Le Salon International de l’Agriculture jugé trop coûteux par les éleveurs exposants

François d'Alteroche - Réussir Bovins Viande Juillet-Août 2012

Le Salon International de l’Agriculture jugé trop coûteux par les éleveurs exposants
En dehors de la légitime fierté de mettre en avant leurs meilleurs animaux, les éleveurs souhaiteraient avoir un meilleur accompagnement de leur présence à Paris puisqu’elle bénéficie à l’ensemble de la profession. © F. d'Alteroche

Pas assez professionnel et trop cher, les éleveurs et les organismes de sélection s’interrogent sur le coût de leur présence au SIA.

Les bovins dans le hall 3 du SIA

Les importants investissements immobiliers actuellement en cours autour de la Porte de Versailles vont conduire, pour l’édition 2013, à remanier totalement l’agencement habituel du salon. Le hall 1 qui jusqu’à présent hébergeait l’essentiel des espèces de rente ne sera plus disponible. Pour l’édition à venir, la plupart des bovins devraient rejoindre le hall 3.

« Pour les prochaines éditions du Salon international de l’agriculture, il faut réduire l’ardoise à la charge des éleveurs exposants et des Organismes de sélection », revendiquait Albert Merlet, président de Races de France, la fédération des Organismes de sélection à l’occasion de la dernière assemblée générale de cet organisme. Alors que la présence des animaux et en particulier des bovins est indispensable pour faire affluer les visiteurs, de nombreux éleveurs exposants estiment que les retours escomptés de leur présence au salon ne sont plus à la hauteur de l’investissement consenti. Baisse de professionnalisation oblige, les retombées commerciales sous forme de ventes de reproducteurs, de semences ou d’embryons se réduisent et une part croissante de leur temps de présence est consacrée à la vulgarisation du métier et non à la promotion de leur élevage.

Les éleveurs attendent que leur présence soit encouragée

Dans la mesure où c’est la présence des animaux qui explique une grande partie de la réussite du SIA, ils aimeraient que leur participation au succès de cet événement soit encouragée. Le nombre et la diversité des races présentes, ainsi que la présentation de quelques reproducteurs d’exception contribuent largement à la promotion collective. Ce volet est important et bénéficie à l’ensemble des acteurs de l’élevage, aval compris, même si son impact est difficilement chiffrable sur le court terme. Le salon permet également d’avoir une bonne tribune médiatique pour faire passer différents messages. Néanmoins, « nous avons fait un bilan de ce que coûte notre présence à Paris », expliquait Bernard Roux, président de l’OS Limousin et de la section bovine à Races de France. « Pour un reproducteur Limousin, il faut en moyenne compter 600 € de transport, 1 000 € de préparation au cours des mois précédant le salon auxquels il convient d’ajouter une moyenne de 1 500 € pour l’hébergement et les repas de l’éleveur. » Le coût du stand de l’OS Limousin et les frais d’hébergement du personnel administratif avoisine 120 000 €, avec il est vrai un stand de taille conséquente. Mais, il n’y a rien d’étonnant, dans les conditions actuelles, à ce qu’un nombre croissant de sélectionneurs s’interrogent pour savoir si les sommes consenties pour leur présence à Paris ne gagneraient pas à être consacrées à d’autres investissements.

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Commentaires 1

yves46

je comprend très bien que les éleveurs qui se font chahuter dans leur région pour des problèmes environnementaux renaclent à jouer les guides touristiques pour des Parisiens qui n'ont aucune notion de la qualité

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

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