Les éleveurs proposent des solutions aux Pouvoirs publics

Propos recueillis par Delphine Barel

Mickaël trichet « On ne peut plus supporter que 80 % de la viande consommée dans nos cantines soit importée ».
Mickaël trichet « On ne peut plus supporter que 80 % de la viande consommée dans nos cantines soit importée ».

Mickaël Trichet, responsable viande bovine de la FNSEA 44 revient sur la situation de cette production et les raisons qui ont poussé les éleveurs à participer à l’action nationale du 5 novembre.

Que sont venus demander les producteurs de viande bovine lors de l’action du 5 novembre ?
Nous sommes venus nombreux mercredi 5 novembre dernier car nous pensons que les Pouvoirs publics peuvent jouer un rôle pour l’amélioration de la conjoncture en viande bovine sur plusieurs points.
Sur la restauration hors domicile, tout d’abord, nous sommes très demandeurs d’un changement de comportement de l’État et de nos élus. On ne peut plus supporter que 80 % de la viande consommée dans nos cantines soit importée. Sur ce point, nous avons été entendus par M. le Préfet qui va organiser une table ronde avec les différents acteurs (collectivités, hôpitaux, collèges, etc.). L’objectif est d’accompagner les élus dans la mise en œuvre d’appels d’offres compatibles avec la réglementation et permettant de consommer des produits français. C’est un bon point.
D’un point de vue plus national, la FNB met également la pression sur les Pouvoirs publics pour faciliter l’exportation (réduction des délais d’obtention des visas, etc.). On sait que la porte de sortie de la crise actuelle, c’est l’export ! Mais pour ce faire, nous aurons besoin d’un appui véritable des services de l’État.
Enfin, les éleveurs de viande bovine appellent la France à réagir quant aux conséquences de l’embargo Russe au niveau européen. En viande bovine, on voit aujourd’hui tous les grands pays exportateurs revenir vers l’Europe avec des prix plus bas et saturer le marché. Cette crise dépasse les questions agricoles et les répercussions de cette décision politique ne doivent pas être financées par le budget de la PAC uniquement. Nous demandons à l’Europe de mettre en place un système de réparation sur le budget global de l’UE.

Quelles sont les solutions à court terme pour les éleveurs de viande bovine ?
Les solutions se situent à deux niveaux : le niveau national avec des demandes poussées par la FNB et le niveau local avec l’action possible des éleveurs.
Au niveau national, la FNB demande deux mesures d’urgence au ministère. Sur les cotisations MSA, d’une part, avec la mise en œuvre d’accompagnement des éleveurs pour le paiement de leurs cotisations. Sur ce point, nous avons été entendus. Les éleveurs ne doivent pas hésiter à faire une demande pour être accompagnés.
La FNB souhaite également engager un travail avec l’ensemble des productions et la FNSEA pour obtenir une année blanche de la part des banques. Alors que l’argent n’a jamais eu si peu de valeur, nous voyons dans cette proposition une solution globale pour toutes les exploitations permettant de souffler réellement au niveau des trésoreries. En effet, il est toujours difficile pour les éleveurs d’aller renégocier leurs prêts individuels si leur situation est dégradée. Cette proposition, plus équitable, nous démontrera si les banques veulent oui ou non, êtres de vrais partenaires des éleveurs !

Et au niveau local, les éleveurs ont-ils la main ?
À notre échelle, nous pouvons faire beaucoup. Par exemple, depuis que nous menons l’opération photos « A qui ça profite », on note une certaine réaction des grandes enseignes. L’action se poursuivra jusqu’à ce que les logos « viande de France » soient mieux mis en avant sur les barquettes des produits et que les produits d’origine France soient plus présents dans les linéaires.
Les éleveurs ont aussi un vrai rôle à jouer auprès de leurs élus pour les accompagner dans la mise en œuvre d’appels d’offres respectueux de la production française. Quand on voit le bilan positif des rencontres Made in viande sur le département, et l’écoute des élus locaux sur ce sujet, on peut être optimiste. Là aussi, les clés de la réussite sont dans les mains du terrain.
La prochaine étape est la venue des responsables de la FNB le 10 décembre à Nantes lors de la tournée régionale annuelle. J’invite donc les adhérents à faire remonter leurs remarques ou leurs questions pour alimenter cette réunion.

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Commentaires 7

mémel

Tout le monde est d'accord pour reconnaître que les aides sont indispensables à la survie de l'élevage.

Le problème, c'st l'incohérence du système:

Les aides devraient nous permettre de s'affranchir du marché: les aides doivent être découplées pour laisser au Producteur la liberté de produire moins ... ou de produire plus ... en fonction de l'état du marché !!!

Malheureusement, c'est le contraire qui a été choisi par la FNB: pour nous forcer à produire, on a recouplé à 100% la prime à la vache allaitante (1 PMTVA = 1 vache) alors que l'ancien système (possibilité de primer 40% de génisse) permettait à chaque éleveur d'ajuster son niveau de production en fonction de la réalité du marché.

bisounours

FNB : toujours une guerre de retard ..
Dur dur , que la viande importée, soit dans nos cantines et nos restaurants.
-Pourtant pour la FNB ,"La porte de sortie : c'est l'export"...

Nos "camarades"éleveurs Russe sont contents: le prix de la viande augmente , chez eux.
(Ne fait pas aux autres , ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse.)
Alors, comme les chadocs ,la FNB tente de colmater les baisses de prix du à l'embargo russe. ..

Pendant que d'autres , préparent les prochaine vagues d'importation des USA et du Canada ..

Je préférerais que la FNB s'attaque , à la toute petite poignée , des incendiaires qui rédigent les accords et font mourir les éleveurs d’épuisement.
Pas d'importation ,pas d'exportation .
Ainsi à la place de perdre ,année après année,des part de marché;
Nous aurions , des perspectives de développement à combler nos manques au sein de l'Europe.

Ricodu28

Mais il faut arrêter de toujours se renvoyer la faute! Forcément le consommateur va au moins cher; évidemment il n'achète donc pas forcément français mais si on regarde dans notre secteur d'activité n'y a t il pas des agriculteurs achetant des tracteurs john deere? des robots lely? une véhicule toyota? Si on prône le 100% achat franco français on va avoir du mal à trouver tous les produits qui vont bien!! Mon commentaire n'était pas à prendre dans le sens de ne plus offrir nos produits à l'étranger mais plutôt dans le sens de ne pas aller les innonder avec des produits qu'on se fait subventionner comme le font à merveille les etats unis par exemple.
Ce qui rends aussi et surtout la viande bovine française moins accessible à certain ce sont les marges copieuses que tous les intermediaires prennent généreusement à chaque intervention. Preuve que le consommateur est capable d'acheter un produit local: tous les magasins de producteurs et les exploitations qui vendent en direct. Oui c'est contraignant et non ca ne permet pas d'ecouler toute la production d'une ferme de 300 bêtes mais il n'en reste pas moins que compter aussi sur cette voie pour vendre permet d'être un peu moins tributaire de la volatilité extrême et parfois inexplicable des prix.

Tout le monde semble s'accorder à dire que la plus efficace voie de sortie de cette crise est l'export; paradoxalement si c'est vrai pour la viande française ça l'est pour la viande d'autres pays et avec des charges sociales telles qu'on en a en France toutes les aides possibles et immaginables ne changerons pas grand chose au fait que nous ne sommes pas compétitifs alors quoi faire? Surtaxer la viande etrangère pour que la française redevienne attractive? Les autres pays feront de meme chez eux et on repousse le probleme.
Reduire les charges sociales qui à ce qu'on nous dit servent à combler un déficit toujours plus grand? Si en rebouchant le trou à coup de million d'euros il contine de se creuser qu'adviendra t il en ne le rebouchant plus qu'avec des milliers? (N.B: j'aimerais d'ailleurs qu'on m'explique comment on arrive à ne jamais reboucher un déficit dans lequel on passe tant et plus d'argent.... mais ce n'est pas le sujet de l'article)

Je suis plutôt de ceux qui pensent qu'il faut essayer de freiner un peu la main mise des GMS et offrir à un prix abordable un produit de qualité même si ça implique de ne pas l'écouler à 5 000km et induit un surcroit de travail. Entre un bon steack savoureux qui va peu reduire à la cuisson, provenant de son departement ou une m.... fadasse qui va reduire de moitié, rendre un jus monstre dans la poele et a voyagé autant que possible fraiche puis au moins aussi longtemps surgelée, si le consommateur a une différence de prix raisonnable je prends les paris sur ce qu'il achetera!
Si on comptait davantage sur le consommateur en lui proposant du bon à un prix abordable je suis certain qu'il prendrait le pli de consommer local au lieu de se contenter d'aller toujours et seulement au moins cher.

Ou alors on remet en place des instances dans le genre de l'onic pour retirer de la camelote du marché afin de booster les cours et on s'expose à tous les soucis et les freins qui vont avec.

charges

Des limitations à tous les niveaux pour les producteurs français ( épandages , stockages fumiers , etc ) ( passons sur les loups et ours en montagne ..) la viande étrangère est moins chère ...

@rico

enfin ca , ca marche si les consommateurs achetent francais , ce qui n'est pas le cas puisque le 1er critere est le prix , qui dit prix dit pays a charges sociales moins élevées , donc rien a faire le cercle est vicieux , le produit francais sera toujours plus cher , les francais toujours moins acheteront massivement le moins cher qui bientot ne sera dans plus aucune gamme un produit francais , pour moi l'equation restera insoluble tant que tout le monde n'y mettra pas du sien avec des marges raisonnables et au final un consommateeur acceptant de consommer intelligemment , puisque fondamentalement aujourd'hui un consommateur qui ne se nourrit que de produits importés , qui n'achetent que de l'electromenager importé , des poduits technologiques importés , des vetements importés , ne fait que scier la branche sur laquelle il est assis, ineluctablement ce systeme s'effondrera , demain si on ne produit plus rien en france dans tout les domaines alors avec la grande pauvreté qui s'abbattra de fait le cout du travail baissera car les gens seront pret a nimporte quoi pour gagner de l'argent.... donc prendre des aides aujourd'hui pour passer le moment difficile , et malheureusement le monde actuelle impose de prendre des parts aux autres qui sinon le feront
la france est tres tres loin d'un pays liberal memel meme la droite ne l'est aps du tout

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