La race aubrac dans les starting-blocs

D. Bouville de La Volonté paysanne

Après de premiers envois, la race aubrac prête à conquérir les vastes territoires du Kazakhstan.

“Enfin une année que l’on pourrait qualifier de ­normale, tant au niveau du climat que des cours qui retrou­vent des niveaux que l’on avait connus il y a maintenant 25 ans”, a lancé le président ­de l’Union aubrac, Henry Peyrac. “L’année 2011 a été, grâce à vous tous, une année dynamique pour l’aubrac malgré la conjoncture”, a poursuivi ­l’éleveur de Cruéjouls (Aveyron) devant l’assemblée réunie dans le gymnase de Laguiole.

La participation des éleveurs au Sommet de l’élevage à Cournon a en effet été marquée par la présentation d’animaux “de grande qualité”, suivie par la rentrée des veaux à la station de la Borie “avec une mise en évaluation de très bons lots”. “Tout cela a contribué aux bonnes ventes de printemps, a insisté Henry ­Peyrac. La station reste une source d’approvisionnement très intéressante pour la diffusion par insémination mais aussi pour chacun de nos élevages.” Le président a donné un coup de chapeau aux deux filières qualité, Bœuf fermier aubrac (qui recherche des producteurs, lire l’Union des 1er et 4 août) et Fleur d’Aubrac. “Grâce à leur travail assidu, ils ont su relever le niveau de leurs grilles pour une bonne rémunération, malgré la hausse des coûts d’alimentation”, estime Henry Peyrac qui, dans la foulée, a rappelé la nécessité de conserver les qualités maternelles de la race aubrac, en incitant les éleveurs “à ne pas s’éloigner de nos vaches à concours”.

Ce point a également été soulevé par Bernard de Lapanouse, membre du conseil d’administration : “C’est une priorité et une sécurité pour nos élevages”, évoquant ainsi l’autonomie des systèmes de production à base d’herbe et de foin. Et de type extensif comme l’ont confirmé les résultats de contrôles de performance présentés par Jacques Renou. Le directeur de l’Union aubrac a annoncé que l’effectif IPG de la race était en 2011 de 163 974 vaches, en hausse de 4 798 animaux sur une année. “Nous continuons notre progression de 5 % annuelle constatée depuis plusieurs années”, a-t-il indiqué. L’effectif couvre l’ensemble du territoire national, avec des tailles de troupeau en augmentation.

Henry Peyrac a incité les éleveurs à ne pas s’éloigner des standards des vaches à concours.

Retours du Kazakhstan

L’assemblée générale est revenue sur le séjour professionnel au Kazakhstan effectué entre le 18 et 22 juillet par Henry ­Peyrac, Daniel Miquel, commercial du GIE race aubrac, Murielle Vabret, vétérinaire à Sainte- Geneviève-sur-Argence, et Jean-Paul Boyer, président départemental et régional du syndicat des négociants en bestiaux. Cette visite faisait suite à l’exportation massive de près de 400  aubracs dans ce pays en novembre 2011. Les Aveyronnais faisaient partie de la mission emmenée par le Groupement export français de viande, bétail et génétique (GEF) créé le 9 novembre 2011 et porté par Interbev.

Le GEF apporte aux opérateurs-exportateurs une information économique sur les marchés potentiels. Il vise à faciliter la mise en relation pour l’exportation d’animaux, de viande et de génétique françaises. Le Kazakhstan demeure une ­destination commerciale privilégiée par les éleveurs aubracs. Ce territoire, cinq fois plus grand que la France, de 16 millions d’habitants, a accueilli 400 aubracs sur deux fermes fin 2011 - début 2012. “Le potentiel est énorme” résume Jean-Paul Boyer, “avec un grand marché qui nous est ouvert”, et un pays qui est “un grand consommateur de viande”et qui veut exporter plus encore vers son voisin ­chinois.

La conquête aubrac

Les producteurs sont conscients que les territoires et le climat kazakhes sont adaptés aux spécificités de la race aubrac.  Le Kazakhstan est occupé en majorité par des vaches anglo-saxonnes de type Angus et Hereford et 72 000 de leurs reproducteurs seront importés des USA, Canada, Australie d’ici 2015. “Nous serons capables de rivaliser avec ces races dans quelques années”, a lâché Jean-Paul Boyer. Pour Henry Peyrac, “la race aubrac est prête à conquérir ces pays, à 7 000 km de Laguiole, mais aussi en France !”. C’est la volonté des éleveurs et des élus présents à cette réunion.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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