Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2013/2014 – Perspectives 2014/2015

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Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2013/2014 – Perspectives 2014/2015

Le suivi sanitaire de la faune sauvage creusoise => Le groupe de travail, composé de la DDCSPP23, du LDA d’Ajain, de GDS Creuse et de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Creuse, a poursuivi ses investigations pour la saison 2013-2014.

Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2013/2014 – Perspectives 2014/2015

Grâce au réseau de chasseurs qui assure les prélèvements sur les animaux tués à la chasse, le contrôle sanitaire de la grande faune sauvage s’est poursuivi sur 2013/2014. Les recherches ont été orientées en fonction du suivi triennal (maladie d’Aujeszky, parasitoses, BVD) et d’obligations réglementaires (trichine). Pour la maladie d’Aujeszky et la trichine, les résultats sont de nouveau négatifs.

Une infestation très faible par les trématodes, une nouvelle alerte par rapport aux strongles chez les chevreuils

Le suivi triennal du parasitisme chez les chevreuils et les cerfs confirme leur très faible infestation en trématodes : résultats négatifs en grande douve, petite douve et paramphistomes chez les cerfs ; résultats négatifs en grande douve et très faibles en petite douve et paramphistomes chez les chevreuils (respectivement 3 et 2 animaux sur 88 dépistés). Pour les strongles, la contamination montre aussi un niveau bas chez les cerfs. Par contre, chez les chevreuils, une nouvelle alerte apparaît (voir tableau « Strongles – Comparatif »). Par rapport à 2004/2005, les résultats 2007/2008 indiquaient une évolution significative avec de fortes variations. En 2008/2009, la surveillance s’était poursuivie avec un retour vers la normale. Parallèlement, un travail de thèse avait montré une contamination des chevreuils par des espèces normalement spécifiques aux bovins, notamment Ostertagia ostertagi, strongle majeur chez les bovins. Le suivi 2010/2011 confirmait ce retour à la normale. Les coprologies 2013/2014 montrent, de nouveau, une infestation augmentée. Sans influence sur la capacité de contamination des animaux de rente, ce phénomène est à rapprocher des baisses de productivités et d’indices kilométriques observées dans certaines zones. En relation avec les recherches nationales, ce parasitisme des chevreuils va être approfondi dans le cadre du suivi triennal.

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Une absence de portage de virus BVD par les chevreuils qui se confirme

Le virus de la maladie des muqueuses pouvant être théoriquement hébergé et diffusé par les ruminants sauvages, le suivi régulier de la population de chevreuils vis à vis de cette maladie constitue une donnée épidémiologique intéressante d’où son intégration dans le plan depuis 2000. Pour 2013/2014, 162 chevreuils ont été contrôlés. Chaque prélèvement a fait l’objet d’une analyse virologique et sérologique avec une prise en charge des analyses par le laboratoire Merial. Les résultats virologiques sont négatifs. Fait nouveau pour cette campagne, 5 animaux ont présenté un résultat sérologique à la limite du seuil de positivité. Cela peut être le signe d’une contamination de chevreuils par des bovins ou des ovins. Le prochain contrôle confirmera ou infirmera cette hypothèse.

Les orientations 2014/2015 axées sur l’actualité tuberculose

La recherche de la trichine va être poursuivie chez les sangliers du fait des obligations réglementaires relatives à leur consommation,. En raison de l’alerte tuberculose dans certains départements, dans le cadre du suivi triennal, après le contrôle de chevreuils et de cerfs la campagne passée, des examens vont être effectués sur des blaireaux la campagne prochaine.

Le suivi sanitaire de la faune sauvage, un outil utile pour tous

La surveillance sanitaire de la faune sauvage, en place en Creuse depuis 1996, permet la remontée de données au regard du statut du gibier en matière de zoonoses et de maladies communes aux espèces sauvages et domestiques. Il représente un outil d’alerte éventuelle pour les gestionnaires de la faune sauvage et de la santé humaine et animale, d’où sa poursuite avec son adaptation en fonction des besoins. Il est entré dans une phase de suivi où la synergie des différents intervenants permet un fonctionnement optimal. N’hésitez pas à nous contacter pour tout commentaire, suggestion ou demande.

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L’échinococcose alvéolaire à Echinococcus multilocularis

Quentin Vignane a présenté sa thèse pour le diplôme d’état de docteur en pharmacie, « L’échinococcose à Echinococcus multilocularis : Etat de la situation », le 28 octobre 2013 à l’Université de Limoges. Il nous apporte ci-dessous quelques informations.

Qu’est-ce que l’échinococcose alvéolaire à E. multilocularis ?

Il s’agit d’une zoonose (pathologie transmise par un animal à l’homme), due au cestode Echinococcus multilocularis. Le cycle de ce parasite comprend comme hôte définitif principal le renard roux et comme hôtes intermédiaires les campagnols. Ce ver est retrouvé dans l’intestin grêle de carnivores sauvages mais aussi domestiques (chiens, chats). Les œufs du cestode adulte sont émis via les déjections de ces carnivores. La contamination chez l’homme se fait par ingestion d’œufs de manière directe (manipulation de carnivores infestés) ou indirecte (ingestion d’aliments souillés par des déjections). Ces éléments font que les chasseurs sont l’une des populations les plus exposées au parasite. L’échinococcose alvéolaire humaine a une localisation principalement hépatique, son développement est très lent (10 à 15 ans) et l’issue est fatale en l’absence de traitement. Les thérapeutiques actuelles permettent rarement la guérison des patients mais prolongent leur espérance de vie. Depuis 20 ans, le nombre de cas humain par an a doublé (28 nouveaux cas en 2012 en France) indiquant que les mesures de contrôle de la pathologie sont encore insuffisantes aujourd’hui.

Quelle est la situation en Creuse ?

A l’heure actuelle, il n’y a aucune recherche épidémiologique concernant E. multilocularis. Certaines données montrent des conditions propices à l’implantation du parasite dans notre département (populations d’hôtes sauvages importantes, biotopes…). De plus, les dernières données de l’Entente de Lutte Interdépartementale contre les Zoonoses (ELIZ) indiquent la présence de renards infestés aux frontières du département (dans l’Allier, le Cher et le Puy de Dôme) et donc, certainement, en Creuse.

Quelles mesures faut-il prendre ?

L’une des options possibles est de faire diminuer les populations d’hôtes sauvages du parasite par des prélèvements plus importants. Cependant, cette méthode est difficilement réalisable à grande échelle et reste éthiquement et écologiquement discutable. La prévention reste primordiale avec les mesures d’hygiène et de bon sens suivantes :

-       Ne pas manipuler des renards morts à mains nues mais avec des gants à usage unique.

-       Après un contact avec un renard, un chien ou un chat, se laver les mains et surtout laver celles de ses enfants avec de l’eau chaude et du savon.

-       Laver les fruits et légumes et consommer les de préférence cuits (la congélation ne détruit pas le parasite).

-       Récolter de manière préférentielle les fruits situés en hauteur.

-       Vermifuger les chiens de chasse avec un produit à large spectre tous les 3 mois.

L’échinococcose alvéolaire fait partie des zoonoses les plus graves des pays tempérés même s’il y a peu de cas par an. A ce titre, les mesures préventives sont à connaître par toutes les personnes fréquentant nos espaces naturels.

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