Marché du broutard : "la tendance est plutôt favorable"

Lise Monteillet

Alors que le commerce de la viande est relativement stable ces dernières semaines, comment se porte le marché du broutard ? Quelles sont les conséquences de la FCO ? Éléments de réponse avec Laurent Chupin, directeur d'Acti Ouest, dans ce nouveau numéro du "Point des marchés".

Alors que le commerce de la viande est relativement stable ces dernières semaines, comment se porte le marché du broutard ? 

Ce début d’année est plutôt favorable, malgré la perte du marché turc pour cause de FCO. Cette maladie est un frein sérieux à nos exportations et engendre des frais importants à tous les niveaux de la filière. Les pays qui ont imposé une vaccination obligatoire ont nettement moins de soucis.

Néanmoins, grâce à la vaccination volontaire, de nouveaux débouchés sont venus combler la perte de la Turquie. C’est le cas notamment d’Israël qui monte en puissance. L’Allemagne, l’Algérie sont venues compléter nos deux principaux clients que sont l’Italie et l’Espagne.

Ce dernier est devenu un acteur majeur dans nos échanges. En effet de nombreux pays du Maghreb ou du Moyen-Orient sont maintenant desservis à partir des ports espagnols. En mai, près de 7000 animaux ont ainsi pris la mer. De gros ateliers d’engraissement sont en place (ces volumes seraient difficiles à mettre en œuvre en France), et les formalités administratives sont nettement plus souples que chez nous.  Les animaux vaccinés sont privilégiés, mais les non-vaccinés sont également achetés avec une PCR.  Les marchandises sollicitées sont des broutards de 250 à 350kg R= à U. Les sujets plus communs ou légers sont moins recherchés faute de performance suffisante.

De son côté le flux sur l’Italie a été constant sur le début d’année avec même une progression de la demande par rapport aux années précédentes. La gamme concerne souvent des animaux mieux conformés et un peu plus lourds 350/450kg.   

Quelle conséquence de la FCO sur nos échanges ?

La vaccination non obligatoire et une évolution permanente du zonage FCO conduisent à de gros écarts de valorisation engendrés par le statut sanitaire des animaux. Les éleveurs qui ont des produits valorisables sur les marchés export ont fait l’effort de la vaccination et ils en sont récompensés aujourd’hui. Les autres peinent et doivent se contenter du marché intérieur ou de l’Espagne avec PCR.

L’autre conséquence sur le commerce est une moindre disponibilité d’animaux exportables ce qui participe à la bonne tenue du commerce. 

En parlant de commerce, quelle est la tendance en ce moment ?

Même si le flux le plus important part du Centre du pays, la France est riche de nombreuses races qui chacune ont un débouché particulier. Dans le grand bassin allaitant du Charolais, l’activité de ces dernières semaines est assez ferme avec des volumes limités à la saison. De nombreux animaux profitent de la bonne tenue des herbages et les éleveurs sont dans les foins, enfin quand il ne pleut pas. Une grande majorité des animaux sont vaccinés. Les tarifs sont assez soutenus pour les broutards d’automne U de conformation pesant entre 350 et 400kg qui se valorisent autour de 2,90€/kg vif.

Depuis une semaine, on observe une tendance au plafonnement dans les taurillons lourds dont les tarifs sont rendus à la limite de ce que peuvent accepter les engraisseurs italiens compte tenu des tarifs pratiqués sur leur marché de la viande. 

Sur les autres bassins allaitants, l’offre saisonnière est également mesurée avec des sorties souvent plus tardives des mâles d’Automne. Les tarifs se tiennent dans les bons Limousins, les bons croisés Aubracs ou les Salers. Le placement est en revanche plus compliqué dans la marchandise plus commune non-vaccinée.

Dans le Sud-Ouest, les bons mâles Blonds d’Aquitaine se valorisent correctement que ce soit vers l’Espagne ou l’Italie. Les plus lourds partent souvent vers les Pays-Bas.

Sur le grand Ouest et dans le Nord, la situation est identique avec une bonne tenue des prix dans les bons mâles vaccinés et des tarifs plus discutés pour les animaux de moindre conformation qui ont souvent besoin d’une PCR pour sortir du pays.

A ce jour les laboratoires ont effectué plusieurs centaines de milliers  de prises de sang. Ce sont plusieurs millions d’euros qui ont été retirés à la production et aux exportateurs.

Le marché du broutard n’est pas uniquement destiné à l’export. La demande sur le marché intérieur est pénalisée par le différentiel entre le prix du broutard et celui de la viande de jeune bovin. Ce dernier est calé sur celui des vaches compte tenu de l’accroissement des volumes travaillés sur la France.

Du côté des femelles, la demande italienne se tient face à des sorties saisonnières peu abondantes. Les bonnes laitonnes Charolaises herbées de 300/350kg se négocient de 2,60€ à 2,65€ sur les cadrans du Centre.  Quant aux Limousines de même poids, elles se situent autour de 2,80€.

La situation est bien différente dans les femelles ordinaires, qui souffrent d’un manque de débouchés. Elles se négocient souvent entre 500€ et 600€ voire moins dans les légères.     

Quel est le conseil d’Acti-Ouest ?

Les niveaux de rémunération actuels sont très convenables, et les volumes de sorties d’automne vont progresser avec l’avancement de la saison d’herbage , ainsi que de la chaleur annoncée pour juillet. Les tarifs risquent de plafonner voir de baisser sur début juillet. Les éleveurs peuvent encore profiter de tarifs rémunérateurs, même s’il n’y a pas de risque majeur sur le marché (hors apparition d’une nouvelle souche de FCO). 

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