago Creuse de coordonner l’approvisionnement en matériel des personnes certifiées et enPH3 des entreprises agréées. Pour le matériel (canne à taupes notamment), des améliorations concernant le fonctionnement, sa durabilité ont été effectuées par Farago Creuse. La fabrication est réalisée par un entrepreneur local. Les différentes actions (recherche de fournisseurs, organisation des circuits) ont alors permis de diminuer de 50% le coût d’approvisionnement en matériel des personnes certifiées.

Une équipe étoffée et qualifiée à votre disposition

Farago Creuse est composée de 7 techniciens certifiés pour intervenir. Dans le milieu agricole, la lutte est réalisée sur de grandes étendues avec des taux d’infestations parfois très variables. Après expérience des chantiers réalisés les campagnes précédentes, les techniciens de Farago Creuse ont calculé que, dans ces conditions, le coût se trouve compris entre 5 et 15 € par hectare pour un chantier réalisé à 6 personnes, selon le degré d’infestation par les taupes.

En cas d’infestation par les taupes, n’attendez-pas, contactez-nous

La lutte contre les taupes fait partie intégrante de la gestion des surfaces fourragères. Des solutions fiables et rapides existent. L’utilisation du gaz PH3 a apporté les preuves de son efficacité. Pour être concluante, une action importante est nécessaire au départ et doit être suivie d’une régularité par la surveillance annuelle. De plus, là comme ailleurs en matière de prévention, le résultat sera renforcé par une implication collective des éleveurs d’une zone. C’est un maillon de la « Sanitaire’ Attitude »,c’est pourquoi GDS Creuse s’investit dans cette mission à travers sa filiale de services Farago Creuse.

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