Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse : résultats 2012/2013 – perspectives 2013/2014

GDS Creuse - FDC 23 - DDCSPP 23 - LDA 23

Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse : résultats 2012/2013 – perspectives 2013/2014

Le suivi sanitaire de la faune sauvage creusoise => Le groupe de travail, composé de la DDCSPP23, du LDA d’Ajain, de GDS Creuse et de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Creuse, a poursuivi ses investigations pour la saison 2012-2013.

Tularémie : une alerte en Creuse fin 2012

Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse : résultats 2012/2013 – perspectives 2013/2014

Uncas de tularémie sur un lièvre a été identifié en Creuse, sur le canton duGrand-Bourg, à l’automne 2012. Cette maladie est dorénavant classée parmi lesdangers sanitaires de 2ème catégorie à déclaration obligatoireauprès du Préfet. En 2012, l’Institut de Veille Sanitaire a enregistré 55 casde tularémie humaine en France. Pour 64% des cas, les personnes avaientmanipulé des animaux dans les 15 jours précédant l’apparition des symptômes. Elleatteint surtout le lièvre et les petits rongeurs chez lesquels elle peut provoquer,de façon exceptionnelle, une mortalité anormalement importante. La survie de labactérie responsable (Francisella tularensis) est assurée dans la naturepar les tiques, d’où le caractère répété de périodes d’épidémies etd’accalmies.

Unezoonose, d’où des mesures de prévention à respecter impérativement

C’estune maladie transmissible à l’homme (zoonose). Le traitement médical repose surune prise rapide d’antibiotiques. La maladie étant transmissible par simplemanipulation d’un lièvre malade ou de son cadavre, les consignes suivantes sontà respecter de manière impérative :

· Protectionet protocole de collecte : manipuler les animaux vivants, malades ou morts,avec des gants à usage unique ; ne pas procéder à l’ouverture des carcassesdes animaux trouvés morts ; prélever l’animal grâce à un sac plastique (enle prélevant comme un « gant retourné », ce qui évite de contaminerl’extérieur du sac), refermer le sac de façon étanche, à bout de bras pour nepas inhaler l’air expulsé du sac et mettre le premier sac dans un second en lerefermant avec la même technique.

· Mesuresd’hygiène individuelles : jeter les gants à usage unique dans un sacétanche (sac poubelle) ; se laver immédiatement les mains après tout contactpotentiellement contaminant ; nettoyer ses bottes puis les désinfecteravec de l’eau de javel diluée (10%) ; bien vérifier que l’on ne porte pasde tique après manipulation du cadavre ; en cas de doute de contaminationpar un agent biologique, consulter son médecin traitant en le« dirigeant » vers la zoonose suspectée.

Grâce au réseau de chasseurs qui assure les prélèvements sur les animaux tués à la chasse, le contrôle sanitaire de la grande faune sauvage s’est poursuivi sur 2012/2013. Les recherches ont été orientées en fonction d’actualités sanitaires (maladie de Schmallenberg), du suivi triennal (brucellose porcine, tuberculose bovine)et d’obligations réglementaires (trichine). Pour la trichine, de nouveau, les résultats sont négatifs.

Une surveillance tuberculose sur les blaireaux en 2011/2012, sur les cerfs et chevreuils en 2012/2013

La situation épidémiologique de la tuberculose bovine en France montre une très faible prévalence générale avec la persistance de foyers d'infection localisés mais dispersés sur le territoire national. Depuis quelques années des animaux sauvages infectés ont été détectés dans plusieurs zones de prévalence de tuberculose bovine. Il convient donc d'identifier le plus précocement possible une infection de la faune sauvage. Dans ce cadre, des examens ont été effectués sur des blaireaux en juin 2011. Une soixantaine d’individus ont été contrôlés, tous les résultats se sont avérés négatifs. Pour 2012/2013, ce sont les cerfs et les chevreuils qui ont étés concernés. Les blocs pulmonaires de 143 chevreuils et 42 cerfs ont été examinés.Tous les résultats sont négatifs.

La brucellose porcine, une circulation en forte diminution chez les sangliers

La seule menace identifiée, en Creuse, en matière de contamination des animaux de rente par la faune sauvage a été celle des sangliers avec la brucellose porcine vis à vis des élevages plein-air de truies, d’où la mise en place de mesures spécifiques de protection. Dans le cadre du suivi triennal, des sérologies brucellose ont été effectuées au cours de cette campagne. Même si la base échantillonnée est faible (41 échantillons ont été analysés), il en ressort un faible taux de positifs de 7%. La prévalence était de 47% en 2001/2002, 22% en 2006/2007,23% en 2009/2010. Cette forte diminution apparente de la circulation de la brucellose porcine chez les sangliers demande à être confirmée ou infirmée dans les années à venir dans le cadre du suivi triennal. Néanmoins, les mesures spécifiques de protection sont à poursuivre de manière aussi drastique et les précautions lors de la manipulation des sangliers abattus restent essentielles.Un cas de brucellose à Brucella suis type2 a été enregistré en France en 2012 chez un chasseur, sur un total de 32 cas de brucellose humaine.

Le virus de Schmallenberg, une large circulation également chez les chevreuils et les cerfs

Dans le cadre d’investigations relatives à des diarrhées fébriles chez des ruminants, le laboratoire de référence allemand Friedrich-Loeffler-Institut(FLI) a identifié en novembre 2011 un nouvel orthobunyavirus, nommé Schmallenberg virus SBV (en référence à une ville proche des foyers, située à80 km au Sud-Est de Dortmund). Cet orthobunyavirus affecte les ruminants dont les ruminants sauvages. Du fait de l’observation de symptômes en 2012 en Creuse, des sérologies SBV ont été effectuées sur 30 chevreuils et 39 cerfs. Il en ressort que ce virus a également largement circulé au sein de ces populations puisque 50% des animaux analysés présentent une sérologie positive.Par contre, aucune atteinte collective n’a été repérée chez ces espèces.

Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse : résultats 2012/2013 – perspectives 2013/2014

Les orientations 2013/2014 axées sur le suivi triennal

Pour2013/2014, pour les sangliers, du fait des obligations réglementaires relatives à leur consommation, la recherche de la trichine va être poursuivie. Dans le cadre du suivi triennal, la maladie d’Aujeszky va être recherchée chez le sanglier, les suivis parasitaires vont être reconduits chez les chevreuils et cerfs et la maladie des muqueuses ou BVD va être investiguée chez le chevreuil.

Le suivi sanitaire de la faune sauvage, un outil utile pour tous

Le niveau de surveillance sanitaire de la faune sauvage, en place en Creuse depuis 1996, permet la remontée de résultats intéressants au regard du statut du gibier en matière de zoonoses et de maladies communes aux espèces sauvages et domestiques. Il représente un outil d’alerte éventuelle, aussi bien pour les gestionnaires de la faune sauvage que ceux de la santé humaine et animale, d’où sa poursuite avec son adaptation en fonction des besoins. Il est entré maintenant dans une phase de suivi où la synergie des différents intervenants permet un fonctionnement optimal. N’hésitez pas à nous contacter pour tout commentaire, suggestion ou demande.

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Commentaires 1

martine

Dommage que la faune n'est pas de porte feuille! Le GDS Creuse, creuse des explications ?
Grippe aviaire , des grands élevages hors sol , fermés, victimes des migrateurs ?.. Pourquoi ce sont toujours les élevages qui grossissent très vite qui inaugurent toutes les nouvelles maladies ? les élevages qui sont restés "planplan" , croisent plus surement le chevreuil le blaireau et le sanglier et ils n'ont pas de maladies . Vous devriez plutôt creuser de ce côté ...

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