La viande bio a poursuivi sa croissance en 2011

Bernard Griffoul - Réussir Bovins Viande Novembre 2012

La viande bio a poursuivi sa croissance en 2011
En allaitant, la boucherie artisanale demeure un circuit important pour les bêtes bouchères (19 %) et est en progression régulière. © P. Cronenberger

L’offre de viande bio s’est fortement accrue en 2011. Une progression qui pourrait être remise en cause par la conjoncture bovine, favorable au conventionnel.

La filière viande bio continue à tirer profit de sa professionnalisation opérée dans la seconde moitié des années 2000. En 2011, les abattages, toutes espèces confondues (bovins, ovins, porcs), ont augmenté de 15 % par rapport à l’année précédente pour atteindre 23 000 tonnes. Cette hausse est même de 17 % pour les veaux et les bovins allaitants, ces derniers réalisant 36 % des abattages de viande bio. En 2011, après six ans de stagnation, on a assisté également à une forte croissance du cheptel de vaches allaitantes certifiées bio qui atteignait 76 000 têtes, soit 10 000 de plus qu’en 2010. La France comptait 2 260 éleveurs allaitants bio. Structurée et forte d’une offre qui augmente, la filière viande bio paraît donc en bonne position pour répondre à la demande croissante.
La conjoncture actuelle fait cependant naître des inquiétudes quant à sa capacité à maintenir cette offre en viande bovine. La hausse du prix en conventionnel réduit la plus-value pour les élevages bio. Les prix attractifs du broutard à l’export sont aussi de nature à démotiver des éleveurs de finir leurs animaux. Et ne parlons pas de l’augmentation du prix de l’aliment et des matières premières. De nouveaux défis donc pour la filière.

Un tiers du veau bio part en vente directe

Cette hausse des abattages en 2011 profite à tous les circuits de distribution, et en premier lieu à la boucherie traditionnelle (+ 19 %). Pour les viandes de gros bovins, le principal circuit de valorisation des animaux laitiers est la grande et moyenne distribution (72 %), alors qu’en allaitant, même si cette dernière domine (49 %), la boucherie artisanale demeure un circuit important pour les bêtes bouchères (19 %) et est en progression régulière. Quant à la viande de veau, elle est en majorité commercialisée par les artisans bouchers (32 %) et surtout, fait remarquable, en vente directe (35 %). En gros bovins, la vente directe permet d’écouler 15 % de la production. Deux circuits de commercialisation représentent encore de faibles volumes mais sont en plein développement : les magasins spécialisés (+ 18 %) et la restauration hors domicile (RHD). Les magasins bio développent des rayons traditionnels pour la viande et la RHD, secteur dynamisé par le Grenelle de l’environnement, est une des clés pour assurer l’équilibre carcasse.

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