Le coup de gueule de Pierre Chevalier

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Le président de la FNB entouré des responsables agricoles de la FDSEA et des JA organisateurs de ces réunions.
Le président de la FNB entouré des responsables agricoles de la FDSEA et des JA organisateurs de ces réunions.

“Rien ne justifie la baisse des cours du broutard”, a martelé le président de la FNB, en visite mercredi dans le Cantal.

Au programme de la première réunion décentralisée FDSEA-JA entrant dans le cadre de la campagne aux élections à la Chambre d’agriculture, le président de la Fédération nationale bovine, en visite dans une exploitation de Planèze, le Gaec Charreire, à la Jarrige de Cussac, a évoqué “l’évo­lution des prix à la production des bovins”. Rien de moins pour Pierre Chevalier qu’“un cyclone mondial sur les productions agricoles car la demande ne cesse de croître, conséquence de l’Asie qui consomme de plus en plus, de la Chine et l’Inde dont le niveau de vie augmente et qu’il faut approvisionner”. Pour autant, les choses ne sont pas si simples car, “si les prévisions de l’OCDE et de la FAO s’accordent à dire que, dans les dix ans, la consommation de viande bovine va augmenter de 20 % dans le monde et que, parallè­lement, la production va s’effriter”, le cours des broutards chute en Italie, un paradoxe qu’il dénonce promettant aux responsables une riposte.

“Un comportement suicidaire”

“Nous sommes dans un secteur extrêmement porteur. Pourtant, nous avons en contrepartie un comportement suicidaire des grandes sociétés italiennes qui viennent acheter les broutards et qui viennent de faire baisser artificiellement les prix par une entente illicite sur le commerce.” Conséquence : “C’est la casse annoncée de la production, la destruction de la filière avec des éleveurs qui, dans les zones intermédiaires, se tourneront vers d’autres productions agricoles, la perte d’emploi dans l’agroalimentaire. En un mois, perdre trois francs le kilo par broutard, soit jusqu’à 200 euros par animal, c’est scandaleux.” D’où un président qui envisage avec la FNB des mesures de rétorsion : “Nous allons prendre des dispositions pour court-circuiter ces sociétés.” Quant aux modalités de cette riposte, plusieurs formes sont envisageables : davantage de marchés pays tiers avec des négociations d’ores et déjà en cours en ce sens y compris pour les broutards ; l’encouragement à la repousse ou plus d’engraissement en France...

“Nous avons le produit”

Selon Pierre Chevalier, “nous avons tous les atouts en main : manque de production de viande en France, en Europe, ouverture de marché pays tiers dans le monde. Nous détenons le produit, nous devons donc rester les maîtres de la situation”. La réforme de la Pac constituait le second volet des échanges : “Pour maintenir l’élevage en France et Europe, les grandes régions d’élevage doivent disposer de soutiens et subventions différenciés des zones de productions végétales et céréales”. En clair, “les DPU doivent être beaucoup plus élevés à l’hectare dans les zones comme le Cantal où il y a nécessité de compenser les coûts et de maintenir ces élevages qui, au-delà de la production de viande, jouent le rôle de politique d’aménagement du territoire et de pilier de l’économie rurale”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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