Les troupeaux cantaliens ont la pêche

Propos recueillis par P. Olivieri

Un bon état sanitaire général relevé par le GDS Cantal qui attire cependant l’attention sur la brucellose.
Un bon état sanitaire général relevé par le GDS Cantal qui attire cependant l’attention sur la brucellose.

À la veille de son assemblée générale le groupement de défense sanitaire dévoile le bulletin de santé du cheptel cantalien : bon mais avec quelques éléments à surveiller.

 

Fièvres aphteuse, catarrhale, nouveau virus de Schmallenberg, les crises sanitaires ne laissent que peu de répit aux éleveurs en ce début de XXIe siècle. Quel bulletin de santé dressez-vous du cheptel cantalien ?

Michel Combes, président du GDS 15 et de GDS France : “Je dirais plutôt bon même si nous avons été secoué l’an dernier par trois foyers de tuberculose. C’est loin d’être anodin surtout qu’il a fallu abattre les animaux des trois élevages concernés. C’est une décision qui peut paraître dure et brutale de la part de l’administration mais c’est une décision que nous avons partagée car c’est le seul moyen efficace d’enrayer cette maladie extrêmement contagieuse, sournoise car sa durée d’incubation peut aller jusqu’à sept ans et, qui plus est, transmissible à l’homme. Au-delà de ces foyers, 193 élevages voisins ou en relation avec les cheptels infectés ont fait l’objet de test intradermique à la tuberculine, soit au total 25 626 animaux testés (NDLR : pas loin de 5 % de l’effectif départemental) et 114 abattages diagnostiqués dont l’un a permis de détecter le troisième foyer. Le point positif est que sur ces milliers de tests, seuls trois cas ont été confirmés. Il faut par ailleurs noter que nous avons mis en place avec la fédération départementale des chasseurs des plans de surveillance dont le réseau Sylvatub qui consiste en une surveillance passive des espèces sensibles par les ACCA”.

C’est-à-dire ?

Frédéric Aymard, responsable du dossier au GDS : “Au moment de l’éviscération du gibier destiné à être consommé, l’ACCA, dont chacune a formé deux de ses membres, inspecte l’animal pour détecter toute anomalie. Au moindre doute, un prélèvement est effectué et envoyé pour analyse en laboratoire. À ce jour aucun animal sauvage positif n’a été dépisté”.

Quid de la FCO (fièvre catarrhale ovine) dont on n’entend plus guère parler ?

M. C. : “En l’absence de foyer en France en 2011 et si tout se passe bien, la France pourrait retrouver son statut indemne de FCO d’ici la fin de l’année. Sachant qu’une enquête que nous avons conduite en mai-juin 2011 a conclu à un taux de vaccination volontaire des cheptels de souche cantaliens de 24 %(1) ; et malgré la possibilité laissée aux éleveurs de vacciner eux-mêmes, 93 % l’ont fait faire à leur vétérinaire”.

Et sur le front du virus de Schmallenberg ?

Francis Baraillé, directeur : “Au 20 avril en France, 1 303 cas ont été relevés, à plus de 84 % dans des élevages ovins, à 14,5 % en bovins, le reste en caprins. Aucun foyer n’a été détecté pour l’instant dans le Cantal. Mais sachant que l’infection semble avoir lieu au second mois de gestation, on pourrait voir arriver les dégâts lors des prochains vélages en bovins. En cas de symptômes évocateurs (NDLR : lire l’Union du Cantal du 7 avril), il faut prévenir son vétérinaire sanitaire pour un diagnostic précis, pris en charge par les pouvoirs publics, afin de faire avancer les connaissances sur cette maladie qui ne fait l’objet actuellement d’aucune réglementation internationale”.

Craignez-vous la résurgence d’autres épizooties ?

M. C. : “Il y a un vrai appel à la vigilance concernant la brucellose dont deux foyers viennent d’être découverts coup sur coup en Belgique (début mars) et Haute-Savoie (le 6 avril). C’est pourquoi il est impératif que les éleveurs déclarent les avortements, ce qui actuellement n’est pas toujours fait. Ces déclarations sont le moyen de déceler un foyer sachant que le déplacement du vétérinaire et les analyses sont prises en charge. F. B. : “Nous avons aussi à faire au retour du SDRP, syndrome dysgénésique respiratoire porcin, dans notre département et en région Auvergne. C’est une maladie excessivement contagieuse (NDLR : pas pour l’homme) qui n’était plus présente depuis le début des années 2000. Dans le cadre de la prophylaxie mise en place auprès des éleveurs naisseurs et naisseurs-engraisseurs on a découvert un premier foyer en juillet 2011 puis deux autres dans le cadre d’enquêtes épidémiologiques. Des enquêtes qui n’ont pas été simples compte tenu des difficultés rencontrées pour disposer des bases de données nécessaires pour retracer les mouvements entre élevages porcins de la région. Deux abattages totaux ont dû être opérés, un troisième est en cours, pour lesquels nous avons activé la caisse de secours du GDS 15. Jusqu’à présent notre zone était relativement préservée du SDRP, l’objectif est de conserver cette spécificité. F. A. : “Concernant les maladies à enjeu commercial, nous informons aussi les éleveurs qu’à une échéance relativement proche les contraintes de qualification pour l’IBR (rhinotrahéïte infectieuse bovine) vont se durcir. Il est donc souhaitable de se qualifier au plus tôt pour cette infection pour laquelle de plus en plus de pays tiers demandent des garanties”.

Où en est le fonds sanitaire dont il est beaucoup question dans les débats professionnels ?

M. C. : “Les bases de ce Fonds de mutualisation sanitaire et environnemental (FMSE) ont été jetées. Il sera alimenté par une cotisation forfaitaire à l’exploitation appelée via la MSA. Son rôle sera un peu celui de chef d’orchestre national et d’interlocuteur de l’Europe et de l’État puisqu’il aura vocation à aller chercher des remboursements auprès de ces deux financeurs. Ses modalités d’intervention précises ne sont pas connues à ce jour mais il interviendra en complémentarité des fonds de sanitaires sectoriels des GDS qui seront activés pour indemniser le manque à gagner lié à un blocage commercial d’animaux du fait d’une des 14 maladies inscrites à l’OIE (NDLR : Office internationale de santé animale) que nous avons retenues”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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