Le vibroculteur fait son retour après un léger lifting

Gaëtan Coisel-Réussir Bovins Viande Mars 2012

Le vibroculteur fait son retour après un léger lifting
Le vibroculteur lourd s’illustre souvent dans les parcelles déchaumées pour éliminer les repousses. Son gabarit justifie plus facilement une version semi-portée. © Bonnel

Le vibroculteur séduit de nouveau par sa polyvalence. Certains constructeurs ont créé une gamme lourde pour s’adapter à la demande du marché.

Abandonné au détriment des herses rotatives, le vibroculteur a su reconquérir le marché depuis trois ans environ, les exploitations agricoles désireuses de faire progresser leur débit de chantier à moindre coût. C’est donc après un léger lifting que le vibro fait son retour. Fini le traditionnel vibroculteur qui servait uniquement à la reprise de labour au printemps pour les semis de maïs. Ce dernier a évolué pour gagner en polyvalence. Il peut désormais servir au déchaumage. Le vibroculteur séduit par sa conception sobre, sa facilité de réglage, son faible coût d’entretien. Son point fort reste son débit de chantier et son coût à l’hectare.
Selon Damien Brun, d’Arvalis-Institut du végétal, « le vibroculteur, quel qu’il soit, se compose d’un châssis barres, de dents vibrantes, suivies éventuellement d’un ou plusieurs rouleaux et/ou de herse peigne ».

Image 6

Les vibroculteurs classiques assurent un meilleur émiettement du lit de semences. © Carré

Ni semelle, ni lissage

Deux types de vibro se distinguent alors. Le modèle dit classique, léger et toujours au goût du jour, se compose de huit à dix dents au mètre. Le dégagement sous bâti oscille entre 40 à 50 centimètres, suivant les marques. La section des dents est peu importante : 45x10 millimètres. Il s’illustre pour la reprise de labour au printemps, mais peut convenir à un troisième, voire à un deuxième déchaumage, suivant les conditions. Toutefois, pour une efficacité maximale, il faut veiller à l’absence de résidus, le point limitant.
L’autre modèle se rapproche plus d’un déchaumeur. De même conception qu’un vibro traditionnel, il accepte des sections de dent plus grosses (70x12 mm), donc des flexions plus importantes. Il se caractérise par la présence de seulement six à huit dents au mètre et par un dégagement sous bâti plus important, de l’ordre de 50 à 60 centimètres. Il permet ainsi une meilleure gestion des résidus des cultures. Même si les résultats obtenus en reprise de labour sont très honorables, il est plus adapté au déchaumage. « Comparé à un déchaumeur, qui demande une puissance de traction de 35-40 chevaux par mètre, le vibroculteur déchaumeur ne nécessite que 25 chevaux au mètre », souligne Alexandre Machaux, de Köckerling. Damien Brun ajoute qu’« un matériel de 5-6 mètres, dont la puissance de traction est de 130-150 chevaux, consomme 6 à 7 litres de carburant par hectare à 4-5 centimètres de profondeur ». Même si le vibro déchaumeur est très bien adapté à un second ou troisième déchaumage, il reste très délicat de réaliser un premier passage avec ce genre d’outil. « Il a fallu proposer des machines plus lourdes, avec cinq rangées de dents et différentes combinaisons de systèmes de nivellement : rouleaux, herses… », précise Gabriel Monthus de Kongskilde.

Outil de désherbage

Joël Plancon, de Väderstad, poursuit : « le vibroculteur est également très intéressant d’un point de vue agronomique. Il ne crée pas de semelle, ni de lissage et s’avère être un très bon outil de désherbage. Il est d’ailleurs de plus en plus employé à cet usage ». « Le vibroculteur léger intéresse aussi pour son prix. La version lourde, plus polyvalente, représente un surcoût d’environ 30 % », souligne Pierre Bonnel de la société Bonnel.
Bien que les vibroculteurs lourds soient les derniers arrivés sur le marché, la plupart des constructeurs ne délaissent pas pour autant leur gamme légère. Kongskilde dispose jusqu’à trois gammes différentes. Carré multiplie les solutions en proposant différentes possibilités de montages et d’équipements. Des constructeurs comme Vogel & Noot réinvestissent le secteur en proposant une gamme légère à leur catalogue. A contrario, Bonnel ne se concentre plus que sur sa gamme lourde Néolis, tout comme Köckerling avec l’Allrounder, qui fait ses preuves depuis de nombreuses années.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires