Le cadran, une force face à la crise

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15 .

Michèle Chastang, présidente du marché au cadran de Mauriac, a exhorté les éleveurs à vacciner leurs animaux pour faciliter le commerce notamment via de nouveaux débouchés.

En 2015, la structure a augmenté ses apports de 42 % et terminé dans le positif malgré la FCO.

2015, année de croissance. 2015, année de contraste. Année de croissance pour la SAS du marché au cadran de Mauriac qui a augmenté ses apports de 42 % avec un total de 19 427 animaux commercialisés, contre 13 809 en 2014. Le taux de vente reste à peu près stable, autour de 88 %. “Nous avons dépassé nos objectifs qui étaient de 18 500 animaux”, a souligné la présidente, Michèle Chastang, lors de l’assemblée générale du 27 mai. Le commerce de broutards en particulier, spécificité du cadran de Mauriac, est passé de 6 699 têtes à 10 189 têtes grâce à l’exportation vers la Turquie qui a dopé les volumes, notamment pour les veaux de 300 kg jusqu’en septembre.

Des volumes hors du commun

“Au mois d’août en particulier, nous avons compté 3 029 animaux, contre 670 en 2014, ce qui est loin d’être commun”, a signalé Émilie Delbert, chef des ventes du marché. Le record du cadran a même été atteint en novembre avec 3 628 animaux, dont un pic le lundi 9 novembre avec 962 bêtes apportées. Mais 2015 est par ailleurs une année de contraste. Frappé de plein fouet par la crise de la FCO “qui a mis fin à l’euphorie ambiante”, le marché au cadran a été contraint de fermer complètement deux lundis en septembre, puis à fonctionner au ralenti (60 animaux contre 470 en moyenne) pendant quatre autres semaines : seul le commerce des veaux naissants et des gros bovins a pu être maintenu. À la reprise, les apports ont redémarré, sans compenser les pertes : “Nous les estimons à environ moins 2 000 animaux, soit une perte de chiffre d’affaires d’environ 40 000 euros”, a indiqué la présidente. Autre contraste et baisse d’euphorie : l’évolution des cours en 2015. Certes, “l’effet Turquie” a boosté les prix de mars à septembre, notamment sur les broutards croisés (+ 52 centimes d’euros par kg vif par rapport à 2014 avec un record à 3,33 € en juin), sur les broutards salers (+ 50 centimes et jusqu’à 2,90 €/kg) et même sur les sujets lourds croisés de plus de 400 kg destinés à l’Italie (+ 20 centimes avec une moyenne de 2,55 €/kg de mars à octobre et jusqu’à 2,70 € au mois de septembre) et sur les laitonnes (+ 20 centimes en moyenne). Mais globalement sur l’année, le prix moyen par animal toutes catégories confondues est en baisse : 817 € en 2015, contre 846 € en 2014. Et 2016 démarre bien bas avec 792 € par animal en moyenne sur les quatre premiers mois de l’année.

Des prix encore en baisse

“On subit encore la crise, ce n’est pas terminé”, a alerté la présidente (lire aussi encadré). Malgré tout, la SAS parvient à dégager un résultat comptable positif et enregistre par ailleurs 612 associés (557 agriculteurs et 55 négociants), un effectif qui augmente plus vite que prévu. “C’est important pour la suite, car ça assurera les apports pour l’année 2016”, s’est félicitée Michèle Chastang. Pour l’instant, 2016, qui marque le retour au commerce transalpin, accuse un retard de 1 000 animaux par rapport au printemps 2015, mais l’équipe de direction reste confiante. Sans prendre de risques, elle envisage de reconduire les mêmes volumes que l’année dernière, et même de progresser légèrement avec 20 000 animaux commercialisés en 2016.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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