Les révélations de Julien Renon sur l’engraissement des jeunes bovins

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Responsable d’une ferme expérimentale, Julien Renon était mercredi à Saint-Mamet, invité par Bovins croissance qui tenait son assemblée générale sur le thème de l’engraissement. 

“Depuis la baisse des cours au second trimestre 2012, le maigre a du mal.” En dressant ce constat, Jean-Yves Jouve rappelle que de nouvelles filières ont vu le jour - comme jeune bovin salers primeur - et d’autres ont été confortées - la babynette croisée - basées sur l’engraissement en général, celui des très jeunes bovins en particulier. C’est d’ailleurs le thème qu’il a donné à la dernière assemblée générale du syndicat Bovins croissance qu’il préside. Il a invité pour l’occasion Julien Renon, responsable de la ferme expérimentale de Jalogny, pilotée par la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. Parmi les nombreuses recherches et observations qu’il conduit, un volet est consacré à l’engraissement des broutards ou “comment faire des kilos de viande avec de l’herbe”.

 Julien Renon a livré les résultats de dix ans d’observation sur la ferme expérimentale de Jalogny (71).

Une réalité inattendue

Jalogny profite de dix ans d’expérience sur des veaux charolais. Deux bandes d’un niveau génétique similaire ont été respectivement complémentées de 200 et 300 kg d’aliment, tandis qu’une troisième qui n’était pas complémentée, servait de mètre-étalon. Il ressort un gain de 20 à 60 kilos. Et si on considère que la production d’un kilo de viande réclame six kilos d’aliment, cette moyenne cache de grandes disparités. Le ratio peut en effet varier de 4 à 10 kg d’aliment pour faire un kilo vif. “Tout dépend des années, en fonction de... la qualité des pâturages”, révèle Julien Renon.  “Car si la qualité de l’herbe est bonne - et que la gestion des pâtures l’est aussi - la complémentation sera finalement peu efficace. Tandis que quand les conditions sont mauvaises, l’aliment joue pleinement son rôle de substitut.”  Autre révélation du spécialiste, concernant les qualités post-sevrage, en fonction de la complémentation délivrée en amont : “Complémenter avant le sevrage a un effet bénéfique sur... le premier mois qui suit le sevrage. Mais il peut carrément freiner la croissance si l’on choisit d’amener un baby à 400 kilos carcasse”, souligne-t-il. “Sur l’ensemble de la période d’engraissement, on peut considérer que ce qui est pris avant, ne l’est pas après...”

S’arrêter à temps

Autrement dit, Julien Renon conseille plutôt une durée d’engraissement raccourcie. Même sa démonstration économique entre le coût de l’aliment et le coût des concentrés distribués le démontre. “Il faut savoir s’arrêter à temps, souvent le dernier kilo à produire est le plus long, le plus coûteux.”  Quant au choix de l’aliment, si le mélange à la ferme est un bon choix qualitatif, le tarif élevé de l’équipement ne le rend pas compétitif.  Enfin, Julien Renon fait appel au bon sens des éleveurs pour rendre l’aliment appétant et surveiller par exemple que l’animal rumine, à raison d’au moins 50 mastications par bol.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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