Le taureau reste au cœur des ébats !

François d’Alteroche - Réussir Bovins Viande Mai 2013

Le taureau reste au cœur des ébats !
88 % des veaux nés en 2011 sont issus de monte naturelle. © F. d'Alteroche

Plus de 85 % des veaux issus du cheptel allaitant résultent de monte naturelle. Une proportion très variable selon les élevages et surtout la période de vêlage. Elle oscille entre 6 et 23 % selon les différentes races présentes sur le territoire français.

Pour en savoir plus

Le taureau reste au cœur des ébats !

Voir Dossier de Réussir Bovins Viande de mai 2013. RBV n°204, p. 20 à 31.

C’est un constat. L’essentiel du cheptel allaitant français est conduit en monte naturelle. Une étude réalisée par Serge Miller, du service génétique de l’Institut de l’élevage permet d’en savoir davantage sur les catégories de taureaux qui ont permis de faire naître, en 2011, 3 980 701 veaux dans 130 126 élevages différents — chiffres de la base de données nationale d’identification (BDNI) qui précise aussi qu’il y avait en France le 1er janvier 2012, 4,018 millions de vaches « nourrices ».
L’étude confirme tout d’abord la part limitée du recours à l’insémination animale en système allaitant. Sur ces quelque 4 millions de veaux, seulement 12 % sont issus d’insémination. Cette proportion est assez variable selon les races (8 % en Aubrac, 19 % en Bazadaise, 23 % en Blanc Bleu, 19 % en Blonde, 13 % en Charolaise, 12 % en Gasconne, 8 % en Limousine, 21 % en Parthenaise, 19 % en Rouge des Prés et 6 % en Salers), les systèmes d’élevage et surtout les périodes de vêlage.
Par conséquent, 88 % des veaux nés dans les élevages allaitants français il y a deux ans sont issus de taureaux de monte naturelle. Toutes races confondues, les statistiques de la BDNI font état de 209 233 pères différents. Quand on sait que selon les races et les systèmes d’élevage entre un quart et un tiers de ces reproducteurs sont renouvelés chaque année, on en déduit qu’il s’agit d’un marché conséquent, tant en volume qu’en chiffre d’affaires. Il met surtout en jeu une multitude d’acteurs, mais un nombre limité d’intermédiaires puisque la plupart des transactions se font directement entre le naisseur et l’utilisateur du taureau.

Quelles évolutions pour le marché des reproducteurs ?

Comment va évoluer ce marché dans les années à venir, tant sur le plan quantitatif que qualitatif ? Différents observateurs travaillant dans le secteur de la génétique rappellent en premier lieu une évidence toujours bonne à redire. « La dynamique du marché du taureau reproducteur dépend avant tout de celle des effectifs du cheptel allaitant et par conséquent de la bonne santé du marché de la viande bovine. » L’autre interrogation pouvant influer sur le nombre d’animaux commercialisés concerne la part des femelles allaitantes qui seront inséminées. Le sexage des semences permettra-t-il de susciter un regain d’intérêt pour l’insémination ? L’arrivée de la sélection génomique permettra-t-elle d’élargir l’évaluation des taureaux diffusés par insémination à de nouveaux critères facilitant la conduite d’élevage (tonicité des veaux à la naissance, qualité des mamelles, résistance aux parasites…) renforçant l’intérêt de leur utilisation ? Des incertitudes demeurent en termes de calendrier et certains observateurs rappellent aussi que rien n’interdira de réaliser des tests génomiques sur de jeunes mâles destinés à être utilisés en monte naturelle.

L’insémination animale reste très liée aux mois d’hiver

Autre évidence, les contraintes liées à l’alternance des saisons resteront d’actualité. La période de réalisation des inséminations animales sera forcément limitée aux quelques mois d’hivernage, quand les vaches sont facilement accessibles dans les bâtiments. De plus, tous les éleveurs ne sont pas de fervents partisans du vêlage d’automne, du moins pour la totalité de leur cheptel. Même s’il permet d’étaler les mises en marché, il représente un surcoût pour l’alimentation hivernale et se traduit par des besoins plus importants en surfaces pour les stabulations. Autant de facteurs qui s’ajoutent à la contrainte de détection des chaleurs et — même si de nouveaux outils sont disponibles pour faciliter ce travail — à l’évolution défavorable, maintes fois évoquée, du ratio entre le nombre d’UGB et d’UTH. Tous ces éléments laissent à penser que la monte naturelle restera le mode de reproduction prédominant en système allaitant.

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