La paratuberculose en Creuse. Bilan campagne 2011/2012

Christian PETIT / Dr Didier GUERIN

La paratuberculose en Creuse. Bilan campagne 2011/2012

La campagne 2011/2012 montre une reprise de la mobilisation notamment dans des élevages avec des résultats ponctuels confirmés suite à des suspicions.

La paratuberculose en Creuse. Bilan campagne 2011/2012

La reprise de la mobilisation au cours de l’année précédente se confirme cette année, avec seulement 3 élevages qui ont arrêté le plan d’assainissement pour des raisons de coût et, parallèlement, 15 cheptels nouvellement engagés. Pour ces nouveaux engagés, 8 correspondent à des élevages ayant mis en place un plan d’assainissement suite aux conseils que nous avons apportés, en relation avec leur vétérinaire, par rapport à des résultats ponctuels identifiant une suspicion de la maladie dans leur élevage.

Une maladie insidieuse avec une maîtrise difficile

L’impact économique de la paratuberculose, tant du fait du caractère inguérissable, entraînant une non-valeur économique voire une perte totale des bovins confrontés, que par rapport au coût des analyses, implique une organisation de la gestion. Trois fortes caractéristiques de cette maladie vont conditionner les plans de lutte et de prévention :

  • Un long développement au niveau de l’animal. Le germe se développe très lentement chez le bovin, la contamination a lieu le plus souvent dans le premier mois de vie et les premiers symptômes apparaissent, en cheptel allaitant, entre 2 à 4 ans dans 50% des cas, beaucoup plus tard jusqu’à l’âge de 10 ans et plus pour les 50 autres% après une période d’excrétion donc de contamination du milieu plus ou moins longue.
  • Un germe très résistant dans le milieu extérieur, tout particulièrement en milieu acide.
  • Des analyses disponibles pour détecter les bovins atteints imparfaites puisque la détection des bovins infectés ne peut intervenir que 2 ans minimum après l’infection lorsqu’ils sont en phase d’excrétion (PCR) ou à un stade d’infection avancé (ELISA). Cependant, ces analyses permettent de détecter les animaux infectés avant qu’ils ne présentent des symptômes (premier apport d’un plan d’assainissement) et d’apporter des garanties de cheptel par leur répétition au niveau d’un troupeau.

Assainir son cheptel en associant vigilance et constance dans l’action

Le plan de lutte dans les élevages à foyer confirmé de paratuberculose clinique s’appuie sur deux catégories de mesures fondamentales : la détection et la réforme précoce des animaux excréteurs et de leur dernier descendant et la maîtrise sanitaire des risques de contamination au sein de l’effectif. Aucun de ces deux pôles d’action n’est à négliger. Toute non-prise en compte d’une mesure, expose au mieux à une augmentation de la durée du plan, au pire à un échec. Le bilan de la campagne 2011/2012 fait apparaître une situation qui globalement s’améliore. Sur 118 cheptels en assainissement en début de campagne, 4 ont atteint les critères de sortie de plan, 22 ont obtenu une première série de résultats négatifs. Dans la quasi-totalité des élevages en plan d’assainissement, il n’est plus observé de cas cliniques.

La paratuberculose en Creuse. Bilan campagne 2011/2012

Se protéger par la connaissance du statut du cheptel de provenance lors d’introduction…

La contamination de son cheptel par la paratuberculose peut s’effectuer par l’introduction d’un bovin infecté. Le contrôle individuel présentant d’importantes limites, à la demande de GDS France, l’ACERSA (association de certification en santé animale) a élaboré un référentiel technique national d’apport de garantie de cheptel afin de pallier aux insuffisances des examens individuels. Il repose sur les données scientifiques et éléments de terrain recueillis au sein des différentes régions et, en particulier, sur le travail réalisé dans le Limousin. Ce dispositif est à disposition de tous les GDS depuis mai 2004. La connaissance du statut du cheptel d’origine apporte la meilleure garantie. La progression observée depuis plusieurs années se confirme à plusieurs niveaux. 174 élevages sont sous apport de garantie (au moins deux séries négatives sur tous les bovins de plus de 24 mois, liste disponible à GDS Creuse). 60% sont des cheptels reproducteurs limousins, le dépistage de la paratuberculose étant une obligation dans le cadre du Herd-book Limousin(HBL). Ainsi, en Creuse, sur 120 élevages en HBL, 112 (93%) ont un plan de dépistage, 99 sont sous apport de garantie (82% des élevages HBL creusois). Outre ces élevages « HBL »,75 élevages (40%) sont aussi sous apport de garantie, qui pour une grande majorité sont des élevages préparant leur cessation d’activité (essentiellement des éleveurs limousins). Ceci fait suite à la sensibilisation mise en place par GDS Creuse depuis quelques années. Se trouvent également dans cette catégorie des éleveurs laitiers. De plus, l’historique accumulé chez tous ces élevages en dépistage de troupeau permet de renforcer les garanties apportées, même dans les élevages non encore sous apport de garantie par rapport aux cheptels tout venant.

… et un contrôle à l’introduction adéquat associant analyses sanguine et de fèces avec une prise en charge de 50%

Malgré la remarquable progression en matière d’apport de garantie de cheptel vis à vis de la paratuberculose, nombre de bovins introduits ne rentrent pas dans ce cadre. Donc, tout bovin devra faire l’objet d’un contrôle à l’introduction en prenant en compte les limites et composantes de cet examen. Rappelons que toute analyse est inutile sur un bovin de moins de 18 mois du fait du manque de précocité. Donc, aucune garantie individuelle ne pourra être apportée, seul le statut du cheptel d’origine sera utile. Du fait de la faible sensibilité des analyses, sur tout bovin de plus de 18 mois sans garantie de cheptel, il sera associé systématiquement une recherche paratuberculose sur le sang (ELISA) et sur les fèces (PCR). GDS Creuse, avec l’aide du Conseil Général, prend en charge 50% des frais d’analyses lors d’utilisation du billet de garantie conventionnelle.

Respecter de manière stricte les mesures sanitaires avec un accompagnement de GDS Creuse

La réussite de la prévention et de la lutte contre la paratuberculose passe par un strict respect des mesures sanitaires : précautions à l’introduction pour éviter son entrée, mise en place rapide et respect avec vigilance et constance des mesures préconisées en cas de présence dans l’élevage. Nous nous investissons fortement dans cette action par la mise en place d’outils collectifs pour la prévention et la lutte et le suivi individuel, en relation avec le vétérinaire de l’élevage, de tous les cheptels concernés. S’applique de manière très pertinente, notre adage d’action de base : « le respect des mesures sanitaires de base permet d’éviter 95% des problèmes sanitaires ».

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