La viande rouge veut montrer patte blanche

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La viande rouge veut montrer patte blanche

Face à un discours de plus en plus souvent « anti-viande » prôné par certains défenseurs de l’environnement et adeptes du végétarisme, Interbev, l’Interprofession bétail- viande, s’interroge sur la stratégie à mettre en place.

Réunis en convention à Paris, les professionnels de  la viande et de l’élevage d’Interbev réfléchissent à de nouvelles pistes pour  redonner confiance en la viande rouge. Face à des consommateurs de plus en plus exigeants, tant en matière environnementale que sanitaire et éthique, la filière viande n’a en effet d’autre choix que celui de la transparence, de jouer « patte blanche », conseille Philippe  Rucheton, directeur de recherche au CCA.

« Vous êtes des pro, dites-le ! »

« Vous êtes des pro, dites-leur, montrer comment vous travaillez, donnez  de la valeur à votre métier. Si demain le consommateur considère que votre valeur métier est nulle vous ne serez plus sur le marché », explique-t-il. D’autant que la filière française peut  mettre en avant un mode  d’élevage des  bovins-viande encore largement familial qui  contribue notamment à l’entretien des prairies.

Une nécessité  de transparence que  la société Danone a déjà mise en application au travers de sa filière lait. « On s’est rendu compte que nombre de consommateurs pensaient que le lait qu’ils buvaient était du lait recomposé à partir de poudre. Depuis que l’on a valorisé le travail fait  avec les éleveurs et que l’on a mis leur visage  sur les packaging, les ventes ont été boostées », témoigne Olivier Delaméa, directeur des produits frais chez Danone France.

« Ignorer le marché du grand export serait  suicidaire pour la filière »

Et l’enjeu est de taille puisque la consommation de viande en France s’effrite d’année en année. Une baisse légère mais constante : « Un ménage français consommait en moyenne 40 kg de viande/an en 2005, il n’en consomme plus  que 35 kg aujourd’hui », confirme Julia Burtin de Kantar wordpanel .

Mais si la crise de la consommation de viande  s’accroit en Europe, de formidables opportunités se présentent  hors de l’Europe et notamment dans les pays émergents. « On disait il y a peine 18 mois  que la viande d’Amérique du Sud allait envahir les marchés européens mais il n’en ait rien et c’est la demande des pays émergents pour la viande européenne qui explose» explique Dominique Langlois, président d’interbev. 

Les exportations d’animaux finis engraissés sont en constante augmentation mais pose parfois problème à certains professionnels de la viande qui considèrent ces ventes comme de la « délocalisation » et un manque à gagner pour  nos abattoirs. « Cette nouvelles demande n’est pas partagée par tous les acteurs mais ignorer ce marché du grand export serait  suicidaire pour la filière. Grâce à ces pays  nous sommes en progression de plus de 7% à l’export avec un tonnage qui est passé de 50 à 70.000 tonnes » rappelle le président d’Interbev.

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