Les débats sur la contractualisation s’éternisent

François d'Alteroche - Réussir Bovins Viande Juillet-Août 2012

Les débats sur la contractualisation s’éternisent
Pierre Varigas, Arcadie Sud Ouest : « le nerf de la guerre c’est actuellement la question de l’approvisionnement des outils d’abattage et la contractualisation doit également englober le secteur céréalier et les fabricants d’aliment. » DR

« C’est le marché qui doit orienter nos productions et non le mode d’attribution des aides compensatoires. Dans ce contexte, le renforcement des relations amont-aval et la contractualisation deviennent primordiaux », expliquait Philippe Dumas, président du groupe Sicarev, à l’occasion des dernières rencontres filières animales organisées par Coop de France. Invité à donner son avis sur ce sujet, Pierre Varigas, directeur de l’entreprise d’abattage Arcadie Sud Ouest — dont l’approvisionnement est le fait de ses cinq coopératives actionnaires — a d’abord plaidé pour davantage de dialogue depuis le producteur jusqu’au consommateur en incluant bien entendu la grande distribution. Renforcer les relations entre l’amont et l’aval passe pour lui avant tout par une meilleure connaissance réciproque des métiers respectifs des uns et des autres. « Les intervenants de l’aval connaissent très mal les sujets qui préoccupent l’amont : mode d’attribution des aides PAC, prix des intrants… De la même façon, les gens de l’amont connaissent bien mal les problématiques de l’aval. C’est-à-dire comment on fait tourner un outil d’abattage, comment on crée une gamme de produits élaborés, comment se déroulent les négociations commerciales avec les grandes enseignes… »

Faire de la contractualisation sans le savoir

Pierre Varigas a cité en exemple les différents signes officiels de qualité qui sont actuellement la meilleure façon « de faire de la contractualisation sans le savoir », mais qui ne concernent actuellement que 2 à 3 % des volumes consommés en France et dont la réussite pour sécuriser l’approvisionnement est très liée à des tarifs légèrement supérieurs au tout venant.
Le directeur d’Arcadie Sud Ouest a montré moins d’enthousiasme à l’idée de contractualiser une production de JB en soulignant pour cela que cette catégorie est assez peu consommée dans notre pays hormis dans certaines régions (Grand Est, vallée du Rhône…). Que ce soit en carcasse ou en vif, la prépondérance des débouchés extérieurs fait que l’orientation des prix du marché pour les taurillons dépend avant tout du dynamisme de leurs débouchés à l’exportation et non de la bonne santé du marché intérieur français. Le responsable d’Arcadie Sud Ouest a ensuite rajouté un peu d’eau au moulin sur le sempiternel débat relatif à l’alourdissement des carcasses des races à viande françaises, donnant sa préférence pour une production assez standardisée d’animaux d’environ 380 kilos. « Produire des carcasses de plus de 500 kg fait certes plaisir à certains éleveurs, mais on ne peut pas dire que cela corresponde à la tendance lourde du marché. Ce que vous produisez, il va falloir le vendre ! Vous ne pouvez plus faire l’impasse d’une bonne connaissance de la demande de l’aval. Je vous conseille d’aller voir plus fréquemment ce que les gens achètent dans la grande distribution ! »

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires