Lutte contre les taupes : le début du printemps, moment propice d’intervention

Aurélien LEGRAND & Dr Didier GUERIN

Lutte contre les taupes : le début du printemps, moment propice d’intervention

Détaupisation => En zone herbagère, la taupe représente un enjeu économique et sanitaire nécessitant une approche spécifique. Le début du printemps constitue une période stratégique pour intervenir.

La gestion rationnelle des exploitations implique de prendre en compte tous les facteurs pouvant entraîner des atteintes, en quantité et qualité des fourrages. En zone herbagère comme la nôtre, les dégâts occasionnés par les taupes sont une composante essentielle.

Des impacts économiques et sanitaires importants

La taupe suit ses proies constituées à 90 % de vers de terre (voir encadré). Au printemps, l’augmentation de ses besoins (période de reproduction) et la présence en surface des lombrics (période humide) font que les galeries de chasse vont être plus nombreuses et peu profondes, d’où une prolifération des taupinières. Chacune faisant de 30 à 50 cm de diamètre, multiplié par le nombre, la perte en herbe devient conséquente. Le préjudice peut aller de 5 à 30 % de la surface, voire 50 % (certains enclos à moutons). Les récoltes de foin et d’ensilage sont de moins bonne qualité, la présence de terre entraînant des moisissures et la présence de butyriques avec des conséquences sanitaires. Les dégâts matériels peuvent être importants (usure des outils de récoltes des fourrages, bris de glace…). La perte totale due aux taupes peut être de 4.000 à 5.000 € sur une exploitation.

Le début du printemps, une phase stratégique d’action

Pour une lutte efficace, investissons dans des systèmes agréés et reconnus (voir encadré). La biologie de la taupe, la météorologie et la végétation font que le début du printemps constitue une période d’action cruciale. Réaliser les interventions avant la pousse de l’herbe permet de faciliter le traitement. Effectuer un suivi annuel facilite la maîtrise des populations et permet une prévention de l’infestation par les campagnols terrestres, ceux-ci empruntant au départ les galeries des taupes.

Un accompagnement des certifiés et des structures agréées, de nouvelles formations depuis octobre 2013

En 2004, la DGAl a interdit l’accès à ces formations aux agriculteurs. Avec la Chambre d’Agriculture, nous avons accompagné les structures agréées pour la reconduction de leur agrément annuel et les personnes certifiées pour le renouvellement de leur certificat tous les 5 ans. Nous avons œuvré auprès de l’administration pour que ces formations soient de nouveau proposées aux agriculteurs. C’est le cas depuis cet automne. Une première session a eu lieu l’automne dernier, elle a connu un réel succès. Si vous êtes intéressés, rapprochez-vous du CFPPA du lycée agricole d’Ahun, en charge de l’organisation de ces formations, afin de vous inscrire pour les prochaines sessions en 2014.

Farago Creuse avec son équipe qualifiée et expérimentée à votre disposition

Farago Creuse, structure agréée et certifiée, est composée de 7 techniciens certifiés à titre individuel pour intervenir. En agriculture, la lutte est réalisée sur de grandes surfaces avec des taux d’infestation très variables. Pour des coûts maîtrisés, Farago Creuse a développé un système de collaboration avec l’agriculteur accompagné d’autres personnes sous la responsabilité du technicien. Le passage de la herse, une semaine avant l’intervention, permet de distinguer les taupinières fraiches et, ainsi, accroître les résultats et limiter les frais. A la lumière de plus d’une centaine de chantiers réalisés annuellement par les techniciens de Farago Creuse, le coût se trouve compris entre 5 et 10 € par hectare pour un chantier réalisé à 6 personnes, selon le degré d’infestation par les taupes.

En cas d’infestation par les taupes, n’attendez-pas, contactez-nous

La lutte contre les taupes fait partie de la gestion des surfaces fourragères dans une exploitation. Des solutions fiables et rapides existent. L’utilisation du gaz PH3 a montré son efficacité. Pour être efficiente, une action importante est nécessaire au départ et doit être suivie d’une régularité dans la surveillance annuelle. Comme pour toute action de prévention, le résultat sera renforcé par une implication collective des éleveurs d’une zone. Vue l’implication sanitaire défavorable que peut représenter la taupe, GDS Creuse s’investit dans cette mission, notamment à travers sa filiale de services Farago Creuse.

Lutte contre les taupes : le début du printemps, moment propice d’intervention

La taupe : une parfaite adaptation à la vie souterraine.

Adulte, la taupe est longue de 12 à 16 cm et pèse de 60 à 120 g avec une femelle plus petite que le mâle. C’est un animal fouisseur, au corps cylindrique avec une queue courte (2 à 4 cm), au cou peu marqué, aux « mains » développées en forme de pelle et armées de griffes. La fourrure, constituée de poils perpendiculaires à la peau, lui permet de progresser dans les galeries sans se trouver à « rebrousse-poil ».

Une préférence pour les prairies ou les terrains forestiers (de feuillus)

Partout présente en Europe, la taupe fréquente des habitats variés avec une préférence pour les prairies ou les terrains forestiers. Elle évolue dans un réseau de galeries situées à moins de 15 cm de profondeur mais pouvant s'enfoncer jusqu'à 50 cm. Une partie de ce réseau est quasi-permanente et empruntée par des générations de taupes. En général, elles ne sont pas jalonnées de taupinières ; le tracé existant de longue date, l'animal n'a plus de terre à évacuer. Les « galeries de chasse », temporaires, ne sont creusées et parcourues que par un seul individu et ne sont pas réutilisées. Lorsqu'elle creuse ses « galeries de chasse », la taupe évacue les déblais sous forme de taupinières. L'ensemble du réseau a une longueur de 100 à 200 m. Sa vitesse de déplacement est d'environ 1 m par seconde avec une capacité de fouissage d'environ 20 m par jour. Uniquement carnivore, ses besoins alimentaires sont élevés, environ son propre poids de nourriture par jour, dont plus de 90 % sont représentés par des lombrics. Une ouïe, un sens tactile et un odorat très développés pallient une vue déficiente. La femelle met bas au printemps, une portée annuelle de 3 à 4 petits. Sa longévité naturelle est de 3 ans.

Lutte contre les taupes : le début du printemps, moment propice d’intervention

Les méthodes de lutte contre les taupes

Pour une lutte efficace, oublions les méthodes basées sur la strychnine interdite ou sur d’anciennes et fausses croyances comme l’hémophilie de la taupe. Investissons dans des systèmes efficaces, agréés et reconnus.

Le piégeage, une méthode ancienne, toujours d’actualité

Réalisée grâce à des pièges pince, des tubes ou autres pièges, cette technique est employée depuis longtemps. Elle impose une connaissance du «  terrain » pour un placement adéquat des pièges et une disponibilité de temps pour la pose et le suivi. Le piégeage demande au moins un relevé quotidien et un changement d’emplacement si la taupe a repéré le poste de piégeage.

Le phosphure d’hydrogène (PH3) : une solution fiable et rapide

La dernière, la plus récente et la plus réalisable sur une grande surface est l’utilisation d’un gaz, le PH3. La méthode consiste à introduire dans les galeries des générateurs de gaz sous forme de pastilles qui, réagissant avec l’humidité du sol, forment des bouchons de PH3 allant jusqu’à 1 mètre. Quand la taupe passe dans ces bouchons, elle s’asphyxie et meurt. L’efficacité est de l’ordre de 80 à 90 %. Malgré sa présence à l’état naturel, mais sans risque car à concentration faible, le gaz PH3 est très toxique et par conséquent son utilisation est réglementée. Seuls les applicateurs certifiés et les entreprises agréées peuvent utiliser ces spécialités.

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Commentaires 1

chepe

Bonjour,

Et hop, encore un article pub pour promouvoir des produits et des services toxiques.
Et tiens, si on se demandait pourquoi la taupe est un animal protégé en Allemagne depuis 1986. Comment ils font, les Allemands? Peut-être c'est que là-bas la taupe est plutôt un allié? On peut se demander pourquoi, tiens.

Chepe

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