Maintien de la fertilité : Les prairies australiennes sauvées par des bousiers

Emilie Durand

Même si le sujet prête à rire, « des Américains ont estimé les bénéfices rapportés par
l'action des insectes à presque 47 milliards d'euros chaque année ». Effectivement, ils sont
des maillons indispensables de toutes chaînes alimentaires. « Sous l'action des
coprophages, une bouse met en moyenne 12 mois pour se dégrader. Mais si on la met
sous cloche pendant le premier mois après son dépôt, elle mettra entre 36 et 48 mois ! » La
preuve de leur extrême utilité a été faite en Australie lors de l'introduction des premiers
bovins à la fin du 18e siècle. Les bousiers autochtones ne recyclaient que les crottes de
marsupiaux, suite à une adaptation millénaire. « Résultat : de 350 à 450 millions de bouses
s'amoncelaient dans les prés, écrasant les herbes et stérilisant le milieu. Les autorités
australiennes du CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation)
estimèrent qu'un million d'hectares de pâturage étaient perdus annuellement. Dans les
années 1960, et pendant 15 ans, des scientifiques importèrent des bousiers africains et
européens, experts en bouse de vache. Malgré quelques difficultés d'adaptation, ces
insectes rétablirent enfin un équilibre et sauvèrent les prairies australiennes. Moralité : sans
ces bestioles méconnues – et sans les entomologistes – le monde serait sacrément dans la
merde ! ».

Source Réussir Bovins Viande Octobre 2008

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