Le Fin gras, vitrine de l’ élevage du Mézenc

François d'Alteroche-Réussir Bovins Viande Juillet-Août 2012

Le Fin gras, vitrine de l’  élevage du Mézenc
Au cours du printemps, les meilleurs « Fin gras » sont exposés à l’occasion de foires-concours organisées aux Estables (Haute–Loire) ou au Béage (Ardèche) permettant de communiquer sur le produit. DR

Reconnu AOC en 2006, le Fin Gras du Mézenc poursuit son petit bonhomme de chemin et constitue une belle vitrine pour l’élevage local.

Chiffres clés

• 106 éleveurs engagés avec une majorité d’éleveurs allaitants et quelques producteurs laitiers et double troupeaux.
• 675 animaux déclarés mis à l’engraissement à l’automne 2011 et 570 commercialisés sous AOC en 2012 soit une progression d’une centaine de têtes comparativement à la saison précédente.

Aux confins de la Haute-Loire et de l’Ardèche, l’étrange silhouette sombre du mont Mézenc se distingue de loin sur l’horizon. Au pied de cet ancien volcan s’étalent, entre 1100 et 1700 mètres d’altitude, les 28 communes composant entièrement ou pour partie la zone de production du Fin Gras, l’une des quatre AOC existant pour la viande bovine.
Sa particularité est d’être un produit saisonnier. Et ceci n’est pas vécu comme un handicap. C’est une façon de se démarquer. À l’artisan boucher de savoir l’expliquer à sa clientèle. Les animaux ne peuvent être abattus qu’entre le premier février et le 31 mai après un minimum de 110 jours de finition en bâtiment. « Historiquement, cela correspond aux animaux qui étaient engraissés durant l’automne puis l’hiver en leur réservant les meilleurs foins avec l’objectif de les faire abattre peu avant Pâques », précise Yannick Pochelon, animateur de cette démarche. Ce produit n’est pas attaché à un type racial particulier. Il intègre les quatre races à viande présentes sur la zone auxquelles s’ajoutent environ 30 % de croisés nés de mères montbéliardes et abondances produits par les élevages laitiers adhérents à la démarche. « L’animal type est une génisse abattue entre 30 et 36 mois, de 360 à 380 kilos carcasse. Les femelles ayant vêlées sont exclues de l’appellation. » Le cahier des charges stipule que le foin de prairies permanentes utilisé est distribué au moins quatre fois par jour de façon à en maximiser l’ingestion. Récolté sur des prairies d’altitude riches d’une flore variée, il constitue le seul fourrage autorisé, mais il est complété par des concentrés à raison d’un maximum de 4 kilos par tête pour les génisses, 5 kilos pour les bœufs.
Essentiellement valorisés auprès d’une soixantaine de bouchers des régions Auvergne et Rhône-Alpes, les animaux ont été réglés une moyenne de 4,6 € du kilo carcasse l’an dernier. Ce chiffre devrait être en légère progression cette année sans pour autant épouser la hausse des tarifs constatée pour toutes les catégories ces derniers mois.

Développer la production pour répondre à l’augmentation des débouchés

« Pour les années à venir, le défi est de développer la production pour faire face à l’augmentation des débouchés », explique Bernard Bonnefoy, éleveur et président de l’association encadrant cette démarche. Le potentiel de production pourrait avoisiner à terme le millier d’animaux. Même si ce chiffre semble limité, il demeure conséquent à l’échelle du territoire du Massif du Mézenc. « Sur la zone, plus de 90 % de la surface agricole est en permanence occupée par l’herbe. L’ agriculture du Mézenc revêt un caractère exclusivement herbager car aucune autre culture n’est possible à ces altitudes élevées et sur ces sols peu profonds où la période d’hivernage dure six mois », ajoute Yannick Pochelon. Développer la finition avec des produits à forte image constitue une locomotive pour dynamiser l’élevage local et faire que l’élevage allaitant ne repose pas dans de fortes proportions sur une monoproduction de bétail maigre.

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